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    «De fil en aiguille«, pari réussi

    Par L'Economiste | Edition N°:2410 Le 28/11/2006 | Partager

    . Cet événement de mode a célébré les petites mains le week-end dernier. Les artisans et les Maâllmines sur le devant de la scène «De fil en aiguille…artisans du Maroc»  a tenu ses promesses. Cet événement dédié aux artisans et aux maâllmines de la mode traditionnelle s’est déroulé avec succès à Fès le week-end dernier. Les organisateurs ont choisi différents lieux pour cette rencontre: Hôtel Jnane Palace, Palais Jamai, Ryad Fès ou encore Palais Mokri. Question de lier l’utile à l’agréable.Pour sa 1re édition, ce rendez-vous souhaite devenir l’un des grands rendez-vous de la mode où la «star» n’est plus le caftan et les stylistes créateurs, mais les petites mains qui travaillent dans l’ombre. En effet, ils ne sont pas moins de 24 artisans à intervenir dans la confection d’un caftan et de ses différents accessoires. A l’origine du projet: Zhor Raiss, créatrice et styliste et présidente de l’association De fil en aiguille. Son objectif: promouvoir et valoriser l’artisan marocain et son savoir-faire. «De fil en Aiguille est ainsi un évènement autour du caftan, et non pour le caftan. La réputation de cet habit n’est plus à refaire», tient à préciser Zhor. «Il faut revisiter notre patrimoine pour l’actualiser», dit-elle. La question de l’avenir de ces artisans est soulevée avec acuité. «Dans ce sens, l’association pourrait intervenir dans le social en partenariat avec d’autres institutions spécialisées dans les financements», souligne Touria Souaf, directrice du projet. «Pour répondre à ce besoin, le gouvernement a signé récemment avec plusieurs banques et associations des projets de financement», soulève Abdellatif Mazouz, président de la Maison de l’artisan. «Cet événement mérite d’être enregistré comme identité institutionnelle de la ville spirituelle», indique Mazouz. Côté chiffre, «une enquête sur l’artisanat, réalisée pour le compte de l’UNESCO, a révélé que dans 99%, la main-d’oeuvre est féminine. La médina est une fabrique à ciel fermé» notera de son côté Naima Lahbil, DG de la Fondation Esprit de Fès (cf, www.leconomiste.com).Les organisateurs ont déployé de grands moyens pour réussir cette manifestation haute en couleurs: invités de marque, staff officiel (wali, ministère…).décors somptueux, dîner et gala, danse orientale et défilé de mode. Le public présent à cette occasion a pu découvrir près de 60 modèles présentés par une vingtaine de mannequins marocains et étrangers. Une fois n’est pas coutume, les artisans et maâllems ont été applaudis chaleureusement sur le podium. Etat des lieux. Ils sont des milliers d’artisans qui exercent au Maroc. Ces métiers risquent de disparaître en l’absence de formation et de financement. Le cas, d’ailleurs, de la technique de tissage du brocart. Agé de 65 ans, Abdelkader Ouazzani est l’un des derniers tisseurs de brocart de Fès. Aujourd’hui, il n’a plus que 4 métiers à tisser en production. «Les jeunes ne sont plus intéressés par ces anciennes techniques, qui demandent beaucoup de temps et de patience», s’indigne Ouazzani. Pour lui, «la formation reste l’unique salut». Notons que Ouazzani est pressenti pour faire partie du patrimoine humanitaire de l’UNESCO. Par ailleurs, c’est au cœur de l’espace «Maâllmines», Musée Batha, que s’est dressée une exposition présentant les différentes compétences qui interviennent dans la réalisation d’un caftan. Presque une douzaine d’artisans (tisserand de brocart, styliste, modéliste et la monteuse, vendeur de sabraa, les femmes qui préparent la sfifa, les aqaads et la renda ou shebka, les brodeuses, le kheeyat ou couturier traditionnel, les perleuses, le maalam mdaimee ou le marchand de ceinture, la broderie tarz ntaa, le tkhmal ou porte-manche, le maalam cherbil ou chaussure brodées…) étaient réjouis d’exposer leurs oeuvres devant la presse locale et internationale, puis au public. Pour plus de détails et d’explications des panneaux explicatifs détaillaient les procédés, les outils de travail et les spécificités de chaque étape de confection d’un caftan. Ceci n’a pas empêché «les curieux» de poser des questions aux exposants qui mettaient en valeur leur savoir et richesse. Des projections de films documentaires sur les artisans accentuaient l’exposition. Fatim-Zahra Tohry

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