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    Europe

    La compétitivité Maroc en 1996 : Le MCIA sort le carton jaune

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Comparé à 18 pays dits émergents ou de forte croissance, le Maroc se place mal. C'est l'observatoire du très officiel MCIA qui l'affirme.


    Médiocre, doit revoir sa copie. Si c'était un examen, le Maroc ne serait pas reçu à l'examen de compétitivité. En termes techniques, l'appréciation est toujours plus pudique, le pays donne des «résultats intermédiaires, tranche inférieure». C'est ce qui ressort du rapport de «l'observatoire de la compétitivité internationale de l'économie marocaine» pour 1996. L'objectif de cette étude annuelle est de mesurer «l'aptitude du pays à soutenir, à long terme, la concurrence internationale".
    Car la comparaison s'impose, l'économie marocaine croisant le fer avec les autres, sur les marchés mondialisés et même sur le sien, OMC et zone de libre-échange obligent.
    Mis en place en 1994 par le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, l'observatoire veut dépasser la notion de compétitivité internationale telle que rapportée aux «avantages comparatifs»: les coûts salariaux, de l'énergie, du terrain industriel ou de l'argent.
    D'ailleurs, là-dessus, le Maroc a déjà perdu toutes les batailles. Si l'on en juge par les déclarations patronales. Pour tout, nous serions plus chers: la base d'évaluation de l'observatoire se veut plus large, constituée par un «ensemble d'indicateurs quantitatifs et qualitatifs», regroupés en 7 facteurs. Cela va du dynamisme macro-économique, du système financier, à l'infrastructure physique, entendez l'Administration et la Justice.

    De plus, les performances sont directement comparées à celles de 18 pays, émergents ou à forte croissance: Afrique du Sud, Jordanie ou Hongrie Autant de concurrents que de modèles pour l'attraction de l'investissement, la privatisation, les exportations
    Au passage, l'enquête menée auprès des entreprises marocaines relève les plus fortes contraintes au développement industriel. "La lourdeur des procédures administratives" revient au premier rang des inquiétudes du patronat.
    Une vieille litanie, mais on n'en sort pas. Vient ensuite "la difficulté de faire valoir ses droits légaux" ,encore plus grave pour les PME que pour les grandes entreprises.
    Il ne faut pas croire que les hommes d'affaires soient systématiquement pessimistes et ingrats.
    Ainsi, "le niveau élevé des impôts" est relégué au 5ème rang des contraintes, derrière la faiblesse des marges et des infrastructures.

    Les résultats par facteurs


    Dynamisme macro-économique
    Bon dernier en 1995, le Maroc revient dans le peloton des moyens grâce à la croissance du PIB (10%), c'est-à-dire grâce à la bonne récolte et aux pluies. L'inflation, maîtrisée (5%) «grâce» à une demande asthénique, est aussi un bon point. Les faiblesses du pays sont mises à nu.
    La part de l'industrie manufacturière est faible (17% contre 25 à 30% pour les autres pays) et l'investissement ne suit pas. L'Asie, avec la Malaisie, la Thaïlande et l'Indonésie creusent l'écart.
    Dynamisme financier
    Là aussi «moyen, tranche inférieure». Les beaux sièges des banques et les golden boys des sociétés de bourse n'ont rien pu faire. Le crédit est cher, la dette est plus lourde que celle du Mexique, pourtant légendaire.
    Même les réserves de devises ont reculé, passant de 7 à 5 mois d'importations.
    Dynamisme du marché
    Que faire avec 811 Dollars par habitant? Les Polonais ont le double pour leurs provisions et les Argentins 6 fois plus.
    Commerce extérieur
    Du progrès. De faible, le Maroc passe à moyen-inférieur. En fait, ce sont les autres qui s'essoufflent.
    Les très classiques «termes de l'échange» se détériorent, c'est-à-dire que ce qui est exporté se vend plus cher, mais ce qui est importé est acheté encore plus cher. Au déficit structurel de la balance commerciale, les dragons d'Asie opposent leurs insolents excédents.
    Ressources humaines
    De beaux discours et beaucoup d'argent dans l'éducation. Mais les résultats sont mauvais.
    La main-d'oeuvre qualifiée fait défaut et le taux d'analphabétisme des femmes atteint le niveau record de 70%. La santé ne va pas si bien, pas mieux qu'en Inde. Dans ces conditions, il ne faut pas parler de productivité.
    Développement technologique
    L'infrastructure en équipements est bien faible, si l'on en juge par ce qui se passe dans les importations et les exportations. La R&D et les relations avec les universités relèvent de la science-fiction.
    Infrastructure physique et institutionnelle
    Beaucoup à faire en matière de justice qui est un «handicap de taille» à l'initiative privée. Pour l'électricité et les télécoms, le niveau d'équipement est faible, mais les chefs d'entreprise sont contents.

    Khalid BELYAZID


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