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    Culture

    Le Tanjazz réussit sa cinquième édition

    Par L'Economiste | Edition N°:1780 Le 01/06/2004 | Partager

    . Le festival, qui s’est tenu du 18 au 24 mai, a offert l’occasion de découvrir un jazz aux multiples facettes. Des amateurs ont fait spécialement le déplacement de Casablanca, Rabat et même d’Espagne et de FrancePlace Canno en face de la plage, Tanger telle une madone dans sa tenue crépusculaire semble danser aux rythmes du jazz. Les badauds, encouragés par le beau temps, ont vite formé une foule curieuse autour de la formation «Ayoka», un groupe réunissant trois cultures: occidentale, africaine et celle des Caraïbes. Plus loin à l’entrée de la Mandoubia, la rumeur des ruelles et l’agitation des places submergées par les promeneurs et les voitures affolées se dissipent pour laisser place aux notes orientales qui s’échappent avec finesse de l’intérieur. Impatients de découvrir le spectacle du jour, on regarde à peine les fabuleux arbres qui ont huit siècles d’existence ! Aussitôt installés, Samiha Ben Said, Stephan Athanas et le ContempArabic Ensemble transportent le public dans un univers unique où partitions orientales et notes de Jazz se rencontrent pour le plaisir de l’audience. La voix forte et chaleureuse de Ben Said épousait d’une façon mélodieuse les virées musicales arabes langoureuses et les envolées endiablées du jazz. Chantant Farid al Atrach ou autres standards arabes tunisiens ou irakiens, la musicologue tunisienne dévoilait avec beauté le potentiel Jazz de la musique arabe. Agréable, familier et étonnant, le fruit du métissage offert par le ContempArabic Ensemble et Samiha Ben Said surprenait par la fluidité des rythmes qui glissent, sans aucun effet de disjonction, du répertoire arabe à celui du Jazz. Les solos Nay (Flûte) de Samir Ferjany d’une sensibilité extrême rappellent les monologues mélancoliques d’un rossignol qui s’emporte aussitôt par une joie vertigineuse. Les duo avec Dave Feusi (Clarinette basse) confondaient l’Orient et l’Occident avec maestria, ils invitent au dialogue, à l’échange. Après cette balade orientalo-jazz, la soirée continuait avec une autre dame venant cette fois-ci d’Amérique, Stacy Kent. Petite coupe, tenue sobre empreinte de blancheur, air nonchalant mais chic, le petit bout de femme s’animait avec grâce sur la scène rappelant les papillons lumineux des jardins de la Mandoubia. Voix sensuelle, timbre résolument exceptionnel, Kent a confirmé ce soir-là sa réputation de grande dame du Jazz. Souvent comparée à Ella Fitzgerald, Kent interprète délicieusement les fameux standards de l’Américain Great song Book. Elle aime raconter les belles histoires d’amour, d’amitié, de rencontre, de bonheur sur les notes du saxophone de son fidèle compagnon Jim Tomlinson et de son élégant Ensemble. Kent croit que le rôle des artistes c’est d’embellir la vie et d’illuminer le quotidien triste. Son passage débordant de talent et de fraîcheur au Tanjazz était une belle histoire qui a réjoui pas mal de gens. Tanger se prélassait sous les rayons d’un soleil éclatant tandis que les préparatifs s’activaient… c’est un grand soir aujourd’hui ! Au Tanjazz on attend une légende vivante…Ray, mains d’acier. A 19h30, déjà à l’entrée de la Mandoubia, on devine que les places vacantes seront rares. Des amateurs ont fait spécialement le déplacement de Casablanca, Rabat et d’autres villes et même d’Espagne et de France. Les organisateurs, qui s’en doutaient, ont déjà improvisé des places supplémentaires autour de la scène qui toutefois demeurait déserte. Impatience, enthousiasme et curiosité cohabitaient dans les gradins de la Mandoubia. Philipe Lorin (directeur de Tanjazz), le verbe rassurant, annonce enfin le début de cette soirée latino qui commence avec Elvita Delgado. «Je suis venue du Venezuela avec une grande valise pleine de belles choses : d’amour, de tolérance, de paix, de bonheur…» annonçait la chanteuse avec beaucoup de poésie. Gitane vénézuelienne avec les cheveux en l’air, Delgado a fait swinguer l’assistance. Voix chaude au timbre variant, elle révélait avec le Su Latin Jazz Band, la vivacité et l’exception d’un Jazz aux rythmes latino. Gracieuse et entraînante avec ses mots et ses danses, Elvita Delgado a été l’artiste la plus «impliquante» du public au Tanjazz. Elle provoquait joyeusement l’interactivité et l’admiration. Vers la fin de son spectacle, en récompense à l’assistance, la dame avec son Ensemble a interprété une chanson vénézuelienne aux rythmes Gnaoui… un moment de communion et de joie. L’air plus vieux que sur les photos, Ray Barretto, avec la fierté de ses 75 ans, a capté toute l’attention ce soir. S’installant solennellement derrière ses quatre congas, il a cultivé une sorte de suspense malin avant de livrer son art légendaire. Malgré une fatigue apparente (il vient d’arriver à Tanger en provenance de la Normandie), «The Soul Drummer» comme à son habitude, a joué aux frontières des styles. Les congas deviennent sous ses doigts un espace de rencontre, un entre-deux mondes où rythmes afro-cubain, salsa, jazz flirtent dans la transe. Souplesse et fluidité du mouvement, le Portoricain exaltait les rythmes par sa frappe, ses mains donnaient l’impression de chanter et danser. Une véritable chorégraphie des sens. A côté, les envolées virtuoses du saxo de Myron Walden sont des clins d’œil au Jazz «classique». Autant de styles et de genres, le Tanjazz a offert cette année l’occasion de découvrir un jazz aux multiples facettes. «Un moment de bonne musique… » comme n’a pas cessé de répéter un jeune spectateur qui a fait le déplacement de Casablanca. Engouement ou simple joie de découverte, en tout cas le Tanjazz a fait cette année encore de nouveaux amateurs du Jazz.Hayat KAMAL IDRISSI

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