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Economie

L'Américain fou du Rif

Par L'Economiste | Edition N°:1692 Le 27/01/2004 | Partager

. Naissance à Karachi, études au Maroc et aux Etats Unis… point d'arrivée: Jbel Lekbir. George.W.Reed est aujourd'hui consultant en tourisme rural pour le compte de l'USAID Le débit lent, le geste serein, George.W.Reed, 45 ans, ne s'emballe pas en discutant. Sauf quand le débat sort des sentiers battus et emprunte une ascension “mystique”. Les quatre années de commerce international à Cambridge Massachusetts près de Boston, n'ont pas eu raison de son penchant pour la métaphysique. Dans la maison parentale à Jbel Lekbir (Tanger), George encore adolescent s'abreuvait d'histoires que son grand-père lui racontait et des discussions que ce dernier tenait avec des sommités mondiales dans l'anthropologie, la métaphysique, la théologie… Sujet fédérateur: le Maroc dans sa diversité culturelle, géographique et humaine. Les échanges sont beaucoup plus passionnés quand Paul Bowles ou le grand écrivain Tennessee Williams visitent la maison parentale. George les a connus. Son grand-père les a côtoyés et accueillis dans sa maison à Jbel Lekbir. Au même titre que nombre d'historiens, archéologues, artistes et acteurs de renommée mondiale. Adolescent, George.W.Reed écoutait leurs histoires fascinantes et leurs expériences au Maroc et ailleurs. Il en a gardé de vifs souvenirs qui remontent aujourd'hui encore et agrémentent ses propos quand il parle du Rif, des villageois, des sites archéologiques ou même des saints de la montagne qu'il connaît mieux que les autochtones. Il parle en connaisseur du pèlerinage que les soufis venant de plusieurs pays, notamment d'Amérique et d'Europe, effectuent au moussem de Moulay Abdessalam. “Chacun a sa manière d'aller vers Dieu”, dit-il. “Les chemins auront beau être multiples, l'objectif est unique”. D'origine américaine, George est né le 2 octobre 1958 à Karachi, au Pakistan. Son père était ingénieur. Durant la guerre, la maison située dans une région frontalière avec l'Inde a été bombardée. L'obus est heureusement tombé dans le jardin et la famille en est sortie indemne. George ne s'attarde pas trop sur ce “détail”. Il se remémore pourtant la beauté du paysage que lui offrait l'autre frontière avec l'Afghanistan. Après avoir décroché son baccalauréat américain à Tanger en 1976, George part à Cambridge Massachusetts pour quatre années de commerce international et finances. Il a travaillé comme responsable financier dans plusieurs sociétés américaines. Il dit avoir réussi à accroître le bénéfice d'une entreprise de composants électriques de 6 à 40 millions de dollars. “C'était devenu monotone. Je n'avais plus rien d'autre à faire. D'autant plus que mon employeur avait peur d'élargir encore plus son activité”. Retour au Maroc à la fin des années 1980. Pendant six ans, il a collaboré avec des tour-opérateurs comme consultant en tourisme. Le métier appris sur le tas, lui aura permis de renouer avec ses rêves d'enfance: la découverte et les grands espaces. Loin de l'infernal train de vie des métropoles. Le parcours de George ressemble à un slalom où il faut constamment esquiver le naturel. Un parcours dont l'éternel aboutissement est Jbel Lekbir. Lorsqu'on attrape le virus du pays, c'est pour toujours. George en convient. Pour lui, le Maroc a un côté mystique et ensorceleur. “La plupart des étrangers qui y ont vécu peuvent vadrouiller dans le monde mais y retournent inexorablement”. A la fin des années 30, le grand-père Winthrop Buckingham a jeté l'ancre et bâti une maison et un hôtel qu'il a baptisé Farah. Les Tangérois connaissent George par le nom de “fils de Farah”. Le premier coup de foudre date déjà de trois générations. Durant la 2ème guerre mondiale, Buckingham se fera mieux connaître des combattants rifains. “Ils trouvaient refuge chez lui et il a maintes fois risqué sa vie à côté de la résistance”.Enfance au Pakistan, adolescence au Maroc, études supérieures aux USA et des escapades un peu partout dans le monde. Grand de taille, George a la carrure d'un Américain comme on en voit dans les films de western. Pourtant dans sa tête, il a un peu quelque chose “d'enfant du bled”. “Je suis américain par mon passeport mais marocain de coeur”. Aux premiers propos échangés, le compatriote fait l'ombre à l'Américain. Les adages et dictons marocains par quoi il agrémente ses paroles sont dites dans un parfait dialecte local. Les multiples volte-face de Reed en feront un éternel insatisfait. Toujours en quête de nouvelles expériences et de sensations fortes. Un boulimique de l'universel et des grands espaces. Le travail qu'il fait à Chemonics (1), bien que “moins rémunéré”, le passionne. George a troqué l'argent contre la découverte. La sédentarité du bureau contre la grande mobilité que son nouveau métier lui permet. Concevoir des circuits dans la montagne pour les touristes est une occupation à plein temps. Elle permet à George de mettre en oeuvre tout ce qu'il a appris sur les lieux et les hommes. Mostafa BENTAK(1) Chemonics international est une société américaine de consulting en tourisme. Au Maroc, elle est liée d'un contrat avec l'USAID qui, de son côté, aide le gouvernement dans la promotion du tourisme rural et de niches.

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