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International

Le défi sud-coréen du G20
Par Barry Eichengreen

Par L'Economiste | Edition N°:3182 Le 31/12/2009 | Partager

Le premier janvier prochain, la Corée du Sud succèdera à la Grande-Bretagne à la tête du G20. La Corée n’est pas le premier pays émergent à présider le G20, mais elle est la première à le faire suite à la crise financière mondiale. Et elle est la première à le faire depuis que le G20 est devenu le comité de pilotage de l’économie mondiale. Le président du G20 peut avoir une influence considérable. Il coordonne le travail du groupe. Il organise les réunions et comme la plupart des présidents de comité, il a un pouvoir de décision important sur l’ordre du jour. Pendant la présidence britannique, Gordon Brown avait un ordre du jour clair. Il voyait le G20 comme un moyen de parvenir à un consensus sur le plan de relance monétaire et budgétaire et sur la régulation financière. Il voyait aussi le G20 comme un forum pour répondre aux problèmes engendrés par la crise financière dans les pays les plus pauvres. Et il a utilisé sa position pour susciter des engagements à résister au protectionnisme. Rétrospectivement, il a été plutôt facile à Brown de définir son ordre du jour. Compte tenu de la nature et de la gravité de la crise, définir quelles devaient être les priorités du G20 était une évidence. Cela le sera moins pour le président Lee Myung-bak. Certains diront qu’il devrait inciter les pays du G20 à coordonner une sortie en bon ordre de leurs politiques monétaires et fiscales alourdissantes. Mais la croissance des économies avancées restera très probablement faible en 2010. Les Etats-Unis, l’Europe et le Japon se remettant difficilement de la crise, cette question peut donc être laissée au soin du pays qui présidera le G20 en 2011. D’autres diront qu’une des priorités consiste à finaliser un accord pour ralentir les changements climatiques. Mais cette question devait être réglée à Copenhague en présence de tous les leaders mondiaux et non dans les salons confortables du G20. Les petits pays, comme la Mauritanie, sont souvent ceux qui sont le plus dramatiquement affectés par le réchauffement climatique. Ils sont exclus du G20, conçu pour être constitué des 20 économies les plus importantes. Le président Lee devrait plutôt concentrer les priorités sur quatre questions à commencer par la réforme financière; un problème auquel Brown s’est attelé sans le résoudre. Les progrès à ce propos ont été insuffisants malgré de nombreuses discussions. Fort peu a été fait en particulier à propos de la création d’une autorité de résolution transfrontière pour gérer la faillite d’un grand groupe financier; cette question ne peut être résolue qu’à un niveau international. La fenêtre d’action pour une réforme financière se referme et le retour aux affaires, comme si de rien n’était, n’engendrera que plus de crises et plus de renflouages. La Corée du Sud doit donc faire tout ce qui est dans ses moyens pour relancer ce débat. La deuxième priorité devrait être d’avancer sur un rééquilibrage mondial. Les pays asiatiques doivent en faire plus pour stimuler la consommation, et le faire de manière conjointe. La Chine est incapable de résoudre ce problème à elle seule, car son économie ne représente encore qu’un tiers de celle de l’Amérique. Mais si les pays asiatiques agissent de concert, la Chine sera plus encline à désolidariser son taux de change du dollar. Le second facteur de la crise pourrait ainsi être réglé une fois pour toutes. Troisièmement, le G20 doit régler son déficit de légitimité. Car après tout, personne n’a consacré ces 20 pays comme représentants désignés du monde. Qui parle au nom des 173 pays reconnus officiellement? Pourquoi devrait-il y avoir autant de pays européens membres du G20? (en dehors du fait qu’ils étaient déjà membres des précédents Gx) et pas plus de pays africains? La Corée du Sud peut en la matière proposer une solution évidente. Aligner la composition du G20 à celle du bureau exécutif du Fonds monétaire international. 24 pays y siègent. Les pays les plus importants ont leur propre siège tandis que les plus petits sont représentés par des groupements de pays. Dans de nombreux cas, les pays de ces groupements siègent à tour de rôle. De cette façon, tous sont représentés. Enfin, le G20 a besoin d’un caucus des marchés émergents. Les Américains et les Européens sont en contact permanent, faisant de leur mieux pour s’accorder sur des propositions communes. Les marchés émergents qui n’arrivent pas à faire de même ne font pas le poids. Ils ont ainsi laissé les reines du G20 aux pays avancés. Cette question sera la plus délicate de toutes pour la Corée du Sud. En tant que président, elle doit agir «honnêtement». Elle ne peut se permettre d’accorder des faveurs aux marchés émergents. Et compte tenu de sa position géographique, la Corée du Sud serait tiraillée entre encourager un caucus des marchés émergents et encourager un caucus des pays asiatiques – car l’Asie, elle aussi, a besoin de s’organiser mieux pour mieux représenter ses intérêts au sein du G20. L’initiative devrait plutôt venir d’un autre pays du G20 - peut-être le Brésil, l’Afrique du Sud ou même la Russie. Mais la Corée du Sud pourrait y faire allusion, à dessein.Copyright: Project Syndicate, 2009.www.project-syndicate.orgTraduit de l’américain par Frédérique Destribats

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