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    Economie

    Recherche universitaire: Des équipes franco-marocaines sur 70 programmes scientifiques

    Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

    L'Epithète chercheur, est accolé aux enseignants universitaires. Il prend son sens quand des enseignants marocains participent à des actions franco-marocaines intégrées ou quand ils peuvent sous-traiter la recherche.
    L'efficacité des "actions intégrées" est maintenant acquise. Cette année leur budget annuel a vu son enveloppe augmenter de plus de 20%, pour être de l'ordre de 9 millions de Francs. L'action intégrée est un programme de recherche qui fait participer deux équipes d'universitaires: l'une française et l'autre Marocaine. Les 69 projets en cours sont gérés des deux côtés, par le Ministère des Affaires Etrangères francais et le Ministère de l'Education nationale marocain. Avant le 31 Janvier de chaque année les équipes de chercheurs doivent avoir déposé leur demande de financement au service culturel de l'Ambassade de France. Les projets sont examinés par des comités mixtes, le dernier ayant eu lieu le 27 Mai dernier à Marrakech. Ils sont ensuite analysés puis classés, par note obtenue (A, B, ou C) et par catégorie scientifique. Les moyens alloués pour la réalisation des travaux dépendent de l'importance accordée au projet. Un très bon programme, que l'on pourrait citer à titre d'exemple, est celui sur lequel travaille l'équipe de Mme Mikou. Il concerne la modélisation et l'évaluation des systèmes, et il est classé dans la catégorie "mathématiques".

    155 programmes

    Depuis leur création, les 155 programmes ont concerné des domaines multiples: la physique, la chimie, la linguistique, les sciences humaines, juridiques ou économiques, la médecine, la pharmacie... Cette diversité a donné lieu à des réalisations de toutes sortes: un atlas de Casablanca - fruit d'une collaboration entre le GREC* et une unité associée du CNRS**, des archives centralisées sur la ville de Fes, des études sur les herbes médicinales en pharmacopée, sur certaines maladies génétiques chez l'enfant. On trouve aussi un système de traduction franco-arabe assistée par ordinateur, ou des recherches sur de nouvelles céramiques. Tous les projets n'ont pas eu la même réussite et certains -une minorité- ne sont pas arrivés à terme, parfois à cause d'une mésentente entre les deux équipes. Mais la plupart ont porté leurs fruits, au Maroc et en France où ils ont pu rapidement être appliqués.

    Les programmes ont en général une durée qui varie entre 3 et 5 ans et un budget sur toute la période qui peut aller jusqu'à 300.000FF. C'est le cas du programme cité plus haut. En moyenne, cela va de 80.000FF à 150.000FF. Ces sommes comprennent les frais de séjour des professeurs français qui viennent en "mission" -selon le terme consacré- pour cinq à six jours. Les billets d'avion concernent quelque 200 missions par an et sont payés par le Ministère des Affaires Etrangères. La dotation journalière de 600DH est à la charge du Maroc. L'enveloppe comprend également les SSHN (Séjour Scientifique de Haut Niveau). Ce sont alors les universitaires marocains qui partent en France, pour des stages de deux à trois mois. La France leur permet de bénéficier d'une bourse de 4.200FF par mois et règle le billet du retour. L'aller étant à la charge du Maroc. Enfin, cet argent sert aussi à financer les achats de matériel, français entre autres, exemptés de droit de douane. Les mathématiciens, par exemple, ont besoin d'un matériel informatique sophistiqué.
    Après 10 ans d'actions intégrées, à leur grande majorité réussies, on peut tirer deux types de conclusion: l'une a trait au principe même de la coopération, l'autre à l'utilité concrète de ce groupe d'actions.

    La première conclusion est qu'en mettant directement en contact les chercheurs, c'est un autre genre de coopération que l'on choisit. Les universitaires, se voient, se contactent, voyagent "pour retrouver leurs amis", nous dit Mr Cubertafon, responsable au sein du service culturel de l'Ambassade de France, des actions intégrées. Certains reviennent au Maroc, pour revoir un pays qu'ils apprécient, pour des attaches qu'ils ont gardées. Le côté humain entre en jeu et non pas uniquement les allocations financières, qui, il est vrai, pourrait attirer des grands noms de la recherche scientifique française, si elles étaient plus importantes.

    La seconde conclusion est que l'intérêt pour les deux pays est certain. La France gagne à utiliser une équipe de chercheurs marocains à un coût nettement moindre que celui qu'elle aurait payé pour des chercheurs francais. Tous les pays developpés, souffrent d'une carence en nombre et en qualité de chercheurs. Le Japon débauche, déjà, des sommités scientifiques pour ses besoins propres de recherche fondamentale et appliquée. Le problème du manque de scientifiques de haut niveau est, d'ailleurs, général à tous les pays faisant partie du groupe des sept. La pérennité de leur développement est dépendante d'un nombre suffisant de chercheurs, que l'on peut aujourd'hui trouver dans les pays du sud. C'est le cas par exemple, à un échelon inferieur certes, des entreprises de consultants informatiques européennes, qui font sous-traiter une partie de leur travail par des sociétés indiennes ou thaïlandaises. L'intérêt pour le Maroc est tout aussi visible. S'associer dans des travaux avec des chercheurs expérimentés, et pouvoir être financé dans une large mesure -un point qui fait souvent défaut aux pays en développement- sont sans conteste les deux avantages tirés grâce à de telles actions.

    Hounaïne HAMIANI

    * GREC: Groupe de Recherches et d'études sur Casablanca.
    ** CNRS: Centre National de la Recherche Scientifique.

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