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    Les pompistes en grève pour de vieux problèmes

    Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

    La grève des gérants de stations-service était prévisible. Les hésitations dans les prises de décisions stratégiques entraînent des situations de blocage. Au-delà de ce malaise social, c'est tout le secteur pétrolier qui est malade.


    Les stations-service ont fermé leurs pompes le 24 mars à la demande de la Fédération Nationale des Commerçants de Carburants du Maroc (FNCCM). Une grève-surprise qui réellement n'aurait pas dû surprendre. «Il s'agit d'une grève destinée à servir des intérêts électoraux», indique le Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM). Cette grève qui concerne les stations n'appartenant pas aux sociétés de distribution «n'est qu'un premier avertissement. Elle sera prolongée si aucun résultat n'est obtenu», affirme M. Bouchaïb Berradi, responsable au sein de la FNCCM. En fait, le malaise existe déjà depuis quelques années. La grève devait avoir lieu en septembre 1996 mais avait été reportée suite à des rencontres avec le ministre du Commerce et de l'Industrie, M. Driss Jettou, tutelle de ce secteur. Six mois après, rien... «Il fallait réagir», souligne M. Bouchaïb Berradi. En réalité, les revendications de ce secteur datent du début des années 1980. Elles portent principalement sur trois points.
    Les contrats qui lient les gérants libres de stations-service aux sociétés de distribution sont considérés comme léonins et dépassés. Les stations souhaitent que la gérance soit un droit inaliénable et héréditaire, ce que les sociétés de distribution refusent.

    Volume à 15°C


    Ensuite, la facturation sur la base du volume de référence à 15°C pénalise lourdement les stations-service. En effet, les sociétés de distribution achètent les produits pétroliers auprès des raffineries au volume à 15°C, elles refacturent aux stations-service au volume apparent. La comptabilité matières depuis la raffinerie ou l'importation jusqu'à la sortie du dépôt s'effectue en volume converti à température de référence 15°C. La facturation par le distributeur au détaillant, au revendeur ou au consommateur s'effectue en volume mesuré à température ambiante.
    «Ce type de facturation apparaît en effet à l'usage comme le plus simple à mettre en oeuvre et le plus facile à contrôler de manière contradictoire lors de la transaction commerciale classique de livraison par camion-citerne au client», explique Moulay Abdellah Alaoui, président du GPM.
    De plus, en règle générale, la facturation des produits pétroliers au Maroc est identique à celle qui existe en Afrique et en Europe. Enfin, les stations souhaitent voir les marges sur les huiles révisées. Les sociétés de distribution auraient, selon la Fédération, des marges allant jusqu'à 60% du fait d'une totale liberté des prix, alors que les marges des stations sont inférieures à 10%. Aussi celles-ci réclament-elles des marges de 25%. «Un accord de principe serait difficile sur ce point, car il s'agit là de négociations commerciales à étudier cas par cas entre les sociétés de distribution et les stations», souligne le GPM.

    Au-delà du malaise économico-social des gérants des stations-service, c'est tout le secteur pétrolier qui est malade. Malade d'attendre des décisions stratégiques qui n'arrivent pas, avec en toile de fond des arriérés d'impayés de la part des sociétés publiques de près de 1,5 milliard de DH envers les sociétés de distribution, une libéralisation des marges toujours bloquée, une obligation de constituer des stocks de sécurité d'ici à septembre prochain... et des décisions d'investissements qui attendent tout cela.
    «Je suis inquiet face aux différents traitements entre investisseurs étrangers et locaux», affirme Moulay Abdellah Alaoui. «Nous investissons chaque année 1 milliard de DH».
    Cette hésitation dans les prises de décisions a des effets négatifs importants. Les pétroliers avaient, lors d'une rencontre le 13 février avec le Premier ministre, obtenu un accord de principe pour la hausse des marges butane le 15 mars. Echéance électorale oblige, toutes les augmentations impopulaires ont été ajournées. Les grandes multinationales présentes dans ce secteur s'interrogent sur la crédibilité du pays et un groupe comme Afriquia a décidé de reporter son entrée en bourse en attendant un désenlisement de la situation.

    Fatima MOSSADEQ

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