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    Affaires

    Affaire Nichane
    La Fédération des éditeurs en médiateur

    Par L'Economiste | Edition N°:2430 Le 26/12/2006 | Partager

    . Une position de principe entre le respect du sentiment religieux et du droitLA Fédération des éditeurs de la presse nationale a convoqué une deuxième réunion hier soir à Casablanca. A l’ordre du jour: le suivi de l’affaire Nichane. «La Fédération n’est ni un syndicat, ni un parti politique», souligne son président, Abdelmounaïm Dilami. Manière de justifier la démarche de la Fédération qui a préféré endosser son rôle d’organisation professionnelle en tentant la médiation et l’apaisement. Après une rencontre avec Réda Benchemsi, fondateur du groupe éditeur de Nichane, Dilami s’est entretenu samedi dernier avec le Premier ministre. Sa conviction est que, dans cette affaire, «il faut distinguer entre deux principes qui ne souffrent pas débat». Le premier est celui du respect dû au sentiment religieux des individus. «Sur ce point, les responsables et journalistes du magazine Nichane ont été les premiers d’accord», rappelle-t-il. Ils ont de fait présenté publiquement leurs excuses par la voie d’un communiqué diffusé le 21 décembre et largement reproduit dans Tel Quel, ce week-end. «Notre intention n’était pas de heurter quiconque – et évidemment pas d’attaquer l’islam, étant nous-mêmes musulmans», précisaient-ils. . Droit de recoursLe deuxième principe, que souligne avec force le président de la Fédération des éditeurs, est celui du droit de recours devant être assuré aux responsables de la publication face à la décision d’interdiction qui a frappé cette dernière. Le Premier ministre a usé des droits que lui confère l’article 66 du code de la presse pour justifier sa décision. Dilami invoque le même article de loi pour rappeler le droit de recours devant le tribunal administratif qu’il favorise pour les responsables de Nichane. «Ces arrêtés -en l’occurrence celui du Premier ministre dans le cas présent- sont susceptibles de recours devant le tribunal administratif compétent, qui doit statuer dans un délai ne dépassant pas 24 heures à compter de la date de présentation de la demande», stipule le code de la presse. Dilami souligne, par ailleurs, la confusion que révèle la déclaration du gouvernement sur une interdiction de la publication qui court «jusqu’à ce que la justice statue sur l’affaire le 8 janvier prochain». «De fait, il y a vice de forme», affirme le président de la Fédération, qui tient également à rappeler que l’affaire de Nichane se place au-delà du domaine juridique. Il n’y a qu’à voir les réactions qu’elle a suscitées au sein de la société marocaine et, au-delà, dans les communautés musulmanes de pays arabes, pour s’en convaincre. Sans faire de morale, il y a lieu de signaler la distance fragile entre l’exercice de sa propre liberté et celui de ménager celle des autres. Imtiaz Alam, secrétaire général de la South Asian Free Media Association a eu, à ce propos, une phrase qui a fait date. Cela s’est passé lors d’un débat qu’organisait à Moscou le World Editors Forum, en pleine polémique sur les caricatures danoises. «Quand tu veux utiliser ta liberté, pense à ne pas abîmer la mienne», a-t-il dit, fortement applaudi par les quelques 3.800 rédacteurs en chef et patrons de presse présents au congrès. Les responsables et les journalistes de Nichane n’ont, à l’évidence, pas calculé les proportions de leur acte. Ils le reconnaissent et soulignent leur bonne foi. Mais ils ont servi sur plateau d’argent l’argument aux islamistes, aux intégristes et à tous les opportunistes qui n’ont pas hésité à s’engouffrer dans la brèche et souffler les braises. La pression est aussi et surtout venue de l’extérieur pour inciter le gouvernement à réagir. La position de députés koweïtiens a été décisive. C’est aujourd’hui un fait. Le PJD a fait son lobbying. Les autres sont venus surfer sur la vague. Le Mouvement unification et réforme (MUR), très proche du PJD, a manifesté hier son soutien à la décision du Premier ministre! Jihad Rizk

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