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Affaires

Ismaïl Douiri, une grande modestie qui cache de grandes ambitions

Par L'Economiste | Edition N°:1149 Le 22/11/2001 | Partager

. Depuis son départ de CFG, Ismaïl Douiri a vécu des expériences courtes mais intenses à l'étranger. De retour au pays, il monte une start-up et suit de près la scène politiqueSérieux, courtois, réservé, à la limite de l'austérité, Ismaïl Douiri a tout d'un fils de «bonne famille«. Ceux qui ne le connaissent pas peuvent y voir une façon de garder ses distances. En fait, derrière cette apparence, se cache un être chaleureux et sociable.Ce jeune manager de 31 ans bardé de diplômes est travailleur et ambitieux. Mais c'est sa modestie qui impressionne le plus. De sa personnalité transparaît la rigueur de son éducation. Avec un père polytechnicien, haut responsable politique et ex-ministre et une mère cultivée et versée dans le monde du livre (elle détient l'une des plus grandes librairies de Rabat), l'ambiance a dû être studieuse à la maison. En tous cas, il tient de son père sa passion pour la politique. Une ambition que le jeune Douiri prend tout aussi au sérieux que sa carrière professionnelle. Faire de la politique au sens où il l'entend n'est pas une cure de jouvence. Bien au contraire, il faut une bonne dose de courage pour embrasser une carrière politique et en accepter les risques. Il se dit prêt à prendre le temps nécessaire pour aiguiser ses armes avant de se jeter à l'eau.Cadet d'une famille d'intellectuels nantis, sa vie est très tôt imprégnée par le goût de l'effort. Même ses hobbies requièrent travail et discipline. Il joue du piano et s'adonne au chant choral. Mais pour se dépenser, Ismaïl pratique volontiers la natation et le ski nautique.Tout son cursus est marqué par la quête de l'excellence.Il fréquente les grandes écoles françaises, mais il fait ses premières armes dans un lycée marocain, Dar Essalam à Rabat. Une manière sans doute pour ses parents de le tenir proche de la réalité. Pour mettre le maximum de chances de son côté, le jeune Douiri est envoyé à Paris afin de clore son cycle secondaire au Lycée Louis-Le-Grand.Suivant les traces de son père, il se prépare à rejoindre la prestigieuse école française Polytechnique.Brillant élève, il est classé premier parmi les étrangers et troisième au classement général au concours d'entrée. Il n'affiche par pour autant une fierté démesurée en évoquant cette performance. Là encore, sa modestie prend le dessus et l'empêche de se présenter comme quelqu'un d'exceptionnel. Pour lui, c'est simplement le fruit d'un travail acharné.Toujours aussi studieux, il décroche sans grande difficulté son diplôme d'ingénieur télécoms à l'âge de 22 ans. Il s'envole aussitôt pour les Etats-Unis pour rejoindre l'équipe d'ingénieurs ayant développé le projet de contrôle du trafic aérien civil marocain chez Westinghouse Electric Corporation à Baltimore. L'année suivante, il est nommé chef de projet à Westinghouse Morocco et est chargé de l'installation du système de contrôle d'un coût total de 20 millions de dollars. De ce premier contact avec le monde du travail, il gardera un souvenir mitigé.Il apprendra à cette occasion à ne plus se laisser guider dans la gestion de sa carrière par le prestige, l'image, voire la rémunération, mais par la nature précise des tâches, le rôle à exercer ou les responsabilités à assumer.En 1994, il devient membre du comité de direction de la jeune banque d'affaires CFG dont son frère aîné Adil est cofondateur. Durant les quatre années qui suivront, il mènera de front deux missions: la Recherche et les systèmes d'information.En fait, Ismaïl intègre une équipe jeune et solidaire. Travailler dans une ambiance dynamique mais non dénuée de chaleur humaine, «c'est l'idéal pour donner le meilleur de soi-même«. Mais là aussi, au bout de quatre ans de travail acharné et de résultats honorables, il estime qu'il doit changer de cap. Il s'envole alors pour Harvard avec une bourse Fulbright en poche. Celle-ci ne couvrira que 50% de ses besoins et c'est déjà une chance, confie-t-il. «Je rends hommage à mes parents et à Othman Benjelloun qui m'ont permis de réaliser un tel rêve«.Là, il se consacrera à un MBA. Pour lui, il était urgent de compléter sa formation d'ingénieur. Il évoque ce pan de sa vie avec une pointe de nostalgie. C'est surtout l'originalité de l'enseignement qui le marquera.Le programme portait sur la discussion de près de 900 cas d'entreprises, le but étant de participer au débat et de convaincre.Il bouclera une fois de plus son cursus avec les honneurs en décrochant la mention High Distinction.A Harvard même, il sera approché par la prestigieuse banque d'affaires Morgan Stanley. Et le voilà embarqué dans une nouvelle expérience pour relever de nouveaux challenges. «Ce sera incontestablement l'expérience la plus intense de ma vie«. Il évoque l'ambiance londonnienne, l'esprit de concurrence, les moments de grande solitude et le rythme fou des jeunes loups de la finance. Il y restera six mois. Un séjour court mais riche en enseignements. De retour au pays, Ismaïl est décidé à voler de ses propres ailes. Il comprend que pour évoluer, il faut être maître à bord. Son projet, vague au départ, se précise au fur et à mesure qu'il échange des idées avec ses amis, Ali Ben Brahim en l'occurrence. Il mettra également à contribution son réseau de Harvard et de Londres pour monter le projet. Dial Technologies voit le jour en août 2000 avec un capital initial de 2 millions de DH qui sera porté à 2,857 millions. Dans le tour de table, figurent aux côtés des deux amis fondateurs (Douiri et Ben Brahim), le partenaire chinois Intrinsic Technology, des business angels et un fonds de capital risque, CFG Développement. Intrinsic a fourni des logiciels informatiques en échange de prises de participation. Mais les deux managers ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Ils sont aujourd'hui sur le point de procéder à une seconde augmentation de capital en élargissant le cercle des actionnaires à d'autres opérateurs étrangers pour favoriser un transfert de savoir-faire.L'objectif d'Ismaïl? Amener la technologie à ceux qui n'y ont pas accès ou qui n'auront jamais les moyens de s'offrir un ordinateur. Aujourd'hui, ses efforts visent à transformer le téléphone mobile en un véritable média. Pour relever ce nouveau challenge, il sait que la motivation de son équipe est essentielle. Il n'hésite pas à mettre en place un système de compensation souple basé sur les stock-options... en attendant une introduction en bourse.Le défi est grand tant le marché est embryonnaire. Il faut s'armer de patience et il en est bien conscient. «J'ai appris à m'adapter à l'environnement et à ses contraintes«. Surprenant, compte tenu de l'envergure du jeune homme. En fait, tout est clair dans sa tête. «Il faut changer les choses mais sans heurter les mentalités«. C'est un travail de longue haleine mais qui ne le rebute pas. Ismaïl Douiri avoue qu'il n'y a rien de pire que la résignation à la médiocrité.


