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Société

Journée internationale du handicapé
Un état des lieux encore navrant

Par L'Economiste | Edition N°:2164 Le 05/12/2005 | Partager

. Absence d’une stratégie claire du gouvernement . La société civile redouble ses efforts. A quand un cadre législatif?A la célébration de la journée internationale des personnes handicapées (3 décembre), la société civile s’agite. Encore une année qui passe et «rien n’a été fait pour améliorer les conditions de vie du handicapé au Maroc», constate amèrement Mohamed El Khadiri, président de l’Amical marocaine des handicapés (AMH). La population marocaine compterait pourtant plus de 5% des handicapés. Soit 1.530.000 personnes. C’est ce qu’ont révélé les résultats de l’enquête nationale sur le handicap(1), réalisée en 2004 par le secrétariat d’Etat chargé de la Famille grâce à un financement de l’Union européenne. Le chiffre est énorme. Et encore il est plus optimiste que celui annoncé par l’Organisation mondiale de la santé qui est de 7%, soit plus de 2 millions de handicapés. Au sein de la société civile, la gestion du dossier des handicapés ne satisfait plus. «On manque d’une stratégie globale et ponctuelle», explique El Khadiri ajoutant que, «mieux que des actions saisonnières seulement efficaces à court terme, il faudrait envisager des solutions définitives». Houda, jeune fille de 24 ans, a perdu l’usage de ses jambes après un accident de circulation. Elle confie ses inquiétudes et celles d’une grande majorité des handicapés qu’elle rencontre au sein de l’association dont elle fait partie. «On a peur que les gens nous oublient», dit la jeune fille qui est loin de partager l’optimisme des campagnes de sensibilisation. Celles-ci laissent croire à une large mobilisation autour du dossier des handicapés alors «qu’il n’en est rien». «Les gens vont se lasser des appels aux dons. A la longue, ils vont croire qu’ils ne font que verser de l’eau dans le sable car aucun résultat n’est visible», se plaint-elle. A l’AMH, cette manière de procéder est à peine supportable. «Il n’y a pas de volonté claire pour placer ce dossier dans un cadre légal», reproche El Khadiri. «Le discours adopté au Maroc est plutôt misérabiliste. C’est un discours qui parle plus de charité que de droit», explique-t-il. Actuellement, refusant de croiser les bras, l’association travaille sur une campagne de communication qu’elle a réalisée par ses propres moyens et grâce à son propre relationnel. L’objectif en est de livrer les bons messages. En clair, faire comprendre au plus large public possible que des solutions existent. Que le handicap n’est pas insurmontable. Grosso modo, trois revendications principales ressortent: l’adoption d’un cadre juridique se référant aux conventions internationales, la création d’un fonds de soutien permanent et enfin la création d’un organe de coordination national gérant les relations des différents intervenants dans le dossier (gouvernement, ONG, organismes internationaux, population concernée…).Il faut dire que le discours des associations se trouve d’autant plus justifié qu’il est concret et réfléchi au lieu d’être uniquement revendicatif. «Il faut commencer à travailler sur l’existant, propose El Khadiri. Nous disposons des structures de base, il suffit d’en donner accès aux handicapés». Il est question, entre autres, d’enseignement (prévoir des classes intégrées et des classes spéciales pour les handicapés, des manuels pour les non-voyants…), de santé (rééducation, traitement, couverture sociale…).Une fois de telles revendications acquises, la société civile pourra se pencher sur des problèmes qui, actuellement, ont l’air marginaux. Des mentalités rétrogrades notamment, des familles honteuses de leurs membres handicapés croyant à une malédiction du ciel.


Chiffres

Les chiffres concernant la situation du handicap au Maroc manquaient terriblement. Ce qui ne laissait d’autre choix que de se rabattre sur les estimations de l’OMS qui supposait que chaque population comptait 7% de personnes handicapées. En 2004, l’enquête nationale sur le handicap est venue combler ce vide statistique. Elle a présenté le taux de 5,12%. Des détails comme la répartition par sexe et géographique de cette catégorie, ses caractéristiques sociales… ont également été livrés. Un souci cependant: l’enquête n’a ciblé qu’un échantillon réduit de la population: 54.000 personnes dans les milieux rural et urbain. Ce qui a révolté quelques acteurs de la société civile concernant cette enquête, c’est que ces résultats soient donnés comme sûrs et exacts alors que toute enquête basée sur l’échantillonnage reste approximative. Enfin, le recensement général de la population n’a rien fait pour rectifier le tir et donner les bons chiffres. Suivant la logique, pas de chiffres exacts pas de stratégie efficace, il est clair qu’on n’est pas sorti de l’auberge.


Un cadre de droit

Le travail de l’AMH est axé actuellement sur la confection d’une proposition de loi à même de cerner le problème du handicap au Maroc. Après avoir mené une étude de la législation marocaine concernant les handicapés grâce à un financement de 24.000 dollars de l’ambassade américaine, c’est actuellement sur la finalisation d’un cadre de droit que travaille l’association. Le soutien vient, cette fois-ci, du programme d’appui aux associations de l’Union européenne qui a débloqué une enveloppe de 1 million de DH pour la réalisation du projet. A signaler qu’à l’heure actuelle, le Maroc stagne sur le plan législatif. Seulement deux textes existent. Et ils ne s’intéressent qu’à des catégories distinctes de handicap: la loi sur la protection des aveugles de 1981, la loi relative à la protection sociale des personnes handicapées de 1992. Le décret d’application des deux lois est venu 5 ans après en 1997. Depuis, les lois brillent par leur absence.Ichrak MOUBSIT-----------------------------------------------------------------------------(1) Enquête réalisée avec l’assistance technique du consortium français CREDES/Handicap international.

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