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    Politique Internationale

    La chanteuse qui rend belle la tristesse

    · Cesaria Evora à Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:452 Le 26/02/1999 | Partager

    Plusieurs fois disque d'or, Cesaria Evora, la diva aux pieds nus, présentera, au grand bonheur des Casablancais, un concert au Cinéma Rialto les 12 et 13 mars. Un rendez-vous pour les nostalgiques de la voluptueuse "Sodade".

    D'un archipel aride qu'est celui du Cap-vert, le chant de Cesaria Evora résonne dans nos oreilles comme un hymne à la paix et à l'amour. Tantôt rythmé et joyeux, tantôt mélancolique, le chant de Cesaria Evora est toujours le même: sincère et dépouillé.
    Plusieurs fois Disque d'Or, la diva du Cap-vert présentera, au grand bonheur des Casablancais, un concert au Cinéma Rialto les 12 et 13 mars. Organisée par la jeune maison de production Hil'Art Productions, la soirée cap-verdienne promet un éclat particulier. Et pour cause, "si la voix d'Evora a fait craquer le monde entier avec ses mélodies à pleurer d'émotion, le public marocain n'en fera pas l'exception", assure M. Hakim Lahlou, directeur général de Hil'Art Production.
    Virées nocturnes et dérives chaleureuses de bar en bar, Cesario Evora a, durant plusieurs années, vécu chichement de la générosité des clients et des quelques subsides versés par la radio. Renonçant à cette fausse gloire qui ne lui rapportait pas un sou, Mme Evora s'est retirée en 1975 dans sa maison pour s'occuper de sa mère. Dix ans plus tard, la chanteuse réapparaît, lors de son invitation au Portugal en 1985 par l'Organisation des Femmes Cap-Verdiennes. Là-bas, elle a enregistré son premier album et devient la diva de toute la diaspora cap-verdienne.
    "Sodade", le disque est sorti en 1991. Et avec lui, c'est la consécration de cette "diva aux pieds nus" sur la scène internationale. Ainsi, à 50 ans, elle retrouve une seconde jeunesse prête à s'embarquer pour tous les voyages. "La destination Maroc sera toute aussi passionnante pour cette Cesaria que l'Amérique ou l'Europe où elle s'est déjà produite plusieurs fois", avance M. Lahlou.
    De façon significative, Cesaria n'a été reconnue au Cap-Vert qu'après l'avoir été massivement à l'étranger.
    Il a fallu que les Français, les Portugais et puis les Américains honorent cette fabuleuse interprète de la "morna", une mélodie lancinante et mélancolique, avant que les responsables de son pays ne daignent lui prêter attention.
    Mais la dame n'est pas seulement la frémissante chanteuse d'un blues insulaire. Loin d'être femme désespérée, elle possède du talent pour la légèreté, aime faire des blagues et cache un malicieux sourire au coin des lèvres.
    Avec sa voix et sa mélodie, Cesaria arrive à rendre belle la tristesse. Le secret est tout simple, elle chante avec sincérité et une voluptueuse nostalgie de sa misère et de sa faim. Mais aujourd'hui, le temps où son talent faisait le bonheur de quelques privilégiés dans les bars de "Mindelo" est révolu. Cesaria a définitivement franchi le cap des grandes espérances. Son histoire, en revanche, demeure façonnée par des allures de contes de fées racontant l'irrésistible ascension d'une chanteuse de bar, devenue la première femme africaine à vendre autant de disques à travers le monde: 50 albums.

    Hassan BOUCHACHIA

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