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    Politique

    Les grandes réformes
    Religion: La thérapie renforcée

    Par L'Economiste | Edition N°:3330 Le 29/07/2010 | Partager

    . Refonte du Conseil des oulémas, mourchidates, code du wakf…. 2,7 milliards de DH pour la mise à niveau des mosquées. Plus qu’un lieu de culte, la mosquée devient un relais socialMÊME si le ministère de tutelle ne l’admet pas, la réforme du champ religieux a démarré après les attentats du 16 mai 2003. Depuis ces dramatiques évènements, le Maroc a lancé plusieurs chantiers qui abondent dans la même direction: la refonte du champ religieux, en cherchant à le moderniser. Certes, l’Etat a mis les moyens à la hauteur de ses ambitions. Les crédits de fonctionnement sont passés à 1,148 milliard de DH en 2010 contre à peine 85 millions en 2003, soit une progression de 1.240%. L’investissement a également fait l’objet d’une attention particulière puisqu’il a bondi de 6 millions de DH en 2003 à 740 millions en 2010 (+12.168%). Les postes budgétaires ont suivi ce trend, passant ainsi de 451 en 2003 à 2.640 en 2010.Cependant, cet énorme effort budgétaire et les différents chantiers de réforme du champ religieux ont été occultés par l’effondrement de la mosquée Bab Berdieyinne à Meknès, pendant la prière du vendredi, faisant 41 morts et 75 blessés. Ce qui a relancé ce chantier, puisqu’une enveloppe de 2,7 milliards de DH a été allouée à la mise à niveau des mosquées anciennes et édifices similaires, sur la base d’une opération d’évaluation et d’inspection entreprise sur ordre du Souverain. Le coût global de cette opération se répartit entre 200 millions de DH pour les expertises techniques et les études, et 2,5 milliards de DH pour les travaux proprement dits.Selon les dernières statistiques, 47.967 mosquées ont été dénombrées dont 72% situées dans le monde rural. Cette offre ne suffit pas. Pour combler le déficit, il faudra construire 70 mosquées par an pendant une dizaine d’années. Et pour accompagner la croissance démographique, le Maroc a besoin d’édifier 200 mosquées chaque année. En tout cas, plusieurs chantiers sont lancés dans différentes villes du pays. La construction des mosquées obéit à une nouvelle réglementation. C’est désormais le gouverneur qui donne l’autorisation de construire et non le président du conseil municipal comme par le passé. Un travail de reprise en main des lieux de culte, avec la fermeture de plusieurs d’entre eux, jugés clandestins, a été entamé. Il fallait instaurer une certaine veille pour que les mosquées ne soient pas déviées de leur vocation. Mais reste qu’une grande partie des mosquées sont dans un état déplorable. Certaines manquent du minimum d’hygiène requis dans ces endroits de piété. Elles ne sont raccordées ni à l’électricité ni à l’eau potable.A ce titre, l’effet Bab Berdieyinne a servi de déclic pour enclencher une série de réhabilitations. Ce sont quelque 35 mosquées qui ont été prises en charge par la tutelle (construction, extension, reconstruction ou restauration) dans différentes régions du Royaume. Les 35 mosquées se répartissent en 19 mosquées nouvellement construites, neuf reconstruites, trois ayant fait l’objet d’extension en plus de quatre mosquées historiques qui ont été restaurées. La capacité d’accueil de ces mosquées s’élève à 20.035 places.Par ailleurs, dans la stratégie suivie, la religion ne doit pas faire l’objet d’une exploitation politique. Le Souverain, Commandeur des croyants, donne l’exemple. Au cours de ses multiples déplacements à travers le pays, il accomplit la prière du vendredi dans la mosquée de la localité. Ces lieux de prière ne doivent pas rester fermés. C’est pour cela qu’on avait décidé de les rouvrir pour dispenser des cours d’alphabétisation. Dans le même élan, des postes de télévision ont été installés dans plusieurs lieux de culte.Parallèlement, un travail de réorganisation du Conseil supérieur des oulémas, avec une nouvelle charte, a été entrepris. Il s’agissait de moderniser cette instance pour l’impliquer dans l’action sociale et le développement humain. Cette structure, ajoutée aux antennes régionales et provinciales, est une pièce maîtresse dans la politique de proximité. Des années après, le Conseil fait preuve de frilosité. Un peu moins que le ministère des Habous et Affaires islamiques, il n’est pas présent dans certaines affaires qui occupent l’opinion publique. Il est à préciser que le Conseil est devenu la seule instance habilitée à émettre des fatwas.Le ministère de tutelle a lancé la formation de jeunes prédicateurs et de mourchidates. Des jeunes femmes diplômées d’universités, suivant un stage de perfectionnement auprès des Habous. Elles ont une mission de proximité et de formation auprès des femmes dans les quartiers. Une réponse qui vise à contrecarrer les interprétations tronquées de l’islam tolérant. Après 5 ans, c’est l’heure des bilans. L’effort de l’Etat s’est accompagné de la production de 98 textes, entre dahirs, lois, décrets et circulaires entre 1999 et 2010. Un nouveau code pour la gestion des biens du wakf (habous), qui regroupe l’ensemble des textes juridiques qui datent de 1913, en est le dernier jalon. L’idée est que ce document devienne une référence en matière de réglementation et de gestion du patrimoine des Habous. Celui-ci est constitué de deux composantes essentielles: des terres agricoles dont la superficie totale est estimée à 80.000 ha et 48.000 maisons et magasins dans les différentes villes du pays. Il est à préciser que le wakf a été fondé pour financer et alimenter l’œuvre religieuse dans les mosquées que cela soit le culte, la science ou la vulgarisation de la connaissance.Selon cette nouvelle Moudawana, le contrôle de la gestion du patrimoine des Habous sera confié au Conseil supérieur du contrôle des finances des habous générales, opérationnel dès janvier prochain. Le président sera nommé par le Souverain.La création de la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales en est une autre pièce maîtresse. Elle devra améliorer les conditions matérielles et morales des prédicateurs qui bénéficient d’une prise en charge médicale. Ce sont près de 160.000 imams et leurs familles qui profitent de cette assurance. Mohamed CHAOUI

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