×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Pièces auto
Un secteur rongé par l’opacité et l’informel

Par L'Economiste | Edition N°:1768 Le 14/05/2004 | Partager

. Contrebande, sous-facturation, ferrailles... les freins à la mise à niveau . S’ajoutent le vide juridique et le laxisme des contrôles techniquesLes branches de la distribution de la pièce de rechange et de la réparation automobile se restructurent. Afin d’accompagner le processus de mise à niveau et accompagner le démantèlement tarifaire, une étude sectorielle récente, la première du genre, a été menée conjointement par EME (Euro Maroc Entreprise), l’ANPME et l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (AMICA). Selon les représentants de l’Amica, l’état des lieux des deux branches a permis de ressortir un secteur peu structuré avec un très faible taux d’encadrement. Et pour cause, l’informel caractérisé par la contrebande et la sous-facturation en douane (15 à 20%), la contrefaçon (3 à 5%), la non-déclaration fiscale ou sociale (20 à 30%) et autres pratiques déloyales sévissent depuis longtemps. Un facteur de blocage qui fait fuir les investisseurs potentiels. «Ce qui rend le secteur opaque et exige des barrières à l’entrée pour tout acteur structuré souhaitant investir au Maroc», martèlent les experts. Pour les responsables de l’Amica, les principales conséquences de l’informel sont une sorte de distorsion de la concurrence et un frein à la restructuration du secteur. De plus, cela laisse le champ libre à des politiques de court terme basées sur la spéculation et le gain rapide. Selon les résultats de l’étude, l’analyse des forces et faiblesses fait ressortir un rôle économique de la filière «trop ignoré», un faible pouvoir d’achat de l’automobiliste, un degré de technicité parfois médiocre dû au faible niveau d’instruction de garagistes et détaillants. S’y ajoutent une faible structuration et un éclatement de petits acteurs qui adoptent une vision privilégiant le court terme à dominante financière. La poids de l’informel fausse la dynamique concurrentielle et bloque les initiatives. De même, les circuits de distribution de la pièce de rechange demeurent complexes et lourds à gérer. Autres blocages de la filière, la qualité, la sécurité et les soucis d’ordre environnemental sont «négligés au profit du prix». Par ailleurs, l’absence de normes et réglementations grève le développement du secteur et la mauvaise application du contrôle technique conforte cette donne. Mais c’est surtout le vide juridique (à la fois dans la pièce de rechange et la réparation) qui empêche le secteur de se développer. Eu égard à la complexité des nombreuses faiblesses, les forces restent minimes. En revanche, nul ne peut ignorer que c’est un secteur pourvoyeur d’emplois caractérisé par la densité des réseaux de distribution et de réparation. L’émergence d’acteurs structurés et l’apparition de nouveaux modes de distribution et de réparation sont notoires. Par type d’activité, la distribution de pièces de rechange réalise un chiffre d’affaires estimé à environ 4,9 milliards de DH. Quant à la main-d’oeuvre employée par cette branche, elle est estimée à plus de 14.000 personnes, sans compter les équipementiers locaux. Selon l’étude d’EME, les principaux acteurs de ce marché sont répartis essentiellement entre les réseaux de constructeurs (100 à 150 opérateurs), ce qui représente environ 12% du volume de pièces commercialisées. Plus de 80% des pièces fabriquées localement sont destinées à la réparation de véhicules. Autre maillon important de la chaîne, les importateurs-distributeurs. Ces derniers sont également peu nombreux, une vingtaine dans l’ensemble. Ils commercialisent les pièces d’équipementiers internationaux en provenance majoritairement (90%) de l’Europe, ce qui représente environ 13% du volume global de pièces au Maroc. A leur côté, les importateurs-distributeurs de la pièce dite «adaptable». Ces derniers, au nombre de 200, approvisionnent le marché en quantités importantes, soit plus de 46% de pièces. Par ailleurs, un certain nombre de lignes de produits sont fabriqués et distribués localement. Ce qui représente environ 20% du marché concentrés sur quelques lignes de produits. Autre acteur important de la filière, dont le nombre est extrêmement important, les grossistes et détaillants (plus de 1.500). Sans oublier les ferrailleurs qui mènent la vie dure aux importateurs et détaillants. Les prix pratiqués par cette catégorie ainsi que la disponibilité de pièces sont des arguments persuasifs d’une clientèle constituée essentiellement de garagistes, de prescripteurs et de particuliers.


Recommandations

Selon les résultats de l’étude, le secteur de la pièce de rechange reste fortement concurrentiel en acteurs autonomes, qui évoluent dans des circuits de distribution complexes, ainsi que des prix volatils. Face à cette situation, les recommandations de l’étude favorisent l’émergence d’acteurs de pièces de rechange couvrant la filière depuis l’achat aux équipementiers jusqu’à la livraison. L’intérêt est de réduire le nombre pléthorique d’intermédiaires dans la distribution. Mais aussi intégrer l’émergence de nouveaux acteurs structurés. In fine, rationaliser les rapports entre équipementiers locaux et circuits de distribution. Autre action prioritaire de la branche, plus de lisibilité dans la qualité des produits et davantage de rigueur dans la tarification des pièces. En France, on parle de «conditions générales de vente» qui fixent les règles de tarification, soulignent les consultants. Pour ce qui est de la réparation, de nombreux garagistes proposent des services adaptés à un parc vieillot et n’accompagnent pas les mutations dictées par la technologie embarquée ainsi que les équipements pointus que cela nécessite. La mutation de cette branche représente des enjeux de taille pour l’ensemble du secteur auto. Pour y arriver, les experts prônent une veille technologique permanente des acteurs. Parallèlement, la mise en place de garages labellisés pour plus de lisibilité de l’offre et une formation technique pointue devront suivre. Bien entendu, d’autres actions macroéconomiques ont été suggérées. Il s’agit notamment de la mise en place d’une réglementation adéquate. Des lois sur la normalisation des composants, l’efficacité des contrôles techniques et la traçabilité des pièces devront contribuer à structurer ce marché porteur. A. R.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc