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    La Psychanalyse sur un divan étroit

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    La cure psychanalytique reste réservée à une élite aisée et motivée intellectuellement. La séance coûte 200 DH et dure 30 minutes.

    Ils sont une dizaine de psychanalystes à exercer au Maroc, soutient M. Jalil Bennani, psychanalyste et auteur d'un récent livre sur l'histoire de la psychanalyse. Même s'il n'y a pas d'école avec les inévitables querelles de chapelle, plusieurs d'entre eux ont été formés aux théories de Jacques Lacan, célèbre psychanalyste français qui a marqué mondialement cette discipline à partir des années soixante.
    Si l'offre dans ce domaine est limitée à une dizaine de cabinets, la demande est difficilement chiffrable en raison de la discrétion des analystes sur le nombre de patients qui fréquentent assidûment leur divan. Ce qui est sûr, c'est qu'il est réservé à une minorité composée de cadres des professions libérales et des chefs d'entreprises motivés intellectuellement pour suivre un "traitement" au long cours. Une cure dure en moyenne six ans, à raison d'une séance par semaine. La séance dure 30 minutes et coûte 200 DH. Les psychanalystes recommandent le paiement par séance. "De cette manière, les analysés perçoivent l'importance particulière de leur geste et l'effort fourni pour que la séance soit valorisée", dit M. Bennani.
    Un entretien préliminaire avec le patient décidera de l'opportunité de démarrer une cure. Mais la particularité réside ailleurs: les patients sont souvent bilingues et, allongés sur le divan, passent d'une langue à l'autre. Pour l'analyste, ce changement significatif devra être repéré.

    Les chemins de la psychanalyse

    Si la psychanalyse est du ressort d'une élite qui suit des cures réputées longues et coûteuses, elle reste une discipline codifiée. Pour prétendre exercer ce métier, il faudra suivre un processus caractérisé par trois phases essentielles, soutient M. Bennani. La première est "l'analyse personnelle". Lors de cette phase, le candidat à l'exercice de cette profession devra se soumettre à une analyse personnelle. L'objectif de la cure est d'analyser ses motivations afin d'éviter les projections sur les patients et de mieux articuler la théorie et la pratique. "La psychanalyse est une théorie et une pratique, précise M. Bennani. L'une sans l'autre tourne court et se trouve vidée de sa substance. La théorie sans pratique devient un savoir".
    "La formation théorique" constitue la deuxième phase qui exige du futur psychanalyste de suivre des séminaires de telle sorte que sa production théorique soit importante.

    La troisième phase est baptisée "la pratique de contrôle". Ce terme générique impose au jeune psychanalyste d'être supervisé par un analyste chevronné pendant ses premières années d'exercice. "Quand on commence à exercer, il faut rendre compte de sa pratique et avoir une sorte d'échange qui permette un repérage, dit un psychanalyste. Cette relation avec un ancien permet d'avoir un écho sur les difficultés rencontrées".
    Dans la pratique, le champ de la psychanalyse est vaste. Il imprègne largement le travail des psychologues et des psychiatres. Ces derniers utilisent les concepts de la discipline freudienne pour interpréter et expliquer des phénomènes à leurs patients. Dans cette extension de la psychanalyse, ils sont nombreux, précise M. Bennani.
    Les chemins qui mènent au métier de psychanalyste sont divers. La médecine et la psychiatrie ne sont pas indispensables, même si la psychanalyse peut être un prolongement de la psychiatrie ou se faire en même temps. D'ailleurs, certains ont opté pour une analyse en même temps que leur formation en psychiatrie.
    Ils peuvent en effet venir à cette discipline par la philosophie, la littérature ou les mathématiques comme c'est le cas en Europe et aux USA. La seule obligation concerne les trois phases. Par la suite, ils devront s'inscrire dans une école qui dispense un enseignement (non universitaire) et une reconnaissance.

    Mohamed CHAOUI

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