Mes six mois chez Morgan Stanley

C'est poussé à la limite qu'on donne le meilleur de soi-même«. Bien sûr, Ismaïl Douiri refuse l'esclavage, mais il est convaincu que la pression telle qu'il l'a vécue chez Morgan Stanley a du bon. Elle met à l'épreuve l'endurance et forge le caractère. Il a travaillé sur plusieurs projets de financement et de fusions-acquisitions dans le secteur des télécommunications en Europe et aux Etats-Unis. Il en a parfois mené plusieurs de front, quittant les bureaux de la banque d'affaires londonnienne à 3 heures du matin pour sauter dans le premier avion à 5 heures! Pourtant, et aussi surprenant que cela puisse paraître, cette expérience lui a profité plus sur le plan personnel que professionnel. Côté technique, il affirme sans complexe: «Hormis les moyens colossaux mis à la disposition des cadres, les exigences en termes de qualité et le niveau du savoir-faire chez Morgan Stanley sont similaires à ceux de CFG«. Il va même plus loin. «Ce n'est pas du tout la mécanique parfaite que l'on s'imagine«. L'on relève alors une pointe de déception quand il avoue que l'improvisation et le manque d'approfondissement des dossiers ont encore souvent la part belle chez les jeunes loups de la City.En revanche, sur le plan émotionnel, Ismaïl reconnaît que ces six mois sont les plus intenses de sa vie. «L'enseignement que j'en tire relève plus de l'émotionnel et de l'inconscient que du formel«. Aller vite et droit à l'essentiel et accepter les imperfections. Trois réflexes qui lui serviront au moment du montage de Dial Technologies. Mouna KABLY

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