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    Europe

    Europe-Méditerranée : La région se recentre sur le développement durable

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    L'Europe et les pays méditerranéens mettent en place la Commission Méditerranéenne de Développement Durable, présidée par le ministre marocain de l'Environnement. Les travaux de cette commission s'inspireront des recommandations de l'Agenda 21 du PNUD.


    LE développement durable fait désormais partie des préoccupations officielles des pays du Bassin méditerranéen. Une vingtaine de pays(1) ont été représentés lors de la première réunion de la Commission Méditerranéenne de Développement Durable (CMDD) qui s'est tenue à Rabat du 16 au 18 décembre. M. Nourdine Benomar Alami, le ministre de l'Environnement, qui a présidé la réunion, a été élu à l'issue d'un vote à huis-clos président de la CMDD. Dans son intervention, le ministre a notamment déclaré que «le développement durable est un processus global et continu qui requiert une modification fondamentale de la manière dont nous abordons les problèmes». L'approche sectorielle doit laisser la place désormais à une attitude «davantage intégrée à l'ensemble du système» car le développement durable ne peut être réalisé aux dépens d'un segment de la société ou d'une région du monde.

    Depuis le Sommet de la Terre de Rio, plusieurs actions ont été entreprises. Néanmoins, «il faut reconnaître que les besoins étaient tellement grands que malgré les efforts déployés beaucoup reste à faire». Le bilan de ces cinq années, qui est prévu pour juin 1997, permettra d'avoir une réelle évaluation des efforts entrepris.
    Lors de la séance d'ouverture, M. Lucien Chabasson, le coordinateur du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE), a mis en valeur le rôle de la CMDD en tant qu'instance essentielle du Programme d'Action Méditerranéen (PAM) lancé en 1975. La Commission Méditerranéenne de Développement Durable apporte, selon M. Chabasson, trois nouveautés notables. En premier lieu, elle élargit les interventions à l'ensemble des problèmes environnemen-taux alors que seul le milieu marin était concerné. En deuxième lieu, elle abandonne la conception de l'environnement au sens strict pour intégrer toutes les autres variables du développement (social, économique, urbanistique, touristique) et se base pour ses démarches sur l'Agenda 21 adopté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

    Enfin, elle s'ouvre à d'autres acteurs tels que les ONG, censées avoir plus de place dans les actions de développement et de préservation de l'environnement. Il est à rappeler que l'Agenda 21 fait du partage de l'information et de l'expertise une nécessité fondamentale pour un développement durable. Un Réseau de Développement Durable (RDD) a été mis en place. Il est opérationnel dans 24 pays en Asie, Afrique et Amérique latine.
    L'idée de la CMDD a été évoquée lors d'une précédente rencontre à Tunis et adoptée à Montpellier en juin 1995. La Commission aura la charge de définir les champs d'action et déterminer les méthodes de travail. Elle constitue ainsi le complément des réformes entreprises par le PAM depuis deux ans en mettant en place de nouveaux protocoles, de nouvelles conventions et de nouveaux centres d'activité régionale. Pour le Maroc, une telle initiative constitue un appui sûr aux différentes actions entreprises ou prévues dans le cadre du Plan National pour l'Environnement (PANE). Elle devra renforcer également le Réseau de Développement Durable mis en place par le Ministère de l'Environnement.

    La réunion qui vient d'avoir lieu a révélé que les problèmes de développement durable ne concernent pas uniquement les pays en voie de développement. Tous les pays, y compris les plus développés, se retrouvent avec les mêmes préoccupations. D'autre part, derrière les signes apparents de la mondialisa-tion se cachent des tendances régionales qui incitent les pays à la méfiance. Pour l'Europe, il s'agit de protéger ses intérêts dans sa zone d'intervention privilégiée, la Méditerranée, espace qui reste encore plus géographique qu'économique.

    4,5 milliards de Dirhams par an


    LE coût de la Stratégie Nationale pour la Protection de l'Environnement et le Développement Durable est estimé à 4,6 milliards de Dirhams par an (prix de 1992), ce qui représente 1,9% du PIB. Ce montant est de six fois supérieur aux dépenses actuelles, alors que le coût de la dégradation est quant à lui évalué à 20 milliards de Dirhams par an.
    Toutefois, les avantages économiques de la stratégie sont estimés à 14,2 milliards de Dirhams par an, soit 5,9% du PIB.
    Ils représentent donc trois fois le coût. La stratégie est censée permettre à la croissance de se maintenir à un rythme annuel de 4% environ jusqu'en 2020 tout en préservant l'aspect environnemental.


    Hakim ARIF

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