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M’hamid, un Sidi Ifni bis?

Par L'Economiste | Edition N°:2953 Le 30/01/2009 | Partager

. Des engagements pris et un calme précaireM’hamid Elghizlan serre ses dents! Vingt-trois diplômés chômeurs ont bloqué mardi dernier la route nationale n°9 qui relie le village à Zagora, capitale administrative de la province. Le blocus, auquel se sont joints familles et sympathisants, s’est prolongé de 9 à 13h. Au total près de 80 personnes ont manifesté. Depuis 2006, des discussions ont été engagées avec les autorités locales. «Des engagements ont été pris, notamment le 18 avril dernier. Des représentants de l’AMDH ont été aussi présents. Mais globalement, les résultats tardent à se concrétiser», assure l’un des porte-parole de l’association des diplômés chômeurs, Jamal Ben Razougui. Les négociations se sont déroulées à l’époque avec l’ex-préfet de Zagora, Ali Bioukonnach. La province vient d’ailleurs d’accueillir un nouveau préfet en la personne de Lahcen Aghjdam. La voie, malgré son faible poids commercial, est l’unique issue vers le grand désert. Une destination prisée par les touristes. D’ailleurs, «le jour même certains vacanciers ont dû rebrousser chemin… après avoir pris des photos», assure Ben Razougui. A cause de la chaleur, la haute saison touristique s’étend sur six mois seulement, de février à juin. M’hamid avec ses 7.764 habitants est l’une des 23 communes rurales. Elle a été classée au recensement de 2004 du HCP à la tête des territoires les plus pauvres. Le taux dépasse de 2,5% la moyenne nationale. Contrairement aux événements de Sidi Ifni, l’embargo n’a pas dégénéré. Car le caïd et l’adjudant de la gendarmerie ont alerté la province. Grâce à la médiation du réseau associatif de développement et de démocratie (Rasded), dont l’association est membre, autorité et diplômés chômeurs se sont donné rendez-vous le 28 janvier. Cette réunion a débouché sur «la validation de cinq projets générateurs de revenus», selon le président du Rasded, Abdeltif Kacem. Il ne s’agit «pas vraiment de retard» puisque «le programme des associations est fixé dès le 31 mars. Et avant 2007, il n’était pas encore question des projets de M’hamid». Toutefois, les diplômés de M’hamid, las d’attendre, revendiquent des postes au sein de la commune et de la maison de maternité. «Les promesses n’ont pas été tenues. Et mêmes les bénéficiaires des 4 postes de la maison de l’étudiant n’ont pas été payés depuis la date de leur embauche, le 1er avril 2007», affirme Ben Rezougui. Son association parle de «lobbying de la part du secrétaire général de la province, Larbi Bouchbik». Contacté par L’Economiste, celui-ci est resté injoignable. Le «changement de préfet et l’approche des élections communales ont retardé le traitement de tous ses dossiers», selon l’association des diplômés chômeurs. Ses membres ont le sentiment d’être des citoyens de «seconde zone» et menacent même, pour se faire entendre, de traverser la frontière, à 35 km de M’hamid, pour aller en Algérie…


Signe

A M’hamid Elghizlan, la situation demeure pour le moins alarmante. Car ce n’est pas la première fois que les jeunes diplômés chomeurs, leurs familles et sympathisants montent au créneau. Le 20 décembre 2006 une manifestation s’est déclenchée, suivie une année plus tard, d’un autre mouvement. La confrontation déborde au point que le caïdat est parti en fumée! Sefrou, Sidi Ifni, M’hamid, est-ce un signe? C’est le cas pour le sociologue Abderahim Atri, auteur d’un ouvrage sur «Les mouvements protestataires au Maroc». Les manifestations ont changé de forme et de centre de gravité: «Les bougies remplacent les slogans… Elles se déplacent du monde urbain, du centre au monde rural et aux villes périphériques». Les grognes sociales «de plus en plus fréquentes témoignent d’un malaise et donc d’une aspiration vers plus de justice, de dignité, de statut de citoyens à part entière…», conclut-il.Faiçal FAQUIHI

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