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    La femme n’est pas un punching-ball

    Par L'Economiste | Edition N°:2410 Le 28/11/2006 | Partager

    . 15.000 plaintes en moins d’un an. Une campagne nationale entamée hierElles sont peut-être vos mères, vos épouses, vos filles… Elles, ce sont toutes ces femmes violentées, dont certaines ont décidé de rompre le mur du silence. La situation est très inquiétante si l’on en juge d’après le premier bilan du numéro vert (0 8000 8888) dédié aux femmes victimes de violence. En une année, 15.015 plaintes ont été enregistrées dont 78% pour violence émanant des époux. Et 30% des plaignantes affirment avoir subi des sévices corporels. La violence morale (dénigrement systématique, insultes, menaces) représentent 18% du nombre global des cas dénoncés. La violence sexuelle (abus, viols) s’accapare 9%. La tranche d’âge la plus exposée est celle des 19-34 ans (72%). La majorité des victimes (79%) sont des femmes au foyer. Ces chiffres ont été annoncés par Yasmina Baddou, secrétaire d’Etat chargée de la famille, lors d’une rencontre tenue hier à Rabat, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la violence à l’égard des femmes, et présidée par le Premier ministre, Driss Jettou. Pour ce dernier, l’enjeu pour le Maroc d’aujourd’hui est d’élargir l’arsenal de lutte contre «un phénomène qui ne cadre pas avec nos valeurs et avec les principes universels des droits de l’Homme». Sa persistance tranche également avec les efforts menés par le Maroc allant dans le sens d’une égalité homme-femme et dont la Moudawana est l’une des principales armes. Les statistiques annoncées sont centralisées par l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes, institué fin septembre dernier. Avec le Haut-Commissariat au plan (HCP), le secrétariat d’Etat élabore actuellement des outils pour mieux analyser les données recueillies. Dans cette même perspective, un élargissement du nombre des centres d’écoute et d’orientation au sein des associations de femmes et des centres hospitaliers est également entamé. Les chiffres évoqués ne renseignent cependant qu’en partie sur l’ampleur du phénomène. Les femmes marocaines restent peu disposées à dénoncer les violences dont elles font l’objet. Preuve en est que quelque 94% des plaignantes habitent dans les grandes villes, alors que le monde rural a également son lot de victimes. Cela en dit long sur tout le travail de sensibilisation qui reste à faire. Pour répondre à cet objectif, une 4e campagne de lutte contre la violence à l’égard des femmes a été entamée hier. Elle verra la mobilisation de tous les départements concernés (Santé, Affaires sociales, Justice, Gendarmerie royale, Sûreté nationale…) et des ONG actives dans ce domaine. Tous ont d’ailleurs répondu présent lors de cette journée.


    Une loi anti-violence

    Pour lutter plus efficacement contre la violence à l’égard des femmes, un projet de loi est en préparation par le secrétariat d’Etat chargé de la famille. Il vise à combler les lacunes juridiques existantes, notamment l’imprécision caractérisant l’instruction de la preuve en cas de violence conjugale et le caractère discriminatoire de certaines dispositions, comme celles liées à l’adultère. Le problème est cependant ailleurs. Le code pénal est certes clair: quiconque a volontairement porté des coups à son conjoint… est puni par la loi. Mais les femmes agressées ne portent que rarement plainte. La lourdeur des démarches administratives y est pour beaucoup. Idem pour le peu de suivi réservé aux affaires de violence contre les femmes, dans les postes de police comme dans les tribunaux. Sans oublier la violence psychologique, notion pratiquement absente de l’arsenal juridique marocain. T. Q.

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