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Politique

Maroc-Turquie
Une aubaine pour certains, un chamboulement pour les autres

Par L'Economiste | Edition N°:1742 Le 07/04/2004 | Partager

. Un autre accord de libre-échange à assimiler. Certains opérateurs encore échaudés par celui qui vient d'être conclu avec les Etats-Unis, au terme d'âpres négociations, ne voient pas ce nouvel accord d'un bon œil. Pour eux, le tissu industriel marocain n'est pas encore assez compétitif, même pas au niveau local, pour envisager de se battre contre des entreprises plus construites et plus industrialisées. L'accent est également mis sur les subventions apportées à plusieurs secteurs par l'Etat turc et l'absence de mesures d'accompagnement de l'Etat marocain. Les textiliens eux se disent ravis. Ils pourront, à l'instar des PECO, profiter aussi du cumul diagonal. . «Nous n'avons pas digéré les autres accords»Hammad Kessal, président de la Fédération des PME/PMILe gouvernement signe des accords à tort et à travers sans concertation avec les professionnels et sans mettre de garde-fous. Nous n'avons pas encore digéré les autres accords. Il faut d'abord s'attaquer sur le plan local à un certain nombre de problèmes qui continuent d'affaiblir les PME. Je cite, à titre d'exemple, la surfacturation, la fausse déclaration en douane ou encore le problème de paiement interentreprises. La Turquie va potentiellement adhérer à l'UE. Ce qui la rendrait automatiquement partenaire du Maroc au même titre que les autres pays de l'Union. Il fallait donc attendre au lieu de signer dans la précipitation. Par ailleurs, la Turquie est dans un stade d'industrialisation très avancé par rapport au Maroc. Son marché interne est développé au même titre que son pouvoir d'achat. Ainsi, les entreprises ont déjà amorti leurs investissements sur le plan interne. Elles peuvent donc réaliser des marges supplémentaires sur le marché marocain. Les PME marocaines, par contre, ont évolué dans un marché local étroit et affaibli par des charges énormes. Pour se maintenir, elles étaient obligées de garder des marges importantes. Avec l'arrivée des Turques, les PME marocaines seront incapables d'être compétitives sur leur propre marché. En outre, les PME turques profitent d'un système incitatif très avantageux. Leur monnaie est très dévaluée par rapport au dirham. Deux facteurs qui les encouragent à exporter. Les liaisons avec des groupes européens, principalement allemands, leur donnent la taille critique pour produire en masse et réduire les coûts. . «Accompagnement minimum pour une nouvelle compétitivité» Ali Sedrati, président de l'AMIPAu-delà de l'ALE avec les USA, ces accords conclus avec la Tunisie, la Jordanie, l'Egypte et maintenant la Turquie vont entraîner plus de problèmes pour le développement du secteur. Ce sont des pays qui ont des industries pharmaceutiques similaires et qui viendront partager un petit marché. Il y aura beaucoup d'incidences sur l'industrie pharmaceutique marocaine qu'elle soit internationale ou nationale. Par ailleurs, le secteur ne dispose pas des mesures d'accompagnement minimales pour être à la hauteur d'une nouvelle compétitivité. L'offensive des entreprises turques représentera une menace pour les 70.000 emplois directs et indirects dans le secteur pharmaceutique. Il ne faut donc pas perdre de vue la composante socioéconomique des accords conclus. Comme il ne faut pas oublier les difficultés que médecins et malades auront devant une multiplication de médicaments de différentes origines. Il faut, par ailleurs, mettre en place des règles et procédures techniques de contrôle sanitaire des produits qui vont être écoulés sur le marché interne.Nous ne sommes pas contre la politique d'ouverture du gouvernement. Mais nous avons besoin d'un minimum de règles internes et de mesures d'accompagnement pour nous mettre au même niveau que les concurrents. Pour y arriver, nous demandons une mise à jour en matière de libéralisation du capital et le développement du marché interne par un meilleur accès aux médicaments. Notamment à travers l'AMO annoncée pour 2005. Le médicament reste un produit particulier qui ne peut être libéré de manière incontrôlable. D'abord pour une raison de prix. Mais aussi parce que le secteur joue un rôle de promotion de la technologie et la recherche. . «Une aubaine pour le textile» Hichem M'Ghirbi, président du pôle Promotion à l'AmithPour le secteur textile-habillement marocain, la conclusion d'un accord de libre-échange avec la Turquie représente une véritable aubaine pour les confectionneurs, estime M'Ghirbi. En effet, explique-t-il, nous étions autant pénalisés dans la façon que dans le produit fini. Si les professionnels utilisaient du tissu turc pour la fabrication de leurs produits, ces derniers devaient s'acquitter de 12,5% de droits de douane à leur entrée dans les pays de l'Union européenne. A l'inverse, les pays de l'Est bénéficiant du cumul diagonal, pouvaient utiliser des matières premières turques sans la moindre taxe à payer, lorsque les produits étaient destinés à l'Europe. Les donneurs d'ordres ont donc privilégié les PECO au détriment du Maroc.Aujourd'hui, grâce à cet accord, le Maroc jouira également du cumul diagonal et ne paiera plus de droits de douane dans le cadre de la transformation des matières premières turques à destination de l'Europe.Propos recueillis par M. Bk

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