×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Le chant du cygne de la retraite anticipée

Par L'Economiste | Edition N°:379 Le 16/11/1998 | Partager

Pour lutter contre le chômage ou obtenir des dégraissages à moindre coût, de nombreux pays ont opté pour la retraite anticipée. Les avantages du système sont aujourd'hui remis en question.

Le bilan dressé par l'AISS sur la retraite anticipée est plutôt accablant. Le système est de plus en plus contesté en raison de son coût et de ses incidences sur le marché du travail, la sécurité sociale, les particuliers et les entreprises.
Pour ce qui est du marché du travail, l'efficacité de la retraite anticipée en tant qu'instrument de lutte contre le chômage s'est en effet avérée limitée. Une grande partie des emplois libérés par la retraite anticipée ne sont pas occupés par les jeunes travailleurs. «Les niveaux de réintégration dans l'emploi varient selon les pays, mais ils sont souvent bas. Ce qui semble indiquer que l'efficacité de cette stratégie est limitée», note le chercheur Ole Beier Sorensen qui intervenait sur la question de la retraite anticipée au nom de l'Institut danois de pensions complémentaires du marché du travail. Son rapport s'appuyait sur une étude de cas concernant l'Allemagne, le Danemark, la France, l'Italie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que d'essais sur le Cameroun, la Lituanie et la Tunisie.
En fait, c'est surtout la question du vieillissement de la population qui remet le plus en question la retraite anticipée. Le phénomène doit se traduire par une demande croissante de pensions et d'autres prestations, en particulier les soins de santé et les soins de longue durée, destinés aux personnes âgées. Etant donné l'effet conjugué de la retraite anticipée et du vieillissement de la population, les différents régimes de sécurité sociale seront peut-être confrontés à une double pression due à l'accroissement de la demande en pension et à la diminution des ressources financières. Pour certains pays, la situation est même jugée critique.

Coup par coup


Le chercheur ne manque pas, non plus, de mettre en exergue le paradoxe que constitue la retraite anticipée compte tenu notamment de l'augmentation de l'espérance de vie, de l'amélioration de l'état physique et de la santé des salariés âgés . «La vie active des personnes âgées se raccourcit alors même qu'elles paraissent de plus en plus aptes à la prolonger» , souligne M. Sorensen.
Certes, l'on reconnaît aussi au système de la retraite anticipée quelques avantages. Le mécanisme offre notamment la possibilité aux employeurs de transférer sur les contribuables ou les cotisants une bonne partie des frais induits par les restructurations économiques et les dégraissages. Cependant, les politiques qui ont été mises en place, «souvent créées au coup par coup», souffrent de l'abscence de visibilité puisqu'elles ont rarement été précédées d'études approfondies sur les incidences économiques et politiques du système.
Au contraire, la tendance semble aujourd'hui se renverser. De nombreux pays s'emploie, chacun à sa manière, à limiter la retraite anticipée. Les uns envisagent d'accroître la participation au marché du travail en facilitant l'accès à une pension partielle et en optant pour une combinaison activité professionnelle/retraite. En Allemagne, par exemple, un nouveau système, dans lequel l'attribution du système de retraite anticipée est conditionnée par l'exercice d'une activité professionnelle à temps partiel, a été adopté. Ce système permet d'alterner une période de travail à temps plein et une période de retraite complète. D'autres pays doivent aussi tenter l'expérience.
M. Sorensen se demande toutefois si de telles initiatives peuvent être efficaces. «Un certain scepticisme est de mise, l'idée de retraite à temps partiel pouvant être incompatible avec la culture d'entreprise moderne».

Mohamed BENABID

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc