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Economie

La psychothérapie en mal de statut

Par L'Economiste | Edition N°:1585 Le 22/08/2003 | Partager

. Une très grande variété de spécialités souvent méconnues. Des lacunes en matière de formation et de réglementation…. …à l'origine d'une pénurie de praticiensPetite suggestion: la prochaine fois qu'un sombre individu vous conseillera, non sans une pointe d'agressivité, d'aller «vous faire soigner chez un psy», demandez-lui donc lequel. Il est fort à parier qu'il en restera bouche bée. C'est que, sous le nom générique de «psy», nous avons en fait tendance à ranger sans distinction tous les professionnels traitant des troubles mentaux. Une habitude qui a fini par créer la confusion: bien peu d'entre nous sont finalement capables d'expliquer la différence entre les différents «psy «: psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et autres psychanalystes. Et pourtant, l'enjeu est de taille. La différence essentielle entre ces professions réside dans leurs filières de formation. Ainsi, alors qu'un psychiatre, seul habilité à prescrire des médicaments, a suivi des études de médecine «classiques», au cours desquelles il a choisi de se spécialiser en psychiatrie, un psychologue a accompli un cursus purement théorique à la Faculté des lettres. Et devient psychanalyste celui qui est lui-même passé au crible de diverses analyses psychologiques. Ensuite, chaque profession, et même chacune de leurs spécialités, se caractérise par un mode d'intervention particulier, et s'adresse donc à un type de troubles bien définis. Ainsi, loin de se faire concurrence, les praticiens sont en fait complémentaires. Il n'est pas rare par exemple qu'à l'issue d'un premier diagnostic, un patient soit réorienté vers un autre spécialiste, voire suivi en parallèle par un psychiatre et un psychologue, selon la nature et la gravité de sa pathologie. Enfin, ceci n'est pas rare dans certains pays étrangers. Car au Maroc, si cette complémentarité existe, elle est encore loin d'être devenue la règle. Et ce, avant tout pour une simple et bonne raison: le très faible effectif de praticiens. Ainsi, d'après l'Association marocaine des psychologues cliniciens-praticiens (AMPCP), seule une cinquantaine d'entre eux sont établis au Maroc, contre à peine 300 psychiatres, dont les cabinets sont situés pour l'essentiel à Casablanca et Rabat. Un chiffre dérisoire qui cache pourtant un véritable besoin, explique Assia Mseffer, psychologue et directrice de l'Ecole supérieure de psychologie (ESP), une première au Maroc qui doit ouvrir ses portes en septembre. Selon elle, le bât blesse essentiellement au niveau de la formation, car bien que les débouchés de telles études soient extrêmement nombreux, une seule université, celle de Rabat, propose actuellement un 3e cycle en psychologie. . «La qualité avant la quantité»Un constat que partage Aboubakr Harakat, président de l'AMPCP, pour qui le 3e cycle en question pêche en outre «par un certain nombre de lacunes». Voilà qui explique sans doute pourquoi la quasi-totalité du corps professoral de l'ESP a été formé à l'étranger. Attendant de voir pour juger, Harakat espère que cet établissement privé dispensera une formation de très haut niveau, justifiant les 35.000 DH annuels que ses étudiants devront débourser (pour 5 années d'études). A l'instar du Dr Benbrahim, psychiatre à Casablanca, il estime qu'en dépit de la faiblesse des effectifs, les formations doivent privilégier «la qualité à la quantité». Cependant, ajoute Harakat, «il ne faut pas jeter la pierre aux diplômes universitaires. Concevoir leur contenu demeurera difficile tant que la profession ne sera pas régie par un véritable statut». C'est là que, selon lui, se situe le coeur du problème. Seule la psychiatrie est en effet pour l'instant encadrée par une réglementation claire et précise. «Il règne en ce moment un véritable cafouillage» concernant les droits et obligations des psychologues, ainsi que les diplômes requis pour exercer. Au Maroc, le titulaire d'une simple licence (4 ans d'études après le bac) peut ainsi ouvrir son cabinet s'il le souhaite. Pire encore, n'importe qui peut se proclamer psychothérapeute, quand cela exige ailleurs une sérieuse formation postuniversitaire. Et, déclare Harakat, si ce n'est heureusement pas le fait de simples charlatans, certains psychologues ou psychiatres sans vergogne n'hésitent pas à rajouter cette qualification sur leur devanture. Cela fait maintenant plusieurs années que l'AMPCP se bat maintenant pour l'adoption d'un véritable statut de la profession, au sein duquel elle espère par ailleurs jouer le rôle d'instance ordinale. Harakat rêve ainsi à la mise en place d'un examen régi par son organisation et que tout psychologue devrait passer en sus de ses études pour exercer, comme cela se fait déjà en Amérique du Nord. «Cela permettrait de sauvegarder la qualité de la profession». Il reste donc optimiste puisque, remarque-t-il avec malice, le statut des psychologues français n'existe après tout que depuis 1984.


Débouchés

Loin d'être tous destinés à ouvrir un cabinet, les étudiants en psychologie peuvent exercer un large éventail de métiers. La multiplicité des spécialisations (psychologie du travail, expérimentale, psychanamétrie,etc.) leur permet de travailler aussi bien en entreprise, dans un centre de recherche qu'au sein des institutions publiques.. ThérapiesIl existe 4 grandes orientations différentes en matière de psychothérapie. La première approche, dite analytique, consiste à faire resurgir les conflits passés et inconscients du sujet pour lui permettre de comprendre ses problèmes actuels. L'approche existentielle doit aider le patient à identifier ses difficultés actuelles afin de pouvoir les affronter directement. La thérapie cognitive, pour sa part, considère que les problèmes d'un individu sont essentiellement liés à des pensées ou comportements inadéquats entrés dans ses habitudes. Enfin, à travers la thérapie systémique, le praticien va s'attacher à déceler les facteurs de troubles qui résident dans les relations que le patient entretient avec son entourage.Igor MARTINACHE

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