×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique

    Les grandes réformes
    Villes sans bidonvilles: Des fondations encore fragiles

    Par L'Economiste | Edition N°:3330 Le 29/07/2010 | Partager

    . Le Maroc «félicité» par l’ONU, mais…. Attention au risque de ghettoïsation des populationsSans bidonvilles! Nos villes le seront-elle réellement d’ici 2012? En tout cas c’est l’objectif du fameux programme dont la signature marketing raisonne si bien à l’oreille: «villes sans bidonvilles». Le programme a connu des débuts difficiles qui ont été derrière la révision de son horizon initial. Foncier, recensement des populations cibles, périmètres urbains concernés… ont été autant d’obstacles. Aussi, le manque d’une vision globale intégrant les variables humaines et sociales, conduirait aux dérives qu’ont connu d’autres pays: villes dortoirs, ghettos, fracture sociale et marginalisation des poputations.Néanmoins, sur le plan international, les chiffres placent le Maroc parmi les meilleurs élèves en matière de lutte contre l’habitat insalubre. «2,4 millions d’habitants de bidonvilles ont vu leur conditions de vie s’améliorer au cours des dix dernières années, ce qui représente une réduction des bidonvilles de 45,8% entre 2000 et 2010», relève le dernier rapport du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat). La proportion de la population résidente dans les bidonvilles serait ainsi passée de 24,7 à 13% durant la décennie. Ce qui place le Maroc en deuxième position, derrière l’Indonésie (47,5% de réduction) et devant l’Argentine (40,7%), la Colombie (39,7%) et l’Egypte (39,2%).Toujours est-il que ce classement ne dit pas tout sur les détails et se limite aux indicateurs quantitatifs, en ne prenant pas en compte les grands écarts par rapport aux objectifs. Sur le volet quantitatif, si 41 villes ont officiellement été déclarées «sans bidonvilles», dont Agadir est le meilleur exemple, et dont la dernière en date a été Khénifra, il reste 85 autres centres et agglomérations urbaines à «assainir» d’ici 2012.La population restant à reloger dépasse 1,6 million pour un budget global de 25 milliards de dirhams. Entre temps, la situation s’est aggravée dans certaines localités, comme Marrakech. L’objectif initial était de mettre fin aux bidonvilles en… 2008! Chose qui est loin d’être réalisée aujourd’hui: la ville compte près de 24.000 logements insalubres dont 13.000 restructurés, soit moins de 65% des objectifs à atteindre, malgré le milliard de dirhams dédié à l’opération. 6.000 logements sont restés en suspens en plus de 6.000 autres qui se sont ajoutés durant les 3 dernières années (cf. L’Economiste du 6 juillet 2010). «Cette situation découle de l’élargissement du périmètre urbain concerné, ce qui entraîne l’augmentation des populations», rétorque Mohamed Kahlaoui, responsable par intérim de la Division du programme Villes sans bidonvilles au ministère de l’Habitat et de l’urbanisme. Mais la contrainte la plus pressante réside dans le foncier. En effet, les recherches se limitent généralement aux terrains, de plus en plus rares, appartenant aux domaines de l’Etat. Le recours au foncier privé est exceptionnel, et le surcoût devra être supporté par les bénéficiaires, généralement en situation précaire. Cette rareté du foncier a également des impacts sur le plan qualitatif. En ce sens où, les bidonvilois sont le plus souvent déplacés dans des zones éloignées de leurs activités génératrices de revenus, d’une part. De l’autre, en construisant des immeubles là où les terrains se trouvent, les infrastructures basiques attachées sont vite négligées: accès, transports, écoles, hôpitaux…L’important c’est de les sortir de la misère des bidonvilles, direz-vous. Mais ce serait un vrais gâchis de se trouver dans quelques années, devant des problèmes sociaux, qui sont, qui plus est, déjà identifiés!O. Z.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc