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Economie

Davos 2004: Le Maroc et son Souverain cités pour les réformes

Par L'Economiste | Edition N°:1692 Le 27/01/2004 | Partager

. Dick Cheney donne SM Mohammed VI en exemple pour l'audace des changements de société. Peu de participants marocains, mais le Royaume sert de référence. Les pays arabes augmentent leur participationUne semaine après le Forum altermondialiste de Bombay, partenariat, sécurité et prospérité ont été les trois termes mis en avant pour le World Economic Forum, qui s'est tenu à Davos du 21 au 25 janvier 2004. Malgré le message venu de Bombay et qui voulait une «croissance sans insécurité», les deux premiers de ces mots ont pris le pas sur le troisième, dans des rencontres où la géopolitique a dominé l'économie. Sans doute la recomposition du monde occupe-t-elle en priorité les esprits. Les Etats-Unis, la plus grande puissance, ont été présents en force parmi les quelque 2.100 participants, dont une petite poignée de Marocains (voir encadré). Il semble que les Marocains se sentent handicapés par leur maîtrise de l'anglais, ce en quoi ils ont bien tort car à Davos bien peu pourraient prétendre à un diplôme dans cette langue! L'important c'est de se comprendre.Malgré cette trop petite présence humaine, le Maroc a occupé un espace intellectuel relativement grand. Certes, il n'y avait pas de grande manifestation spéciale comme celles de l'Arabie Saoudite, de l'Afrique du sud (Coupe du monde de foot en 2010, svp!), de la Turquie…. Mais le Royaume était présent en tribune, comme dans des ateliers restreints. Le Maroc a aussi servi de référence, à plusieurs reprises, y compris dans la bouche du vice-président américain, qui a expressément cité S.M. le Roi Mohammed VI pour son audace dans les réformes concernant les droits de la femme, de la famille, les libertés individuelles et plus généralement les droits de l'homme. Les décisions prises par le Souverain marocain changent la donne dans le monde arabo-musulman, a-t-il souligné.De manière générale, les participants au Forum cherchaient les grands pôles d'équilibre mondiaux, après que les Etats-Unis aient envahi l'Irak sans apporter ni la prospérité, ni la sécurité. Le Moyen-Orient n'est pas devenu plus sûr. Visiblement, après avoir utilisé le Forum en 2003 pour annoncer leur intervention militaire, Washington a cherché à Davos un partenariat, avec l'Union européenne notamment. Dans les deux cas, ils ont été critiqués vertement et ouvertement, ce qui n'a pas changé grand-chose à leur détermination. L'incertitude reste donc totale sur le retour à la normale en Irak. En revanche, une lueur s'est levée en Palestine avec l'initiative de Genève, initiative à laquelle le Maroc a participé grâce aux ouvertures diplomatiques de S.M. le Roi Mohammed VI et l'action que conduit, depuis trente ans, Azoulay pour la paix et la réconciliation dans cette région. Rappelons que l'initiative de Genève vient de deux anciens ministres, un de l'Autorité palestinienne (Yasser Abed Rabbo), l'autre d'Israël, qui disent «agir en tant que société civile». L'initiative est soutenue par l'Autorité palestinienne, pas par le gouvernement Sharon, mais elle bénéficie de l'approbation du Parti travailliste israélien.Deuxième point géopolitique: Chypres. Comme chaque année, la délégation turque a été puissante derrière son Premier ministre. Celui-ci veut débloquer le dossier chypriote, cette île de la Méditerranée, coupée en deux depuis trente ans, après une intervention militaire turque. La partie grecque est devenue nettement plus développée que la partie turque et entre dans l'Union européenne. Mais le chef de la partie turque ne veut pas renoncer au pouvoir acquis à la suite du coup de force militaire. Quand le Premier ministre d'Ankara indique qu'il interviendra comme médiateur dans l'affaire, autant dire qu'il obtiendra gain de cause. La Turquie, qui sait se servir de Davos, se place aussi comme médiateur sur quelques autres petits dossiers qui contribuent à empoisonner la région. Une façon astucieuse de refermer pour un bon bout de temps les dossiers kurde et arménien…Troisième avancée à Davos: le conflit entre le Pakistan et l'Inde. La détente a déjà quelques mois, mais la plate-forme de Davos a permis aux deux protagonistes de la mettre en évidence, dans le style informel propre au Forum. Pour le Président pakistanais qui participait pour la première fois, la plate-forme a aussi servi à se démarquer, oralement, des Etats-Unis, en marquant son appartenance asiatique, une Asie de plus en plus présente, de plus en plus puissante.Notons, enfin, que le monde arabo-musulman commence à regarder Davos d'un oeil nouveau et l'a fréquenté en force cette année. Presque tout le gouvernement saoudien avait fait le voyage, l'Egypte a envoyé le fils du président (l'homme qui monte au Caire), la Jordanie a délégué son souverain…


