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Economie

Pétrole et gaz
Rupture d’approvisionnement dès cet été

Par L'Economiste | Edition N°:2757 Le 16/04/2008 | Partager

. Arriérés sur la compensation: 5,5 milliards de DH . Les pétroliers menacent de fermer le robinetEN rupture de ban, pour défaut de pouvoir faire face financièrement aux problèmes, le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) multiplie les signaux d’alarme. Le gouvernement botte en touche et continue à faire la sourde oreille. Pourtant la situation du marché pétrolier et gazier du pays empire chaque mois davantage. Point d’être un devin pour en déterminer la cause. D’un côté, l’augmentation des cours au niveau mondial, non répercutée sur les prix à la pompe, et de l’autre, celui de nos besoins. Plus de 45% en termes de quantité et 56% en majoration de valeur en 2007. Face à ce dilemme, l’Etat a décidé que c’est la Caisse de compensation qui prend en charge les déficits accumulés (ces écarts de prix) pour éviter d’augmenter les prix aussi bien à la pompe qu’au niveau des industriels. Là est le hic.Cette situation gêne les pétroliers. A juste titre! «Ce sont les sociétés de distribution qui supportent le poids de la trésorerie, en ce sens qu’elles financent ce déficit», s’insurge Adil Ziady, DG pôle carburants et lubrifiants chez Akwa Group. De plus valeur aujourd’hui, elles en sont à supporter 5,5 milliards de DH de créances, «juste pour compenser ces écarts de prix»! Première grosse conséquence: le budget prévu cette année, de l’ordre de 13 milliards de DH pour la subvention des produits pétroliers et gaziers, ne suffira pas à couvrir les besoins évalués (à ce rythme) à 23 milliards. Voilà qui fait dire aux pétroliers, que l’on s’achemine vers une situation d’un déficit de 10 milliards de DH, d’ici la fin de l’année. Déjà, les 5,5 milliards actuellement représentent pour eux un niveau de déficit difficilement supportable. Le maintenir, voire l’augmenter, «c’est mettre en danger la capacité des distributeurs de satisfaire la demande du marché», met en garde Henri Soudan, PDG de ExonMobil Maroc. Ceci, d’autant plus qu’il y a une créance additionnelle de près de 2 milliards chaque mois, alors que le remboursement n’est que de l’ordre de 1 milliard. Calcul fait, cela revient à dire que chaque mois, c’est 1 nouveau milliard de DH qui s’ajoute au déficit. En creusant ainsi le déficit, le GPM reste convaincu que d’ici juillet, au plus tard août, les caisses seront vides (www.leconomiste.com). Que faire? L’une des solutions préconisées par les pétroliers, c’est augmenter le remboursement à 2 milliards par mois, car il y aurait de sérieux risques sur l’approvisionnement au plus tard dans les 4 mois à venir. De surcroît, ils vont coïncider avec les fortes consommations, imputables à l’arrivée massive des MRE et aux vacances d’été. Ce n’est pas tant ce qui inquiète le plus le GPM, mais «l’absence de visibilité». Le rationnement de «soutien du prix au profit des seules couches qui sont dans le besoin «, préconisé par Abbas El Fassi, est dérisoire. Les pétroliers s’accordent à croire que la seule visibilité actuelle, négative soit-elle, «c’est que le gouvernement n’est prêt à rien faire». Que répond le gouvernement? La ministre de l’Energie est aux abonnés absents. Les autres ministres concernés par la compensation se refilent la responsabilité comme une patate chaude. Les pétroliers se cantonnent dans leurs positions et réclament la mise en place de l’indexation. Car, selon eux, en répercutant les hausses des prix sur le consommateur, «ne serait que sur les produits qui ne sont pas très sensibles», en l’occurrence les essences, le gasoil 350 ppm, le fioul industriel, les choses iront mieux. Sur la question du fioul industriel, ils ont encore du mal à ravaler leur colère. «On ne comprend pas que nous-mêmes soyons obligés de subventionner les industriels et de supporter par conséquent le poids du remboursement de la Caisse de compensation», tempête Ziady. Le fait est là: l’Etat continue de soutenir ces trois produits qui, pour le GPM, devraient être indexés. Pour l’heure, c’est une fin de non recevoir. Quand bien même, l’Etat serait sensible aux propositions des pétroliers, suffiront-elles à désamorcer la bombe à retardement que couve le secteur? C’est un moindre mal, rétorquent-ils. Ils savent que la sensibilité «sociale» du gaz butane est telle que le gouvernement n’est pas prêt aujourd’hui, en tout cas, à augmenter le prix. Une situation que déplore le GPM, qui persiste à croire que si l’on avait augmenté à doses homéopathiques le prix de la butane, depuis toutes ces années, les choses seraient moins compliquées.La bombonne de gaz butane est restée à 40 DH, alors que sur le marché mondial le prix du gaz a été multiplié par 5 et le prix réel de cette bombonne a atteint 120 DH au moins. A noter que le gaz au Maroc, c’est encore 2 DH/litre de subvention. Sans trop y croire, pour Soudan, «une partie de la solution consisterait déjà à répercuter sur les prix de vente une partie de ces coûts». Pour lui, «c’est soit on répercute sur le consommateur, soit on maintient la subvention à son niveau actuel, et dans ce cas, il faut donner à la Caisse de compensation les moyens de faire face à sa mission». Allusion faite à la proposition de mise en place d’un budget additionnel, cher aux pétroliers, d’autant que celui actuel a montré ses limites. . Lignes de crédits épuiséesL’on va inévitablement vers un gap de près de 10 milliards de DH. Chez les pétroliers, on est sûr que si le gouvernement ne veut pas répercuter globalement ou partiellement les hausses des prix sur le consommateur, il faudra mettre en place des lignes budgétaires supplémentaires pour faire face aux déficits que la politique de subvention engendre. Non seulement, disent-ils, ils ne peuvent pas avoir les moyens de faire face à cette situation, mais ils sont obligés de recourir aux banques. En attendant, les 5,5 milliards de DH, niveau actuel du déficit, coûtent pratiquement 1 million de DH/jour de frais financiers! Et les 10 milliards annoncés coûteront 2 fois plus. Difficile de tenir le coup à ce rythme. Et pour les pétroliers, c’est loin d’être une solution que de tirer sur leur trésorerie. Déjà, des sociétés gazières, et pas des moindres, ont épuisé leurs lignes de crédits. Ce qui pose des difficultés d’approvisionnement, de crédibilité par rapport aux fournisseurs. Tout compte fait, en termes de timing, le deadline des pétroliers, c’est dès cet été et en termes de montant financier, c’est déjà dépassé avec les 5,5 milliards. Les avantages économiques que leur accorde l’Etat (transport, stockage…) ils n’en disent mot.Bachir THIAM

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