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    Politique

    Projet de loi sur les sondages
    Pour quelques voyous, tout le secteur est puni

    Par L'Economiste | Edition N°:2433 Le 29/12/2006 | Partager

    . «Le projet trouble le secteur au lieu de le tirer vers le haut» . Mauvais signe: les professionnels requièrent l’anonymat pour s’exprimerLes professionnels du sondage sont en état de choc. Ceux dont le domaine d’action est la liberté d’expression ont pourtant plongé dans le mutisme. C’est sous couvert d’anonymat qu’ils consentent à livrer leurs impressions sur le projet de loi que vient d’adopter le gouvernement. Ils disent surtout leur malaise face à un texte «biscornu» qui est venu «jeter le trouble sur une profession au lieu de la tirer vers le haut». C’est que le sujet est «délicat», comme le confie un investisseur du secteur. La frilosité manifeste cache une crainte de représailles. Le «facteur confiance est complètement escamoté dès lors que des sanctions lourdes» sont prévues pour une simple faute de non-déclaration d’un sondage. Cette disposition en soi, exigeant des organismes de sondage de faire déclaration des sondages relatifs aux consultations référendaires ou électorales quinze jours avant leur publication, pose problème. Ils y voient une forme de bureaucratie lourde qui s’abat sur eux, rendant difficile l’exercice de leur métier. Ainsi, un professionnel nous explique comment il «risque de rater des contrats de commanditaires pressés, ce qui est souvent le cas en matière des sondages politiques», dans l’attente d’une déclaration devant passer par un long circuit d’examens et de visas. Le délai est à ses yeux suffisamment court pour que la commission de déontologie des sondages puisse elle-même s’acquitter de toutes les missions qui lui sont assignées, notamment d’étudier les déclarations, de s’assurer que le sondage d’opinion envisagé est conforme aux dispositions légales et de vérifier que le sondage se déroule «dans des conditions techniques garantissant la qualité de ses résultats dans les limites scientifiques acquises en la matière». Connaissant le rythme de l’administration marocaine, les professionnels du secteur n’hésitent pas à afficher leur scepticisme. La déclaration préalable à tout projet de sondage n’est pourtant pas une notion méconnue par les professionnels. . «Volonté de domestication de la profession»Ces derniers sont tenus d’aviser les autorités publiques sur tout sondage qu’ils mènent. La mesure en vigueur consiste en une simple lettre adressée aux pouvoirs locaux qui mentionne l’objet du sondage, l’échantillon et les régions ciblées. «Elle a le double objectif de tenir informées les autorités et de permettre aux équipes d’enquêteurs de travailler en toute tranquillité», précise un responsable d’institut de sondage. Il décrypte, de fait, les «barrières haut dressées» comme «une volonté de domestication de la profession». Celle-ci n’est visiblement pas tenue en bonne estime par les rédacteurs du projet de loi. Le souci d’assurer la «loyauté» des sondages d’opinion revient avec récurrence dans la note de présentation du texte. Le terme désigne à la fois la réalisation et la publication des sondages et prête a priori de mauvaises intentions à leurs auteurs. Il est clair qu’une profession, qui peine à s’organiser, ne compte pas que des spécialistes qualifiés et honnêtes. Les sondages d’opinion font aussi, à l’évidence, l’objet de quelques commentaires pressés et/ou intéressés. Mais faut-il pour autant condamner ou étouffer tout le secteur? C’est le cri d’alarme que poussent aujourd’hui les professionnels.


    «Une charte serait plus efficace»

    Ne comprenant pas qu’ils ne soient pas associés à la préparation du projet, les professionnels appellent à un débat national sur le sujet. Soulignant qu’ailleurs seule la publication et diffusion des sondages fait l’objet de réglementation, ils plaident pour une autorégulation de leur métier par le biais d’une charte de déontologie. C’est l’unique moyen qui soit capable, à leurs yeux, de «crédibiliser la profession et la mettre sur les bons rails». Le vide juridique aurait fait que des personnes mal-intentionnées ont infiltré la profession. C’est un fait que beaucoup reconnaissent. Les professionnels se disent disposés à agir pour une organisation de leur métier. Ils ne manqueront pas de réagir dans une tentative de recadrer le projet de loi. K.R.

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