La Chine qui monte

La Chine bien davantage que l'année dernière a été une grande vedette du Forum de Davos: selon une étude de la banque d'affaires Goldman Sachs (Etats-Unis) rendue publique dans le cadre du World Economic Forum, ce pays sera la première puissance mondiale. Le rapport étudie les places que les grands pays développés ou non, occuperont dans dix, quinze ou trente ans, aux vues de leur tendances actuelles et des politiques qu'ils peuvent appliquer.Toujours selon cette étude, abondamment commentée par les participants, lors des séances, comme dans les couloirs et salons, d'ici quinze ans, Pékin se placera comme déjà deuxième puissance internationale. Les Etats-Unis restent la première force.Pour les participants au Forum de la station suisse, la montée en puissance chinoise est irrésistible. La seule question qui se pose est de savoir en combien de temps ce pays grimpera dans les premiers rangs puis au premier rang. En termes de rapidité, c'est l'inflation et donc le prix du Yuan, qui fera la différence, explique le rapport de Goldman Sachs. Pour la banque d'affaires, il faudrait que Pékin réévalue sa monnaie, d'ici un an à dix-huit mois. Mais pour l'instant au moins, ce n'est pas sur l'agenda chinois.


Même l'Iran était là

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, a fait le «pèlerinage de Davos», avec une délégation importante. Objectif: ne pas laisser le terrain complètement vide face aux positions de ses voisins et surtout des Etats-Unis, dans la région. Le gouvernement iranien est allé jusqu'à offrir un grand dîner pour redresser son image de marque et bien faire savoir qu'il n'est pas composé uniquement de mollahs tristes et vindicatifs!Rappelons que l'Iran avec la Turquie est la grande puissance démographique de la région, mais que vingt ans de régime islamiste, l'ont considérablement affaiblie sur le plan économique. Téhéran souhaite depuis quelques années revenir dans le concert des nations mais sans que les conservateurs perdent trop la face devant leur opinion publique. Le gouvernement iranien a aussi bien perçu les divers signaux, dont le message porté par les secours lors de la catastrophe de Bam: le retour sera bien accueilli. Il était donc naturel qu'à Davos le Premier ministre iranien explique que l'Union européenne peut faire beaucoup pour améliorer les relations entre la république islamique et les Etats-Unis.» L'Europe nous comprend mieux», a dit Kharazi.


Les Marocains de Davos

Certes les travaux du forum étaient cette année bien plus géopolitiques qu'économiques, comme le souligne une habituée, Nehza Hayat, directeur général de Sogébourse, membre GLT (Global Leader for Tomorow au sein du World Economic Forum), mais cela n'empêche pas les Etats et les grandes entreprises d'y faire leurs affaires et démarcher de nouveaux contacts. Le groupe marocain était essentiellement présent pour l'économie: Jai-Hokeimi président de l'ONA, Mourad Cherif, directeur général de l'OCP, Abdelazziz Tazi, président de la Société générale. Abderrazak Mossadeq, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Mise à niveau, représentait le gouvernement marocain. Naturellement, André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, était présent et très attendu: comme lors du «Forum de Paris», tenu la semaine précédente (cf. www.leconomiste.com), chacun se demande si sans Azoulay, l'initiative de Genève, la seule perspective sérieuse sur le Moyen-Orient en ce moment, serait ce qu'elle est. Il porte donc très haut le drapeau national dans la diplomatie mondiale! A Paris, les organisateurs lui avaient confié le soin de clôturer les travaux sur le sujet de son choix. A Davos, il a prononcé une conférence en plénière, privilège qui n'est réservé qu'aux grands. Le Conseiller de SM Mohammed VI était d'autant plus attendu qu'à Amman, lors du Forum consacré au Moyen-Orient, André Azoulay était programmé pour deux interventions, mais, officiellement malade, le Conseiller ne s'était pas rendu à la rencontre. N.S.

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