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Pour une mondialisation intégratrice
par José-Antonio Ocampo

Par L'Economiste | Edition N°:2415 Le 05/12/2006 | Partager

José-Antonio Ocampo est sous-secrétaire général de l’ONU pour les Affaires économiques et sociales (Ph. AFP)Dans le contexte actuel du boom économique mondial, la plupart des pays en développement connaissent une croissance rapide. Cela ne diminue pas pour autant la nécessité de réduire le fossé croissant entre les revenus des pays développés et ceux des pays en développement, ce qui alimente depuis plus d’un demi-siècle des débats sur la scène internationale.. L’autre écart…Très importantes il y a une trentaine d’années, les inégalités au niveau international se sont encore creusées. La caractéristique la plus gênante dans cette tendance est le grand nombre «d’accidents de croissance» survenus durant les dernières décennies du XXe siècle, seules quelques économies en développement (l’Asie de l’Est et l’Inde) parvenant à maintenir une croissance élevée.Mais au niveau international, un autre écart de revenus mérite d’attirer l’attention. C’est celui grandissant que l’on observe depuis 1980 entre les pays en développement. Comme le souligne le récent rapport de l’ONU intitulé «World Economic and Social Survey 2006» [Bilan économique et social mondial 2006], on peut tirer quatre conclusions de cette «double divergence» relative à la croissance dans le monde en développement.Tout d’abord, en ce qui concerne la croissance durable, succès et échecs paraissent concentrés dans l’espace et dans le temps. La croissance d’un pays donné ne dépend pas seulement de sa politique économique - thème qui a été pourtant au centre du débat lors des dernières décennies - mais aussi de facteurs qui échappent à son contrôle: la situation économique mondiale et l’environnement économique régional. C’est d’ailleurs ce que montre l’essor de certains pays en développement.Par ailleurs, si le fait de repousser les limites technologiques constitue l’élément crucial de la croissance dans les pays industriels, les pays en développement devraient en priorité transformer la structure de leur production et de leurs exportations, notamment en investissant dans des activités plus rentables. Il faut pour cela qu’ils diversifient leur production en créant de nouvelles activités, en renforçant le maillage économique de leur territoire et en développant de nouveaux savoir-faire technologiques. . Les exportations font beaucoupLa création d’un secteur industriel et d’un secteur de service moderne est de première importance pour parvenir à une diversification. Réciproquement, la désindustrialisation et la concentration de la croissance dans des secteurs de service de l’économie informelle est une recette prouvée pour l’échec, ainsi que l’ont montré les expériences ratées de la plupart des pays en développement lors des dernières décennies.Le type d’intégration dans les marchés mondiaux joue aussi un rôle central dans la diversification économique. Les pays qui intègrent les marchés mondiaux dynamiques du secteur manufacturier ou des services réussissent mieux que ceux qui se spécialisent dans l’exploitation intensive des ressources naturelles.Mais les exportations ne sont pas le seul facteur clé; les liens entre les exportations et les secteurs intérieurs sont encore plus importants. La simple extraction des ressources minières, ainsi que la production de type maquila [les zones franches où le personnel est peu payé] – fréquentes au Mexique et en Amérique centrale – ne génèrent que peu de demandes supplémentaires à l’égard des industries et de ce fait n’ont qu’un impact limité sur la croissance. Une stratégie d’exportation réussie ne dépend pas de la quantité de biens exportés, mais de leur nature et de la manière dont les exportations s’intègrent aux autres activités économiques d’un pays. La même chose est vraie pour les investissements directs étrangers. Les pays qui en bénéficient le plus sont ceux dont les entreprises et les institutions en bénéficient, autrement dit: ceux qui ont la capacité d’absorption voulue.. Les garanties institutionnellesEnfin, les réformes institutionnelles comportent davantage que la création de marchés et la garantie du droit de propriété. Elles incluent aussi la création de la réglementation et des institutions de régulation des marchés qui apportent le cadre voulu et permettent de veiller au respect de la règle du jeu. Néanmoins, une réforme trop brutale peut faire plus de mal que de bien. Une réforme institutionnelle qui démarre très progressivement peut avoir un impact puissant sur la croissance, si elle est perçue comme l’amorce de changements en profondeur.Que faire pour réduire l’écart des revenus entre pays sans mettre globalement en danger les perspectives de développement? Nous devons maintenir la stabilité de la croissance mondiale par une réglementation commerciale internationale authentiquement tournée vers le développement – ce qui est l’objectif, toujours pas atteint, des négociations commerciales en cours. Cela doit s’accompagner de la création de «capacités de fourniture» dans les pays en développement, ce qui passe par une politique commerciale et agricole ou industrielle favorisant les réformes de structure.Nous devons aussi encourager les mesures macroéconomiques anticycliques, en faisant de la stabilité des prix moins un but en soi qu’une étape intermédiaire sur le chemin de la croissance économique et de la création d’emplois. Nous devons veiller à maintenir le niveau de dépenses publiques de manière à faire les investissements nécessaires en matière d’infrastructure et de capital humain et à accroître l’aide au développement qui transite par le budget des pays pauvres. Enfin, mais cela a toute son importance, nous devons favoriser des réformes institutionnelles progressives, conçues spécifiquement par chaque pays. En poursuivant un programme de développement tout à la fois volontaire et flexible, soutenu par la coopération internationale et des règles qui garantissent «l’espace politique» voulu aux pays en développement, nous pouvons réduire les inégalités de revenus entre pays. Si nous faisons cela, nous pourrons nous diriger vers une forme de mondialisation davantage intégratrice.


C’est quoi, la stabilité ?

Il faut bien savoir que la stabilité macroéconomique, les investissements et la croissance se renforcent mutuellement. Mais assurer la stabilité ne suppose pas seulement de contenir l’inflation, mais surtout d’éviter des variations brusques de l’activité économique, les déséquilibres dans les échanges commerciaux et financiers avec l’étranger et de prévenir toute crise financière. C’est ce qui explique pourquoi, alors que les pays en développement sont soumis à un nombre croissant de chocs, les politiques macroéconomiques visant à lisser les cycles économiques (les politiques macroéconomiques «anticycliques») joue un rôle vital pour la croissance.Pourtant, lors des dernières décennies, la politique macroéconomique de la plupart des pays en voie de développement a été davantage «procyclique», ce qui a fortement exacerbé la volatilité des marchés financiers internationaux et du prix des matières premières. Les ajustements budgétaires procycliques tendent à encourager une politique économique à court terme, ce qui limite les investissements à long terme dans les infrastructures et le capital humain, d’où une croissance elle-même limitée. On peut améliorer la situation budgétaire par une meilleure gouvernance et un élargissement de la base fiscale, et pour les pays pauvres, par une meilleure utilisation de l’aide au développement officielle qui parvient par le canal des budgets nationaux. Quand elle n’est pas déterminée par la géopolitique, cette aide peut avoir un véritable impact sur la croissance à long terme, notamment parce qu’elle favorise les investissements dans les infrastructures et dans le développement humain.Copyright: Project Syndicate, 2006. Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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