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Le col du Tichka impraticable

Par L'Economiste | Edition N°:2953 Le 30/01/2009 | Partager

. De nombreux villages isolés, dont Telouat. Les habitants puisent dans leurs stocksL’on meurt encore de froid au Maroc. On en a eu la preuve, notamment, avec les neuf décès enregistrés cet hiver dans la région de Beni-Mellal. Les habitants des zones montagnardes ont la peur au ventre quand le mercure commence à descendre. Dans la région de Tichka, Telouat, localité située à 100 km au nord-ouest d’Ouarzazate, est pratiquement coupée du reste du Maroc. Depuis plusieurs semaines, cet ancien fief glaoui vit pratiquement en autarcie à cause du froid et de la neige. Les déplacements sont impossibles et les échanges avec les centres urbains sont interrompus. Les populations sont obligées de puiser dans les stocks constitués durant l’année. Des stocks de farine, haricots secs, lentilles, pois cassés, etc. qui s’amenuisent à vue d’œil. Les habitants craignent d’être à court de provisions si les liaisons routières, notamment sur la RN 9, ne sont pas rétablies. Par manque de ravitaillement, les petits commerces locaux sont fermés. Quant aux souks hebdomadaires, seuls les plus téméraires y vont. Il faut dire que les gens de la région vivent chaque année cette situation. Mais, cette année, l’hiver est particulièrement rigoureux. Heureusement que le bois de chauffe est disponible en abondance. La peur de mourir d’hypothermie pousse les populations à constituer des stocks importants. Tant pis pour les alertes des ONG qui interpellent les populations sur les dégâts causés aux forêts. La collecte du bois est permanente de crainte de manquer de ce produit indispensable pour lutter pendant les journées et nuits glacées de la saison. Ce sont les femmes qui se chargent de cette tâche. Chaque jour, elles complètent leur stock ou «asrass» en berbère. Aussi pertinentes soient-elles, les recommandations des ONG actives en matière de défense de l’environnement sont pour l’instant renvoyées aux calendes grecques. Avec des stocks vieux de vingt ans, le risque de détérioration des ressources naturelles est grandissant. Les efforts portent actuellement sur la substitution du bois de feu en tant que matière de réchauffement et de cuisson, ce qui reste insuffisant, selon beaucoup d’observateurs. «Mais, les gens ont peur de mourir de froid. On comprend qu’ils veuillent prendre leurs précautions», indique un acteur de l’association de développement local d’Ighrem N’ougdal. A une vingtaine de kilomètres de Telouat, le village de Ighrem N’ougdal vit une situation moins dramatique. L’ouverture du tronçon qui le relie à Ouarzazate rassure. Toutefois, les chasse-neige doivent passer quotidiennement pour dégager la route. Cela prend parfois des heures, si les chutes de neige sont importantes. La semaine dernière, les automobilistes sont restés bloqués près de 24 h, sur le bas-côté le temps que les engins du département de l’Equipement finissent leur travail.


Tunnel?

La route nationale 9 qui passe par le col du Tichka est l’une des plus difficiles à emprunter. Reliant Marrakech à Ouarzazate, elle est aussi l’une des plus meurtrières du pays. Les populations locales réclament depuis des lustres un tunnel pour faciliter les déplacements dans cette zone qui compte trois provinces (Ouarzazate, Tinghir et Zagora). La première étude élaborée durant l’ère d’indépendance remonte à 1974. Elle fut réactualisée à travers une enquête technique et financière, à l’initiative du département de l’Equipement d’Ouarzazate, en 1996. En vain, ces études restent toujours lettre morte. Pourtant, pour les acteurs associatifs, professionnels de tourisme et opérateurs économiques, le tunnel permettra de sortir la zone de son enclavement. Selon la direction de l’Equipement, ce projet nécessite une enveloppe de 8 milliards de DH.De notre correspondant, Ali Rachdi

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