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Economie

Poulets à dioxine: 16.233 kg de charcuterie belge retirés au 8 juin

Par L'Economiste | Edition N°:525 Le 09/06/1999 | Partager

· En alerte, les inspecteurs vétérinaires poursuivent les tournées de retrait des produits de volaille belges

· Mesures sanitaires et d'urgence en place

· Pertes pour l'élevage belge: 355 millions d'Euros (3,8 milliards de DH)


L'affaire du poulet contaminé à la dioxine continue à alimenter l'actualité. Partie du Plat-Pays, cette affaire s'est propagée comme une traînée de poudre à travers le monde. Au Maroc, les services vétérinaires ont réagi rapidement en mettant en place des mesures sanitaires et d'urgence et continuent leur tournée de saisie des produits originaires de Belgique(1).
Ainsi, selon les derniers chiffres disponibles, au 8 juin à 18 heures, ce sont 16.233 kg de produits de charcuterie d'origine belge qui ont été saisis dans les circuits de commercialisation dans les différentes villes du pays. Tous les commerces sont ainsi passés au peigne fin.

Beurre, mayonnaise


A Rabat, par exemple, ces saisies, toujours à la même date, ont concerné 1.972 kg de produits de charcuterie. A Casablanca, ce sont 13.916 kg. Dans cette ville, les saisies ont également concerné la mayonnaise, le beurre et le lait en poudre.
S'agissant des produits de contrebande, les données chiffrées ne sont pas pour l'heure disponibles.
Cependant, la Direction de l'Elevage assure que ces produits sont saisis d'office et sont automatiquement détruits sur place.
C'est donc l'alerte. Pour ce dossier, chaque wilaya et chaque province a mobilisé ses services d'inspection vétérinaire qui travaillent en étroite collaboration avec les services du Ministère de l'Intérieur. Actuellement, le Maroc compte 155 vétérinaires-inspecteurs travaillant dans l'inspection sanitaire vétérinaire, assistés de 777 adjoints techniciens spécialisés.
A rappeler que le Maroc, qui avait exclu le 3 juin dernier tout risque de contamination, a néanmoins décidé d'interdire toute importation de Belgique.
De plus, un bulletin d'analyses vétérinaires délivré par les autorités sanitaires officielles est exigé à l'importation de toute denrée d'origine animale en provenance des autres pays de l'UE. Ce bulletin devra attester avec exactitude que le taux de dioxine dans le produit ne doit en aucun cas dépasser les normes internationales admises. De plus, à l'importation est aussi exigé tout document officiel attestant que le produit importé n'est pas d'origine belge, ni fabriqué à partir d'animaux en provenance de ce pays.
Aujourd'hui cette crise continue à peser très lourd sur la balance belge. Elle devrait coûter au total 355 millions d'Euros (l'équivalent de 3,8 milliards de DH) au secteur belge de l'élevage, a déclaré le syndicat flamand de l'agro-industrie, selon l'AFP.
Les pertes enregistrées jusqu'à présent sont au total de 80 millions d'Euros et le manque à gagner futur pour les éleveurs est estimé à 275 millions d'Euros. L'élevage avicole perdra 77 millions d'Euros, l'élevage porcin 134 millions.
10 millions d'Euros
perdus par jour

Quant aux secteurs des vaches laitières et des boeufs, les pertes se chiffrent respectivement à 69 millions et 74 millions d'Euros.
Les pertes journalières pour l'élevage avicole sont évaluées à 2,5 millions d'Euros, pour l'élevage porcin à 5 millions d'Euros et pour le secteur des vaches laitières à 2,5 millions d'Euros.


(1) Cf L'Economiste n° 523 du 8 juin 1999.


Maïs, soja, sorgho....


Pas de danger, ni de risque, affirment les experts du Ministère de l'Agriculture et les opérateurs du secteur: les produits destinés à l'alimentation de volaille et de bétail ne contiennent aucune trace de graisse d'origine animale.
Ainsi, les produits destinés à l'alimentation des volailles se composent de:
- 50 à 60% de maïs
- 5% de soja
- 10% d'orge
- 9,5% de tourteaux
- 8,5% d'autres matières telles que le sorgho et le son.
Le reste est composé notamment de vitamines et de sels minéraux.
De plus, est-il indiqué, aujourd'hui au Maroc il n'existe aucune unité fabriquant des graisses animales ou transformant des saisies et déchets d'origine animale.


La dioxine, ce polluant très mal connu


Responsable de l'une des plus graves crises de sécurité alimentaire de ces dernières années, la dioxine demeure un polluant qualifié de dangereux encore mal connu des scientifiques, même si les émissions semblent aujourd'hui en très nette diminution.
Beaucoup d'incertitudes planent encore sur cette molécule complexe. Aussi d'importants programmes de recherche seront-ils nécessaires pour mieux en connaître les mécanismes de formation et réduire la production à la source, ont estimé les experts récemment réunis en France pour les journées techniques de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME).
Apparaissant dans les processus de combustion chaque fois que sont mis ensemble du carbone, du chlore et de l'oxygène, la dioxine n'a été mise en évidence qu'en 1997, dans la foulée de la catastrophe de Seveso en Italie.
Le 10 juillet 1976, la soupape d'un des réacteurs de l'usine chimique Icmesa du groupe suisse Givaudan avait sauté, propageant de la dioxine dans l'environnement de quelque 36.000 personnes près de Milan (Nord de l'Italie), particulièrement à Seveso. De fortes concentrations de dioxine demeurent dans le sang de plusieurs milliers de personnes qui souffrent encore de dommages biologiques et moraux.
Principale difficulté pour mesurer la nuisance de cette molécule, sa très forte dilution. Autre casse-tête pour les scientifiques, la difficulté à mettre en évidence les mécanismes de transfert de cette toxicité dans l'environnement. La dioxine a la propriété de se concentrer dans la chaîne alimentaire, notamment dans les graisses et le lait. La contamination se fait donc par ingestion.
Les scientifiques sont aussi perplexes sur le devenir des sols pollués une fois que les rejets incriminés ont été réduits ou éliminés. Le problème est aggravé par le fait que les dioxines peuvent être transportées sur de très longues distances et être modifiées par des réactions chimiques se produisant dans l'air ou le sol. D'où l'extrême difficulté à établir un lien entre une source de pollution et ses effets.
Quant aux conséquences directes sur la santé, les données sont rares, bien que la dioxine ait été classée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme cancérigène.

Meriem OUDGHIRI (AFP)

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