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    Réformes structurelles: La leçon venue d'Espagne

    Par L'Economiste | Edition N°:1724 Le 12/03/2004 | Partager

    . Les élections législatives ont lieu ce dimanche. Deux bémols: la précarité de l'emploi et la faiblesse de l'innovationLes élections législatives espagnoles de ce dimanche 14 mars seront suivies avec beaucoup d'attention de ce côté du détroit, compte tenu des intérêts politiques et économiques qui lient les deux royaumes.Les attentats meurtriers du jeudi 11 mars dans les gares ferroviaires de Madrid peuvent-ils influencer l'issue du scrutin? Toujours est-il que cet événement remet au premier plan l'argument sécuritaire dans le débat où le Parti Populaire (droite) de José Maria Aznar excelle. Le président du Conseil, qui ne se représentera pas, est crédité par de très bons résultats sur le plan économique.L'ouverture de l'économie s'avère payante pour peu que l'Etat joue le rôle de facilitateur à l'égard des entreprises. Au secteur privé de prendre alors les rênes pour se moderniser, améliorer la compétitivité et aller à la conquête des marchés extérieurs. Ce sont là les principales règles qui ont permis le décollage de l'économie espagnole en l'espace de 10 ans. Les mauvais esprits diront que sans l'aide européenne (estimée entre 1 et 2% du PIB par an), le défi n'aurait pas pu être relevé. Nos voisins le reconnaissent volontiers mais ne manquent pas de rappeler que ces ressources ont été utilisées de manière efficace. Et c'est peut-être là le secret de la réussite. L'Espagne affiche, à la veille des élections législatives, des performances économiques à faire pâlir ses voisins européens, voire sud-méditerranéens. Le meilleur legs d'Aznar à son successeur (les sondages donnent le Parti Populaire gagnant mais sans la majorité absolue) aura été un cadre macroéconomique assaini. Les performances parlent d'elles-mêmes. A 2,5%, le taux de croissance de la péninsule ibérique est au moins trois fois plus élevé que la moyenne européenne. “Sans complexe, l'Espagne joue aujourd'hui le rôle de locomotive pour l'économie européenne”, affirme Enrique Verdeguer Puig, conseiller économique et commercial à l'ambassade d'Espagne. Même performance pour le PIB par tête d'habitant qui dépasse les 17.000 euros et est de 20% supérieur à la moyenne européenne. Le taux d'inflation a lui été réduit de moitié depuis les années 90. Il gravite aujourd'hui autour de 3% environ, soit un peu plus que la moyenne de la zone euro. Idem pour le taux de chômage qui a baissé de moitié depuis les années 90, frôlant aujourd'hui les 10%. “Bien entendu, des problèmes subsistent, notamment la précarité de l'emploi, les disparités entre hommes et femmes ainsi que les écarts régionaux”, nuance le diplomate.Mais l'assainissement des comptes publics constitue la principale victoire du gouvernement sortant. Alors que la France et l'Allemagne contestent le critère de Maastricht qui impose une limite de 3%, l'Espagne réalise, elle, un déficit budgétaire nul. Là aussi, pas de recette miracle. L'Etat a réduit les dépenses financières et publiques et mis en branle un programme de privatisation. La croissance économique a fait le reste. Et pour cause, la relance de la machine a permis de réduire le taux de chômage et donc de limiter la distribution des allocations. L'augmentation du nombre d'emplois créés s'est traduite par une croissance non seulement du volume des impôts collectés mais aussi du nombre de cotisants au système de couverture sociale. Ce qui explique le redressement des comptes de la Sécurité sociale qui affichait un excédent de 3 milliards d'euros à fin 2003. “Il faut reconnaître le rôle important de la population immigrante qui a contribué au rétablissement de cet équilibre”, relève Enrique Verdeguer. Cette forte présence de travailleurs étrangers a par ailleurs rejailli favorablement sur le secteur immobilier. Et la forte baisse des taux hypothécaires, passés de 15 à 4%, explique le record historique de la demande de crédits logements depuis le début de cette année. Reste que le risque d'une flambée des prix plane sur le secteur et peut gripper la machine.Globalement, ces performances ont été possibles grâce, entre autres, à l'afflux massif des investissements étrangers vers la fin des années 90, notamment des Etats-Unis, de France, d'Allemagne et de Grande- Bretagne. Parallèlement, les entreprises publiques qui ont été cédées au secteur privé, ont pour la plupart réussi leur mutation et se sont transformées en multinationales aux ambitions mondiales. Résultat: depuis 1996, l'Espagne figure parmi les pays exportateurs nets de capitaux. Reste que pour le parti qui sortira vainqueur des urnes ce dimanche, la tâche ne sera pas facile. Dans l'immédiat, il devra composer avec la baisse de fonds structurels européens dès mai prochain avec l'entrée des nouveaux membres dans l'UE.


    Le Maroc, troisième client hors UE

    «Sur le plan bilatéral, le Maroc est prioritaire». Le message du conseiller économique et commercial de l'ambassade d'Espagne à Rabat est clair. Quelle que soit la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, les relations Espagne/Maroc sont amenées à se consolider. Pour la péninsule ibérique, les marchés naturels sont l'UE et le Maghreb et notamment le Maroc. Les chiffres le confirment. Et même quand les relations politiques étaient au plus bas, le commerce bilatéral a crû plus vite que le commerce espagnol global. “Le marché marocain figure parmi l'un des plus dynamiques pour l'Espagne. Pour exemple, nos échanges ont augmenté deux fois plus vite qu'avec la Chine”, insiste Enrique Verdeguer Puig. Ainsi, en 2003, les exportations espagnoles totales ont augmenté de 5,4% alors que les exportations marocaines ont crû de 11,8%. Par ailleurs, hors UE, le Maroc arrive en troisième position en termes de débouchés, après les USA et le Mexique. “Avec l'essoufflement des échanges avec le Mexique, celui-ci peut être devancé par le Maroc d'ici 2005”, avance le conseiller économique à l'ambassade d'Espagne.Par ailleurs, l'Espagne ne cesse d'accroître sa part dans les importations marocaines. Elle est aujourd'hui le deuxième fournisseur après la France et l'écart entre les deux pays ne cesse de se réduire.“Côté investissements, l'Espagne sera probablement le premier, pays émetteur d'investissements étrangers au Maroc en 2003 avec notamment, le rachat de la Régie des Tabacs par Altadis”, prédit le conseiller économique. Les investissements espagnols sont appelés à croître dans les prochaines années, à condition de convaincre les entreprises de la stabilité du cadre macroéconomique du Maroc et de leur apporter un soutien logistique et financier. En décembre 2003, les deux pays ont conclu 3 accords financiers d'un montant global de 390 millions d'euros, portant sur l'achat de biens d'équipements espagnols, le financement des PME et la conversion de la dette. Ce dernier volet comporte deux lignes de swaps d'investissements publics (50 millions d'euros) et privés (40 millions d'euros). Ces ressources devraient être disponibles au cours du mois d'avril. Mouna KABLY

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