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    Economie

    Le Trésor redevient un bon élève

    Par L'Economiste | Edition N°:593 Le 13/09/1999 | Partager

    · L'Etat a apuré pour 5 milliards de DH d'arriérés

    · Excepté la TVA, les recettes fiscales rentrent mieux que prévu

    C'est sans doute l'une des grandes nouvelles de cette rentrée. Le Trésor aura dépensé 3 milliards de DH de moins que ce qu'il avait prévu dans le Budget 1998/99. Le fait est rare pour être souligné. L'effort s'est concentré sur les dépenses ordinaires, celles qui recèlent, et de loin, les plus importants gisements d'économies. Le gouvernement sait que c'est sur ce chapitre, entre autres, que l'opinion publique attend des résultats tangibles. Que l'Etat se montre donc plus rigoureux ne peut qu'aider à faire passer la pilule de la rigueur auprès du contribuable. Le ministre de l'Economie et des Finances, M. Fathallah Oualalou, tout heureux, ne s'y était pas d'ailleurs trompé en revendiquant la paternité de ce résultat de "la première Loi des Finances du gouvernement d'alternance" avant-hier dans un point de presse au siège de son Département(1).
    Le tiers des économies (1 milliard de DH) provient de la réduction du train de vie des administrations publiques et des effets de "la lutte contre les différentes formes de gaspillage". Des petites mesures symboliques peuvent s'avérer parfois efficaces. Depuis plusieurs mois par exemple, les hauts fonctionnaires ont été priés de voyager en classe économique lors des missions à l'étranger. A noter aussi les gains sur l'entretien du parc automobile de l'Etat (carburant, primes d'assurances, etc) découlant de la cession d'une partie des voitures de service.

    La gestion dynamique de la dette publique a permis au Trésor d'économiser 1,5 milliard de DH en charges d'intérêts. Au plan intérieur, le changement du profil de l'endettement par le recours aux maturités à moyen et long termes a eu des effets immédiats. Tout comme, dixit le ministre, "la poursuite de la détente des taux d'intérêt" même si, pour le monde industriel, les niveaux du loyer de l'argent sont encore très élevés par rapport au marché international. Au total, le Budget a été allégé de 890 millions de DH d'intérêts dus au titre de la dette intérieure. Sur le volet de la dette extérieure, le Trésor a réalisé 560 millions de DH d'économie grâce à la conjugaison de trois facteurs: le reprofilage de l'encours, la baisse des taux d'intérêt (le taux moyen a baissé de 0,4 point à 5,1% contre 5,5 en 1997) et l'accélération des opérations de reconversion de la dette en investissements. Le processus de reconversion se poursuivra, confirme M. Oualalou, même si le Maroc a déjà atteint le plafond autorisé par le Club de Paris. Il reste à utiliser une partie de la ligne espagnole suspendue pour l'instant à l'issue de négociations sur l'accord de pêche. Mais la bonne nouvelle pour le Trésor est la nouvelle attitude des Américains sur la question de la reconversion de la dette. Jadis si réticents, ils montrent plus de flexibilité sur le relèvement du plafond de la dette convertissable. De tous les pays dits à revenus intermédiaires, le Trésor américain étudie les cas de la Jordanie et du Maroc.

    Le réexamen de la politique de soutien aux produits dits de première nécessité qui avait soulevé un tollé chez les industriels (sucre et huile) semble aujourd'hui mieux accepté. Grâce au recul des prix internationaux du blé et du sucre, les ressources affectées à la compensation (2,94 milliards de DH) ont baissé de 497 millions de DH. Mais elles constituent toujours un fardeau pour le Budget. Celui-ci décaisse 2 DH par kilo de sucre, 4,88 DH pour chaque litre d'huile et 1,43 DH par kilo de farine. Pour le gouvernement, la compensation gagnerait encore à plus de rationalisation. "Cette politique sera crédibilisée par l'orientation des ressources libérées vers des programmes de lutte contre la pauvreté". Ces économies se sont traduites sur le solde ordinaire du Budget qui a triplé, passant de 2,2 milliards à 6,3 milliards de DH (1,8% du PIB). Cette épargne a couvert 39% des dépenses d'investissement contre seulement 14,6% l'exercice budgétaire précédent.

    La note du dialogue social


    Seule ombre au tableau, le statu quo sur les charges du personnel (40 milliards de DH de masse salariale) qui représentent 11,7% du PIB et absorbent plus de la moitié des dépenses ordinaires de l'Etat. A noter au passage que le Budget a dû prendre la note du dialogue social, 5,8 milliards de DH et digérer la création de 12.000 emplois dans la Santé, l'Education Nationale et l'Intérieur. M. Oualalou demande du temps pour changer la structure des dépenses du Budget.
    Le gouvernement n'ira pas jusqu'à d'éventuels plans sociaux politiquement très délicats pour dégraisser dans la Fonction Publique. Le plus important aux yeux du ministre des Finances "est d'insuffler un changement qualitatif dans l'Administration afin qu'elle soit plus efficace".
    Moins dépensier qu'auparavant (le déficit est passé à 2,3% contre 3% prévus), le Trésor a également épongé l'essentiel des impayés. Le banquier de l'Etat avait réglé pour 5 milliards de DH d'arriérés, de l'argent injecté dans les trésoreries des entreprises et le circuit économique. Les impayés du Trésor qui empoisonnaient jadis ses relations avec le monde industriel ne sont plus un problème, dixit le ministre. A fin juin dernier, le stock d'arriérés s'élevait à 3,4 milliards de DH contre 8,4 une année auparavant. Par ailleurs, l'avance conventionnelle de 6 milliards de DH consentie par Bank Al-Maghrib en 1995 a été intégralement remboursée (avec intérêts) sous forme de bons du Trésor.

    Abashi SHAMAMBA

    (1) Cf notre édition du jeudi 9 septembre.

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