×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Les cimentiers «piégés» par le libre-échange

Par L'Economiste | Edition N°:1761 Le 05/05/2004 | Partager

. L’accord Maroc-Tunisie-Egypte et Jordanie ne prévoit pas de liste noire . Energie bon marché, dévaluation des monnaies, capacité excédentaire. L’Egypte et la Turquie sont bien parties pour inonder le marchéLes cimentiers sont pris de court. L’accord de libre-échange qui lie désormais le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie entre en vigueur dès janvier 2005. Aucune étude d’impact n’a été réalisée par les départements ministériels, avant la conclusion de l’accord en février 2004. Plus grave encore, l’accord quadripartite ne prévoit pas de liste noire. Autrement dit, tous les secteurs industriels seront exposés à la suppression totale des droits de douane dès le début de l’année prochaine. «Ce texte n’a donné lieu à aucune concertation préalable avec les professionnels», assure Abdeslam Bikdir, directeur commercial de Lafarge Maroc.Pour tenter de limiter les dégâts, les représentants du ministère du Commerce et de l’Industrie rencontrent cette semaine les membres de l’Association des producteurs de ciment (APC). Objectif: arrêter les mesures d’accompagnement à mettre en place d’urgence. Parmi les requêtes de la profession, la libéralisation de l’approvisionnement en électricité, la possibilité pour les cimenteries de produire leur propre électricité à partir du gaz, la suppression de la dernière tranche de la TIC (le tiers restant) et la levée des droits de douane sur le coke importé (10%).Pour le secteur cimentier, l’accord de libre- échange d’Agadir va se traduire par une accélération du processus de démantèlement douanier. Le calendrier prévu dans l’accord bilatéral Maroc/Egypte tombera en désuétude. Les entreprises seront probablement tenues de revoir leurs prévisions de marché et par voie de conséquence, leurs programmes d’investissement (voir encadré). Pour rappel, le secteur a déboursé plus de 11 milliards de DH entre 1999 et 2003 pour la mise à niveau des installations et l’optimisation de l’outil de production. Quant aux projets en cours, ils risquent tout simplement d’être remis en question par manque de visibilité. «L’ALE avec l’UE n’a pas posé de problème à la profession, car le démantèlement douanier est progressif et son impact a été pris en compte dans les prévisions», souligne Bikdir. Si des mesures d’accompagnement ne sont pas mises en place rapidement, les maison mères pourraient effectuer des arbitrages en fonction du degré de rentabilité des investissements. «A terme, il n’est pas exclu que l’on décide d’importer du clinker d’Egypte pour le broyer au Maroc».Dans l’immédiat, la menace proviendrait de l’Egypte qui sera en mesure d’écouler le ciment gris en exonération de droit de douane dès le début de l’année prochaine. A préciser que Lafarge Maroc est le seul producteur local de ciment gris. L’ALE avec la Turquie signé en avril dernier va également contribuer à raviver la concurrence sur le marché domestique. «Cependant, la levée des droits de douane n’est pas brutale pour le ciment gris». L’accord prévoit un démantèlement progressif jusqu’en 2008. En revanche, pour le ciment blanc, le démantèlement sera accéléré. Actuellement taxé à 25% à l’entrée des frontières, le produit turc sera importé en franchise totale le 1er janvier 2005.Structurellement, l’Egypte et la Turquie sont toutes deux excédentaires en énergie. D’où son prix abordable. «Par ailleurs, l’Egypte bénéficie d’un avantage technique non négligeable grâce à l’utilisation du gaz par les cimenteries. Cette technique procure aux opérateurs une stabilité énergétique des fours et un avantage en terme de consommation», précise Abdeljalil El Hassani, vice- président du directoire de Holcim Maroc. D’un autre côté, poursuit-il, le renchérissement des importations de combustibles entrave la compétitivité des entreprises marocaines. Cette envolée est due à la flambée du frêt sur le marché international, suite à l’explosion de la demande de la Chine. Les cimenteries égyptiennes ne sont pas concernées par cette tension puisqu’elles s’approvisionnent localement en gaz et pétrole. L’énergie et les combustibles contribuent pour près de la moitié dans le prix de revient de la tonne de ciment. Dans l’état actuel des choses, le Maroc aura du mal à résister à la concurrence égyptienne.


Un rapprochement béni par l’UE

L’objectif du groupement régional Maroc-Tunisie-Egypte-Jordanie est de se préparer à la création d’une ZLE euro-méditerranéenne programmée pour 2010. L’accord d’Agadir vise à créer à terme un marché commun arabe. Les quatre pays signataires formeront un espace qui englobe à la fois le Maghreb et le Mashrek, regroupe plus de 100 millions de personnes pour un produit intérieur brut cumulé de près de 150 milliards d’euros. Cette zone bénéficiera d’un accès en exonération des droits de douane pour la totalité de ses produits industriels au marché communautaire qui comptera, après l’élargissement, 455 millions d’habitants et réalisera un PIB de 9.500 milliards d’euros.


6 milliards d’investissements en jeu

L’entrée en vigueur des nouveaux accords de libre-échange risque de compromettre la réalisation des programmes d’investissement des cimenteries. En effet, les projets dans le pipe n’intègrent pas l’impact de la suppression totale des droits de douane à partir de janvier 2005. - Holcim Maroc: 2,6 milliards de DH entre 2004 et 2007- Lafarge Maroc: 2,5 milliards de DH entre 2004 et 2008- Ciment du Maroc: 240 millions de DH pour 2004, 200 millions de DH pour 2005 et 160 millions de DH pour 2006.- Asment Temara a signé une convention avec l’Etat pour 300 millions de DH pour doubler la capacité de l’usine.Mouna KABLY

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc