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Jeans : Une forte reprise attendue sur toute la filière

Par L'Economiste | Edition N°:153 Le 10/11/1994 | Partager

Le jeans marocain cherche à s'imposer sur le marché mondial, et son activité est de plus en plus intégrée. Appartenant au patrimoine culturel de la mode, le jeans a un passé et constitue un phénomène de société.

La branche du jeans au Maroc semble évoluer favorablement, d'autant plus qu'elle est actuellement intégrée à 60%. Trois grandes unités (Setavex, Icoma et Nascotex) fournissent localement la matière première, soit une production annuelle de 24 millions de mètres de tissus de jeans par an.

Le reste des besoins en cette matière est couvert par les importations: entre 16 et 20 millions de mètres de tissu par an. La communauté des "jeaners" comprend aussi les délaveurs, une quinzaine d'entreprises, et les confectionneurs, une cinquantaine de sociétés, dont une douzaine équipées pour leur propre délavage. Parmi les confectionneurs, certaines entreprises sont spécialisées uniquement dans la coupe et la confection du jeans; pour d'autres, la production du jeans fait partie de celle d'une gamme d'articles.

L'industrie du jeans est de plus en plus tournée vers l'exportation, les clients étant généralement de grands distributeurs ou des succursalistes européens. Une des plus importantes entreprises, filiale d'une société américaine, travaillant à 100% pour les marchés à l'export (80% vers les Etats-Unis et 20% vers l'Europe) importe 80% de son tissu d'Extrême-Orient et utilise 20% du marché local. Le prix du tissu de jeans asiatique se situe entre 2,50 et 3,20 Dollars, celui du Maroc, plus cher, se chiffre à 3,5 Dollars. Si les prix de revient du tissu n'atteignent pas les premiers rangs de la compétitivité, sa qualité s'améliore sensiblement, de l'avis d'un confectionneur. Quant au prix du jeans produit fini réalisé au Maroc, il ne diffère pas beaucoup de l'équivalent asiatique: autour des 30 FF pour le jeans enfant, 42 à 43 FF pour le jeans homme, 38 FF pour le jeans femme.

Tendance au basique

L'industrie du jeans est une activité jeune, en plein développement. Le jeans est généralement un produit cyclique, avec des années de pointe et des années plus creuses, expliquent les professionnels. Si au cours des cinq dernières années se sont accumulés des stockages de produits finis dans le monde, les stocks sont aujourd'hui réduits à zéro. D'après l'AMITH, la plupart des professionnels de la branche prévoient de doubler leur production d'ici l'année prochaine, de manière à pouvoir répondre à une forte demande.

Les problèmes de cette branche se confondent avec ceux de la confection en général. Ils sont liés à l'organisation interne et à la formation du personnel. Il faut ajouter à cela la non-maîtrise des coûts et le souci de la qualité. Le souhait des membres de la communauté des jeaners est de s'entendre sur une stratégie commune pour faire face à la concurrence étrangère.

La tendance cette année est au jean basique, le western à 5 poches, dans des tons très sombres et sans fantaisie.

Le jeans n'est pas seulement un des plus gros "canons" de la mode, il est aussi un véritable phénomène de société. Il doit son succès à une certaine évolution des moeurs. Résistant, durable, universel, il exprime un choix pour une liberté de confort, avec une certaine connotation sexy et vigoureuse. Mais le jeans a un passé qui remonte au 18ème siècle. En effet, les tissus jean (sans s) et denim remonteraient, en Amérique, à 1750, le premier vêtement coupé dans du denim à 1792. En France, dès la fin du 18ème siècle, des redingotes auraient été taillées dans une étoffe comparable au denim.

Au sommet de la hiérarchie

Au 20ème siècle, le jeans (avec un s) désigne un pantalon de forme précise coupé exclusivement dans du denim. Le denim est un sergé de coton dont les fils de chaîne bleus et non teints à coeur s'entrecroisent avec des fils de trame écrus. Cette combinaison miracle permet le processus naturel et progressif de son délavage, et lui confère son bleu abstrait.

Au début de l'après-guerre le jeans représentait une sorte de code social d'un sujet révolté, en quête d'un autre ordre social. Bientôt le jeans fut sacralisé par un acteur mythique au regard renfrogné, James Dean, ce qui lui assurera une ascension au sommet de la hiérarchie de la mode et lui donnera une nouvelle dimension, universelle. Ensuite, très vite, il devient autant le vêtement du marginal que de celui qui a trouvé sa place dans la société, l'habit de l'artiste comme celui de l'homme pragmatique et actif, et dans les dernières années il entre dans le style BCBG, marié à des chemises en soie ou des vestes en cachemire. Il obéit aussi à des impératifs de la société de consommation, mais bien plus, il est l'expression de mouvements internes et profonds des foules.

B.L.

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