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    Marché monétaire : Les instruments en place, mais l'atonie persiste

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Les autorités monétaires ont mis en place des instruments financiers à court terme pour favoriser l'émergence d'un marché monétaire efficient. La machine refuse toujours de démarrer.


    "L'essentiel des maillons existent, mais la chaîne n'est toujours pas formée": telle pourrait être la caricature, à ce jour, du marché monétaire. Dans l'optique de la réforme du système financier, les autorités monétaires avaient lancé un vaste chantier visant à restructurer ce compartiment, un complément incontournable du marché des capitaux. Objectif: assurer une allocation optimale des ressources de par la définition d'un taux d'intérêt reflétant les données du marché. Il s'agissait aussi de donner aux investisseurs, dans l'attente d'une opportunité de placement, de disposer d'un "parking". En effet, ces derniers veulent toujours avoir une flexibilité de leurs investissements (passer du court au long terme sans restriction) et la possibilité de les rendre liquide en 24 heures. Les instruments à court terme doivent leur servir de support. Pour donner vie à ce marché, les pouvoirs publics ont progressivement monté l'échafaudage, même si le rythme a été jugé par moment très traînant.

    Bon du Trésor et TCN


    Après l'établissement des adjudications des Bons du Trésor aux banques, aux organismes financiers spécialisés, aux compagnies d'assurances et de réassurances et aux organismes de prévoyance sociale, le cadre juridique du marché secondaire de ces instruments financiers a été mis en place. Depuis quelques mois, les décrets d'application des titres de créances négociables (TCN) ont été publiés. Dans un autre registre, et entre autres décisions, Bank Al-Maghrib avait réduit la réserve obligatoire et instauré le système de pension sur appels d'offres pour alimenter le marché. Cette procédure qui consiste à demander aux banques de préciser la quantité de monnaie qu'elles souhaitent emprunter et le taux d'intérêt qu'elles sont disposées à payer constitue un des moyens pour la Banque centrale de peser sur les taux du marché. En effet, ne sont retenus que les taux au moins égaux à ceux que l'institut d'émission considère comme devant remplir un rôle directeur. Cette démarche, rattachée à la réduction des emplois obligatoires des banques, renforçait les jalons de la politique d'open market visée par les autorités monétaires.

    Reliés au marché interbancaire, le marché des instruments à court terme ainsi créés et les moyens d'intervention de Bank Al-Maghrib devaient permettre au marché monétaire de fonctionner assez convenablement. Le moteur ne tourne cependant pas, faute de carburant. Le marché secondaire des Bons du Trésor qui devrait lui servir de catalyseur est en effet atone. Même si l'attrait pour les Bons peut être limité par la longueur et le peu de diversité des maturités, le marché secondaire devrait jouer un rôle essentiel pour le marché monétaire en gestation. Les financiers estiment qu'il doit en constituer "le coeur" . Il est expliqué qu'il "existe une logique de structuration qui veut qu'il y ait d'abord un développement et une liquidité importante du marché secondaire des Bons du Trésor" . Celui-ci constitue une référence pour les conditions financières et est indispensable à la définition d'une courbe de taux.

    Les IVT absents


    Autant que les milieux financiers, les pouvoirs publics ont noté les dysfonctionnements. M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, tout en invitant les opérateurs à s'impliquer davantage, promet de prendre les dispositions appropriées pour lui donner du tonus. En réalité, les IVT (intervenants en valeur du Trésor) que sont la BCP, BCM, BMCE et CDG) chargés d'animer ce marché, en contrepartie d'un accès privilégié, n'ont toujours pas joué efficacement leur rôle. Si au niveau primaire les sommes traitées varient le plus souvent entre 10 et 700 millions de Dirhams pour les teneurs de 52 semaines et moins, du point de vue secondaire, le marché est quasi-inexistant. Citibank avait voulu lui donner une âme en cotant ces valeurs, mais il n'y a pas eu de réaction.

    Quant aux TCN, aucune émission n'a encore été lancée. Des opérations seraient toutefois en préparation aussi bien du point de vue des banques que des sociétés de financement. Côté entreprises, c'est aussi le calme plat. Les autorités monétaires envisagent de solliciter les services de l'AMTE (Association Marocaines des Trésoriers d'Entreprises) pour sensibiliser les potentiels émetteurs sur l'importance de cet instrument de financement, a indiqué M. Abdellatif Loudyi, directeur du Trésor, lors du Forum Finance.

    Autre goulot d'étranglement, mais qui est en partie réglementaire: l'interbancaire reste la chasse gardée exclusive des banques, alors que d'autres personnes morales devraient y accéder, est-il-souligné. Il est en outre peu profond et ne permet pas de donner une idée précise sur les taux du marché.
    Le mécanisme est donc bloqué. Cependant, l'élargissement du marché secondaire des Bons du Trésor à des animateurs autres que les IVT actuels, s'il est décidé par les autorités monétaires, pourrait constituer le déclic attendu.

    Alié Dior NDOUR

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