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Economie

Pascal Boniface analyse la crise

Par L'Economiste | Edition N°:2960 Le 10/02/2009 | Partager

. Reste à limiter la récession en cascade. Se méfier de la confusion entre l’évènement et la tendance. La paix est possible au Moyen-Orient Le géopolitologue français, Pascal Boniface, était, lundi 2 février, l’invité de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc à Casablanca (CFCIM). Le directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris a exposé autour du thème «Le monde en 2009: Etats-Unis, Europe, pays émergents, quelles situations, quels enjeux?» D’abord sur le plan économique, «2009 sera une année de transition». Du fait qu’après la grave crise non seulement financière mais également économique et maintenant sociale, les conséquences vont manifestement affecter tout le monde. Parce que, «si la crise est née aux Etats-Unis, elle s’est répandue rapidement du fait même de la globalisation, de l’implication et de l’ouverture de l’économie américaine. Personne n’y échappe donc aux conséquences». Selon lui, certains pays la ressentiront de façon plus douloureuse que d’autres, mais tout le monde en subira peu ou prou les conséquences. Reste à espérer que l’on s’en sorte le plus tôt possible, «mais 2009 ne sera pas un bon millésime d’un point de vue économique». L’enjeu est de limiter la récession, plus que de développer la croissance cette année». Toutefois, «il ne faut pas céder à l’alarmisme des experts et médias, qui confondent souvent, pour les besoins de commentaires, l’évènement et la tendance». Une sorte d’état des lieux du monde d’aujourd’hui que le président de la CFCIM, Bernard Digoit, modérateur de cette rencontre, a qualifié d’«indispensable». Etats-Unis. La position de Boniface est tranchée: «il n’y a pas de monde multipolaire, tout simplement parce que les Etats-Unis sont les plus puissants». Explications: «la disparition de l’adversaire soviétique est venue leur donner un second souffle. Aujourd’hui, pour les 191 états représentés à l’ONU, la relation bilatérale la plus importante est celle qu’ils entretiennent avec les Etats-Unis. Si Barack Obama a été élu, c’est que la situation est catastrophique. Alors oui, il est charismatique, bon époux, bon père... mais il n’est pas magicien. Les Américains n’ont pas élu le président du monde mais celui des Etats-Unis»… Par conséquent, «Obama défendra d’abord l’intérêt de son pays, car c’est son mandat». Son arrivée au pouvoir peut-elle changer la donne mondiale? Rien n’est moins sûr. Verra-t-on un jour Palestiniens et Israéliens faire la paix? «Elle est possible car un accord général existe. Il prévoit entre autres la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël par les pays arabes, Jérusalem comme capitale des deux pays...Europe. Un brin déçu, le professeur, comme l’appellent certains, dépeint l’Union sans complaisance. «C’est une puissance économique, culturelle, commerciale mais pas stratégique. Il y a pourtant un fort désir d’Europe en dehors de l’Europe, pour venir contrer la puissance américaine», mais… passons.Russie. C’est incontestable, même si la presse française a tendance, selon lui, à mal décrire et sous-estimer cette puissance. «Elle revient au-devant de la scène. Elle a gagné très facilement la guerre contre la Géorgie. Mais ce n’est pas le retour de la guerre froide, car il n’y a plus de Pacte de Varsovie. Poutine se fait respecter, il a par exemple mis fin aux pouvoirs des oligarques. Alors bien sûr ce n’est certes pas une démocratie, mais le citoyen russe est content». Raisons évoquées: «aujourd’hui 30% de la population appartient à la classe moyenne. Ce qui n’était pas le cas sous Boris Eltsine»… Et les Russes n’ont encore jamais connu d’autres formes de pouvoir «et celui incarné par Poutine est de loin le moins contraignant».Japon. Quel gâchis! «Malheureusement, il n’y a pas eu de Willy Brandt ou de Konrad Adenauer japonais. Ils n’ont pas encore expié leurs crimes auprès de leurs voisins contrairement aux Allemands, qui ont reconnu leurs erreurs et présenté des excuses. Pis, le Japon sera toujours sous la tutelle américaine, pendant que les Coréens, par exemple, sont proches des Chinois dans leur aversion du Japon»… ce qui rend encore plus difficile le rayonnement de l’archipel. Chine. Quoiqu’on en dise, l’évolution, même disproportionnée de cet empire est réelle. «Elle ne cesse de monter en puissance. Depuis 1918, sa croissance augmente de 7 à 10% par an. Aujourd’hui, la moitié du ciment consommé dans le monde, l’est en Chine». Pour Pascal Boniface toutes divergences ont favorisé un choc des civilisations. «A l’heure actuelle, 1/6 de l’humanité possède 5/6 des richesses du monde. Ce n’est pas normal. Il y aura forcément un rééquilibrage. De nombreux conflits opposent des pays de même civilisation. C’était le cas entre le Koweït et l’Irak, entre les deux Corées, entre la Chine et Taïwan ou en Afrique».


Israël vs Gaza: «L’issue du problème ne peut être que politique»

Quelle issue voyez-vous au conflit qui oppose Israël au Hamas dans la bande de Gaza? Le directeur de l’Iris est sans équivoque: «Elle ne peut être que politique». Car, selon lui, «Israël ne peut pas vaincre le Hamas». Preuve, «comme en 2006, lors de la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au sud Liban, les Israéliens verront qu’ils ont atteint de nombreux objectifs militaires mais qu’ils ne peuvent pas les traduire en victoires politiques». Avec l’adhésion d’une grande partie des Palestiniens à la cause du Hamas, ses combattants continuent de lancer des roquettes sur Israël. La pression internationale peut-elle contribuer à l’arrêt des combats? «Pour l’instant, il faut bien reconnaître que les condamnations internationales, celles de l’Union européenne ou des Etats-Unis notamment, ne mènent à aucune décision concrète, aucune dégradation de la nature des relations des pays européens avec Israël». Malgré la pression soutenue des opinions publiques, «les combats ne cesseront que le jour où la communauté internationale décidera que ce qui se passe à Gaza est inacceptable». C’est dire que l’intervention armée des Israéliens contre le Hamas n’est pas forcément la meilleure approche pour en finir avec ce conflit. Car, «si l’objectif est d’arrêter les tirs de roquettes et de détruire le Hamas, il n’y aura pas d’efficacité». Boniface est formel, «on ne pourra aboutir que s’il y a une solution politique». Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.Bachir THIAM

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