×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

On jette le poulpe en mer

Par L'Economiste | Edition N°:1987 Le 28/03/2005 | Partager

. Des capitaines de navire accusés de dépassement de leurs quotas . Des quantités de poulpe sacrifiées pour d’autres à forte valeur commerciale La stratégie de Tayeb Ghafès, ex-ministre de la pêche, n’en finit pas de faire parler d’elle. Cette fois-ci, c’est le système du quota individuel qui est mis à l’index. Les délégations de la pêche dans les provinces du sud ont reçu dernièrement des plaintes provenant d’officiers et de marins où il est question de quantités considérables de poulpe jetées en mer par des capitaines de bord étrangers. L’affaire éclate alors que la période de pêche poulpière tend vers sa fin à l’issue de ce mois de mars 2005. Elle a débuté le 16 décembre 2004 après 8 mois et demi d’arrêt biologique. Les navires de la pêche hauturière ramènent leurs prises après avoir passé plus de deux mois en mer entre Boujdour et Lagouira, zone officielle de pêche poulpière. Rappelons que la stratégie de Ghafès avait décidé un quota global de 50.000 tonnes de poulpe réparti sur les trois types de pêcheries, hauturière (63% du quota), côtière (11%) et artisanale, 26%. Pour plus de détail, le quota alloué à chaque type de pêcherie a été dispatché sous forme de quota individuel pour chaque unité de pêche. Par exemple, un navire qui a une puissance de moteur de 550 à 1.400 ch est doté d’un quota de 53 tonnes. Chaque navire ayant atteint son quota devra accoster pour peser ses prises au niveau des différentes délégations de la pêche. Or, il s’est avéré sur la base de témoignages et plaintes de marins marocains outrés par les agissements de leurs employeurs, que ces derniers dépassaient le quota individuel et s’adonnaient à des opérations de tri pour ne garder que les quantités à forte valeur commerciale. Des tonnes de poulpe sont alors jetées en mer. Faut-il préciser que le poulpe pêché est systématiquement éviscéré pour son conditionnement mais aussi pour gagner en poids. Ce qui laisse entendre que les quantités sacrifiées ne servent plus à rien. “Il y a même des quantités de poulpe qui répondent au dimensionnement normal et qui sont sacrifiées et remplacées par d’autres à meilleure valeur ajoutée”, nous confie un officier de bord sous couvert d’anonymat. Moralité: le quota de 50.000 tonnes se trouve largement dépassé et la préservation de la ressource fortement remise en question. Préserver la ressource est une expression qui revenait souvent dans les propos de Ghafès. Elle a servi de cheval de bataille pour la mise en application de sa politique. Pour les spécialistes, “la stratégie de l’ex-ministre de la Pêche n’a pas prévu des mesures de contrôle en mer”. Certes, le système des contrôleurs a bel et bien fonctionné au temps de l’accord de pêche avec l’UE. Cette dernière se chargeait de la rémunération des agents de contrôle en navire. Il n’en reste pas moins que ce système reste coûteux pour l’Etat. Il y a 300 navires qui pêchent le poulpe. Il n’est donc pas évident de mettre sur chacun un contrôleur. Mais les observateurs ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, le système du quota individuel est appliqué dans des pays comme l’Irlande ou le Canada. “Mais ces derniers accompagnent leur politique par des mesures de contrôle et d’accompagnement malgré les surcoûts que cela sous-tend”. Pour tirer cette affaire de poulpe sacrifié au clair, plusieurs intervenants dans le secteur appellent à l’ouverture d’une enquête.


Le poisson politique

Maintenant que la pêche est noyée dans un grand ministère, celui de l’Agriculture, il est devenu moins évident de réagir efficacement à ses couacs. Les professionnels se plaignent de l’absence d’interlocuteurs. Quant aux observateurs, ils s’attendent à ce qu’il y ait encore des ratages et erreurs d’appréciation, “comme au temps de Ghafès”. Le poulpe, cette ressource à grande valeur ajoutée, convoitée par les armateurs, a peut-être fait de l’ombre sur les problématiques que posent d’autres types de pêcherie. Ces derniers ont joué un rôle politique d’alternatives lors de la grande crise liée à l’épuisement du poulpe.Mostafa BENTAK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc