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Economie

«La taxation tue l’emploi»
Entretien avec Brahim Zniber, président de l’Association marocaine des boissons

Par L'Economiste | Edition N°:3163 Le 04/12/2009 | Partager

. L’industrie des boissons sous la menace de hausse de la TIC.«La subvention de 50% du sucre n’est qu’une détaxe»Pour sa première sortie médiatique, depuis sa constitution en 2008, l’Association marocaine des boissons via son président Brahim Zniber tient à exprimer sa position quant à la subvention de 50% du sucre. «C’est une détaxe et non une subvention», souligne Zniber. Car elle profite avant tout au consommateur. L’augmentation attendue de la TIC est l’autre sujet de préoccupation de la profession. Entretien. - L’Economiste: L’industrie des boissons sucrées bénéficie, depuis juillet dernier, de 50% de la subvention accordée sur le sucre. Quel argumentaire avez-vous développé?- Brahim Zniber: Je tiens à préciser qu’il s’agit d’une détaxation et non d’une subvention. Celle-ci représente 1 DH/kg de sucre. Depuis 1999, l’activité s’est vu appliquer un prélèvement de 2 DH/kg sur le sucre utilisé dans la fabrication des boissons gazeuses et non gazeuses. Taxe que le secteur a supporté pendant 10 ans. Car les arriérés accumulés entre juillet 2006 et juin 2009, suite au refus des professionnels de restituer cette taxe, ont été épongés rubis sur l’ongle. Quant à notre argumentaire, il réside avant tout dans la création et le maintien de l’emploi. - Pourquoi ce refus de restituer la subvention alors qu’elle était assortie d’une décision ministérielle?- Encore une fois, je tiens à souligner qu’il s’agit d’une taxe que supportait le consommateur. Ceci étant, en juillet 2006, les autorités compétentes ont décidé d’abroger la restitution pour toutes les industries assujetties sauf le secteur des boissons. Mesure que nous avons jugé discriminatoire. Dès lors, nous avons entrepris des démarches de sensibilisation de notre département de tutelle et des autres ministères concernés. En janvier 2007, Rachid Talbi Alami, alors ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, a abrogé la décision de prélèvement de 2 DH/kg de sucre. Décision cosignée par la tutelle mais le ministre des Finances y avait opposé un veto.- Les autres industries se trouvaient alors au bord de la faillite. Ce n’est pas le cas du secteur des boissons?- Nous constituons un secteur de proximité qui couvre l’ensemble du territoire. Vous trouvez la limonade dans n’importe quel petit douar. Cela nécessite des investissements à la fois importants et soutenus. Annuellement la profession injecte plus de 500 millions de DH. Rien qu’au terme des 11 premiers mois de l’année 2009, environ 650 millions de DH ont été investis. L’objectif est bien évidemment de sauvegarder l’emploi mais aussi la recette de l’épicier qui représente plus de 85% du réseau de distribution. D’autant plus que les boissons gazeuses comptent parmi les 5 premières catégories en termes de vente et la 4e comme source de marge bénéficière des épiceries. Elles se placent juste après le pain, le lait et produits dérivés avec 11% des ventes. Nous avons donc la responsabilité de sauvegarder les intérêts de notre clientèle. Or, toute baisse de la demande occasionne une réduction de l’emploi chez les fabricants et des revenus des distributeurs.- A combien s’élève le montant restitué? - Il est de l’ordre de 260 millions de DH. Et a été entièrement remboursé à la Trésorerie générale.- Comment est-ce réparti? - De fait, Nord Afrika botteling compagny s’est acquittée de 60% du montant. Elle est suivie d’Atlas botteling compagny (17%), les Eaux minérales d’Oulmès viennent en troisième position avec 11% du montant et la Société centrale des boissons gazeuses. La Société des boissons gazeuses du sud a remboursé 8% et le reste est réparti entre les divers acteurs, soit 4%. - Finalement, la détaxe sera répartie à hauteur de 96% aux 4 grands faiseurs… - Effectivement, la répartition se fera selon les parts de marché. Mais faut-il le rappeler, la configuration est aussi valable pour ce qui est des investissements et du chiffre d’affaires. Agrégats qui déterminent à leur tour la valeur ajoutée et les contributions fiscales. A titre d’illustration, le secteur a dégagé, à fin novembre dernier, une valeur ajoutée de près de 1,5 milliard de DH pour un chiffre d’affaires d’environ 5 milliards. Le montant de la contribution fiscale au titre de l’IS est d’environ 700 millions de DH pour l’année 2009. Montant auquel s’ajoute 980 millions de DH de TVA collectée. - N’empêche que les 80 millions de DH, représentant «la détaxe», vont profiter aux grands faiseurs?- Nullement. C’est le consommateur qui en bénéficie. - Comment? - Il ne faut pas oublier non plus que le Maroc a enregistré un taux d’inflation annuel de 2% sur les 10 dernières années. L’industrie de la boisson n’a pas pour autant augmenté ses prix. C’est-à-dire en dépit de l’effet inflationniste d’environ 20% sur nos coûts, nous n’avons rien répercuté sur les prix de vente. En d’autres termes, les prix des limonades sont restés inchangés depuis une décennie. Durant cette période, les opérateurs n’ont fait que grignoter sur leur marge qui ne dépasse guère 5% du chiffre d’affaires. Faites alors la comparaison avec d’autres secteurs comme l’immobilier qui, outre les artifices fiscaux, se permettent des marges assez confortables.- Maintenant, le secteur risque aussi une augmentation de la TIC. Qu’en est-il au juste ?- Effectivement, une proposition faite par un parlementaire de l’USFP dans le cadre de la Commission des finances vise à augmenter la taxe intérieure de consommation sur les boissons gazeuses et non gazeuses. Si la proposition est entérinée par la Chambre des conseillers, cela se traduirait par une incidence de 0,10 DH/litre. Car, la TIC qui est actuellement de 20 DH/hectolitre va passer à 30 DH.- Comment a réagi la profession? - En premier lieu, nous regrettons le fait que le gouvernement ait accédé à la proposition d’augmentation sans nous avoir consulté. Ceci étant, nous avons saisi la Primature, la tutelle ainsi que le département de Nizar Baraka et la CGEM. Notre objectif est de sensibiliser le gouvernement sur les effets pénalisants de l’augmentation de ladite taxe sur le consommateur et l’activité du secteur. Nous espérons son annulation par la deuxième chambre.


Incidences

«L’écrasante majorité de nos distributeurs, les épiciers en l’occurrence, vont voir leurs ventes et partant leur revenu baisser», selon Zniber. Du fait bien évidemment de la contraction attendue de la demande exprimée aussi par les classes au revenu modeste. Car les grandes surfaces et superettes réunies représentent moins de 20% de nos distributeurs.

Propos recueillis par A. GHOUIBI

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