×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Entreprise Internationale

    L'OTAN s'ouvre à l'Est et se renforce en Méditerranée

    Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

    De notre correspondante à Madrid, Pascal BOURGAUX

    Outre l'ouverture à l'Est et les négociations concernant la réforme des structures de commandements de l'OTAN, les Seize se sont penchés sur le Sud de la Méditerranée, et plus particulièrement le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, l'Egypte, la Jordanie et Israël.


    «Comme la Conférence de Yalta, le sommet de Madrid restera dans les annales de l'histoire», comparait un expert de l'Alliance Atlantique pour expliquer la portée de la rencontre qui a été célébrée les 8 et 9 juillet dans la capitale espagnole.
    A l'heure où nous bouclions l'édition, les chefs d'Etat n'avaient pas encore eu le temps d'aborder la question trop occupés à peaufiner l'accord sur l'élargissement à l'Est. Mais dans la déclaration finale, qui devait être annoncée mercredi, un chapitre devait entériner l'intensification des relations de ces six pays avec l'OTAN. Ce rapprochement avait été annoncé à la mi-juin à Bruxelles et les premiers contacts ont déjà eu lieu avec les ambassadeurs des pays concernés. Concrètement, cet accord pourrait notamment donner le droit à l'armée marocaine d'assister à des exercices des Forces Alliées.
    En fait, ce rapprochement avait commencé en 1995, sous le mandat du précédent secrétaire général Willy Claes. Sensible au problème de la Méditerranée, le nouveau secrétaire général, l'Espagnol Javier Solana, a repris cette initiative et semble bien décidé à lui donner plus de contenu. Hôte de la Conférence euro-méditerranéenne à Barcelone et fervent défenseur de la construction euro-méditerranéenne, l'Espagne prouve ainsi sa détermination à faire entendre sa voix dans le concert de l'Alliance.

    Le commandement sud


    L'autre sujet qui intéresse le Maroc, dont il sera question lors du Sommet, est la réforme de la structure militaire de l'Alliance. «Les temps ont changé, explique M. Solana, et l'OTAN doit adapter ses structures à ses nouvelles fonctions de maintien de la paix par exemple».
    Dans ce cadre, il est prévu de réorganiser les commandements et sous-commandements régionaux, et en particulier celui de la Méditerranée. L'Espagne souhaitait pouvoir annoncer à l'issue du Sommet sa pleine intégration dans la structure militaire, mais ce ne sera sûrement pas le cas étant donné que l'ensemble des problèmes -techniques et politiques- n'ont pu être réglés. Parmi les «politiques», figurent les divergences entre la Grèce et la Turquie, et surtout l'exigence de la France de voir un Européen à la tête du commandement sud à Naples.
    En ce qui concerne les problèmes techniques, l'Espagne y est intéressée au premier chef, puisqu'il s'agit du contrôle des eaux du Détroit, des Canaries et de Gibraltar. Actuellement, sous contrôle américain et portugais, cette zone pourrait passer sous commandement partagé à trois, avec l'Espagne.

    D'ici la fin de l'année, toutes ces précisions devraient être apportées. Car la volonté politique de l'Espagne ne fait aucun doute. José Maria Aznar, le Premier ministre, l'a rappelé lors de son discours de bienvenue: «Mon pays est en mesure de contribuer sans réserves et sur un pied d'égalité à la sécurité et la défense dans le cadre de l'Alliance. Je réitère donc ainsi l'engagement de l'Espagne à défendre et promouvoir nos valeurs communes». Intégrée dans l'OTAN en 1982, l'Espagne n'a cependant jamais accédé à la structure militaire. Mais si le Sommet de Madrid passe dans les Annales de l'Histoire, ce n'est pour ce rapprochement vers les partenaires du Maghreb, ni pour les réformes structurelles de l'Alliance. La grande décision concerne l'ouverture vers l'Est.
    Marquant définitivement la fin de la Guerre Froide, les Seize ont décidé d'intégrer trois pays ex-membres du Pacte de Varsovie: la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie. Les négociations auront duré jusqu'au dernier moment entre partisants de l'intégration de ces trois pays, fondamentalement les Etats-Unis, et la plupart des autres membres qui auraient préféré voir s'intégrer aussi la Roumanie -fermement défendue par la France- et la Slovénie soutenue surtout par l'Italie. Mais c'est finalement la position de Clinton et le pragmatisme qui auront prévalu, l'absolue nécessité de consensus obligeant les chefs d'Etat à s'accorder autour du plus petit dénominateur commun, c'est-à-dire trois.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc