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Les oulémas émettent une fatwa contre le dopage!

Par L'Economiste | Edition N°:3105 Le 10/09/2009 | Partager

. Ils interdisent le recours à tout type d’anabolisantDopage: «Halal ou Haram?». Désormais, la question ne se posera plus. Le Conseil supérieur des oulémas vient de trancher une bonne fois pour toutes. Cette instance a rendu public un avis religieux. Elle a émis une fatwa interdisant aux athlètes de s’adonner aux anabolisants.L’instance chargée de la consultation religieuse et de la promulgation des fatwas corrobore cette interdiction par des arguments d’ordre théologique, éthique, social et sanitaire. Pour rappel, cette instance se compose de 15 membres désignés par le Conseil supérieur des oulémas. Dix d’entre eux sont choisis parmi les présidents des conseils locaux des oulémas. Les cinq restants sont choisis parmi les oulémas désignés comme membres intuiti personae au sein du Conseil supérieur. A l’origine de la fatwa, les oulémas ont été saisis par le président de l’Association marocaine de sensibilisation contre le dopage dans le sport (AMSDS). Cette association a demandé, le 18 février, un avis religieux à la plus haute instance théologique du pays, les oulémas. Selon le texte de la fatwa, dont L’Economiste détient copie, l’esprit de cet avis religieux se base sur l’exégèse coranique, de déductions et éclairages inspirés de la Chariaa (loi islamique). Pour expliquer le fondement de son avis, l’instance revient sur la perception de la pratique du sport par l’Islam. Les oulémas admettent les effets bénéfiques du sport sur le moral, l’esprit, la condition physique et la santé du sportif. L’instance évoque de nombreuses disciplines données comme exemples à l’instar de l’escrime, l’équitation, la course à pied, la natation, le tir… dans les textes coraniques et la Sunna. Mieux encore, les oulémas donnent des exemples de la vie du Prophète qui courait en compagnie de son épouse Aïcha. Ali Ibn Abi Taleb était aussi réputé, selon les oulémas, par ses courses à pied avec les compagnons. D’ailleurs, l’on attribue à Omar Ibn Al Khattab la citation: «Apprenez à vos enfants la natation, le tir et l’équitation…». Etant donné que le recours au dopage est une pratique très récente, les oulémas ont opté pour des déductions inspirées des fondements de l’Ijtihad. Le postulat des érudits part du principe selon lequel «le produit dopant est une substance inoculée au sportif afin de parvenir à un exploit par des moyens illégitimes». Ensuite, les oulémas reviennent sur les caractéristiques chimiques de ces produits qui changent la performance et boostent les conditions physiques du sportif. Ce qui est considéré par le Conseil comme «une atteinte à tout ce qui est inné, une altération de la création divine, de la nature du corps et de la force telle que donnée par Dieu». Les oulémas insistent également sur les effets des anabolisants sur le corps humain. Ils citent notamment les irritations de la peau, l’hypertension artérielle, l’affectation des artères, les cancers du foie et des reins, les cas récurrents de fatigue… D’où les nombreux décès de sportifs survenus ces dernières années. Autre argument cité par l’instance des érudits, le recours au dopage est une sorte de tricherie. Or, l’Islam (Coran et Sunna) interdit le recours aux tromperies et à la fraude.


Du sur-mesure!

A priori, le sport inspire plus les oulémas! Après une fatwa contre le dopage, d’autres oulémas en ont rendu publique une autre «dispensant les joueurs de l’équipe nationale de football de jeûner lors du dernier match contre le Togo». Un avis qui n’a pas été pris au sérieux puisque le libre choix de plusieurs joueurs a eu le dernier mot. Du coup, de nombreux observateurs s’interrogent sur cette surproduction de fatwas dans le sport alors qu’il y a d’autres priorités dans le champ religieux. D’aucuns vont plus loin et considèrent que les oulémas «sont parfois instrumentalisés pour émettre des fatwas sur mesure».Amin RBOUB

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