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Economie

Industrie agroalimentaire
Les opérateurs dénoncent les couacs de la mise à niveau

Par L'Economiste | Edition N°:1948 Le 31/01/2005 | Partager

. Les canaux de financement ne fonctionnent pas. Les PME n’accèdent pas aux ressources longues. Résultats de l’enquête de la FenagriL’industrie agroalimentaire, tout comme celle du cuir ou de l’automobile, va bénéficier d’un programme d’actions prioritaires à partir de cette année. Le ministère du Commerce et de l’Industrie a décidé d’adopter la même démarche à l’ensemble des secteurs productifs, en impliquant les opérateurs. Le temps presse avec l’entrée en vigueur prochaine des différents accords de libre-échange et le démantèlement douanier. L’initiative peut même paraître un peu tardive. Mais Fathallah Oualalou, ministre des Finances, n’a-t-il pas affirmé lors de son intervention à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) le 19 janvier, «qu’on ne travaille mieux et bien que sous les feux de l’urgence»?Quoi qu’il en soit, la mise au point d’un plan d’action est bien perçue par les chefs d’entreprise. Elle est censée se traduire par un suivi des chantiers qui seront lancés de façon ciblée. En fait, la nouveauté de la démarche du ministère résidera dans la sélection commune des priorités et la structuration des actions en accord avec les industriels.Le processus a été lancé le 24 janvier lors d’une première réunion. D’autres rencontres sont prévues dans les prochaines semaines pour arrêter les actions prioritaires.Pour déblayer le terrain, la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI) avait commandé une enquête en mai 2004 auprès du cabinet conseil International Tax and Legal Consulting (ITLC). L’objectif de la mission est de déterminer les raisons des difficultés des entreprises du secteur à mener à bien leur mise à niveau. L’enquête confirme que le principal goulot d’étranglement se situe au niveau du financement.Premier constat: toutes les entreprises du secteur agroalimentaire sont préoccupées par leur mise à niveau même si la perception de l’urgence varie d’une structure à l’autre. L’enquête fait ressortir deux catégories parmi les PME interrogées. L’une exprime un besoin marqué pour le crédit de fonctionnement (crédits fournisseurs et court terme) et l’autre pour les ressources plus longues. Cependant, 38% des entreprises exprimant un besoin de financement stable se résignent à utiliser soit des ressources à court terme, soit des modes de financement informels, notamment les avances fournisseurs. «Cette pratique est liée en partie par la méconnaissance des sources de financements alternatifs (capital-risque et fonds de mise à niveau par exemple)», affirment les experts. Ce qui explique que seuls 15% des patrons interrogés ont eu accès à ces sources. Plus précisément, les fonds de mise à niveau ont bénéficié à seulement 6% de l’échantillon. Le capital-risque, les lignes de crédits étrangers et les fonds de coopération ont chacun financé respectivement 3% des PME sondées. Les raisons invoquées par les chefs d’entreprise? En premier lieu, l’aversion des banques à débloquer des crédits à long terme. D’ailleurs, 66% des entreprises interrogées affirment recourir au financement à court terme via des avances fournisseurs et 56% d’entre elles contractent des crédits commerciaux classiques. Quant au financement à long terme destiné à l’acquisition d’actifs, il se fait essentiellement par augmentation de fonds propres et crédit-bail. En second lieu, la réticence des banquiers à informer la clientèle éligible sur les moyens alternatifs de financement à long terme. Ainsi, seulement 28% de l’échantillon affirment disposer d’informations suffisantes sur ces canaux. Les associations professionnelles font mieux que les banques sur ce registre. «Elles semblent constituer un véritable rempart contre le mutisme bancaire puisqu’elles ont sensibilisé 34% des entreprises». Face à ce climat de réticence et alors que les échéances approchent, 56% des PME se disent découragées par la complexité des démarches. Seules 9% des entreprises du panel ont reçu une réponse favorable à leur demande et se sont engagées sur des financements alternatifs. Le taux d’échec des entreprises candidates trop élevé (86%) aggrave le climat de découragement. Sans oublier la complexité de la procédure et la longueur des délais de réponse (66 jours en moyenne).


L’échantillon de l’enquête

Un questionnaire a été adressé à un échantillon d’entreprises sélectionnées à partir du fichier de la Fenagri. Au total, 32 entreprises ont répondu à l’appel et les enquêteurs ont mené un entretien approfondi avec 15 entreprises agroalimentaires. Objectif: collecter des informations sur les conditions de production et de management ainsi que sur les difficultés de financement. Parmi ces entités, 12 sont désignées comme des entreprises-pilotes du secteur.Le sondage a également concerné 7 banques commerciales, 2 organismes de garantie et 2 fonds étrangers.


La réplique des banquiers

. Ils confirment les difficultés de financement des PME. Dossiers incomplets, manque de transparence.... Les banquiers préconisent un système d’accompagnementL’un des constats majeurs des enquêteurs mandatés par la fédération de l’industrie agroalimentaire concerne le relatif désintérêt des banques et des fonds de garantie pour le financement de la mise à niveau. Ils avancent pour preuve que seuls 31% des organismes interrogés disposent d’une stratégie spécifique de sensibilisation des PME aux produits alternatifs comme les fonds de mise à niveau, le capital-risque, les lignes de crédits étrangers ou les fonds de coopération. De plus, seules 23% des banques disposent d’un service dédié à l’industrie agro- alimentaire. Ce qui explique que les relations avec les entreprises de ce secteur sont jugées plutôt difficiles par les banquiers. Parmi les arguments avancés par ces derniers, l’incompétence des dirigeants, les risques d’arrêt de l’activité ou encore l’opacité des comptes. «Ces trois réalités justifient le mauvais rating du risque de ces entreprises», expliquent les rédacteurs du rapport.Ce qui explique aussi que le volume des crédits octroyés aux PME agro- alimentaires ne couvre pas plus de la moitié de leurs besoins. D’ailleurs, les banquiers interrogés le reconnaissent eux-mêmes. «Ce qui pourrait témoigner d’une certaine prise de conscience des enjeux de la croissance dans ce secteur», pronostiquent les experts du cabinet conseil International Tax and Legal Consulting.Dans les faits, le nombre de rejets des dossiers de crédit reste incontestablement élevé. A elles seules, les entreprises agroalimentaires ont essuyé 22% du nombre total de refus cumulés par l’ensemble des secteurs industriels.Concernant le taux de refus, la perception des PME et des banques est diamétralement opposée. Pour les premières, celui-ci caracole à 84% des dossiers de financement alternatif. Pour les secondes, le taux ne dépasse guère les 26%. «Cette différence s’explique par la nature des financements demandés (forte demande de crédits commerciaux) et par la taille des entreprises». En clair, les grandes entreprises sont mieux loties que leurs consoeurs à la taille plus modeste. Une caractéristique commune à l’ensemble des secteurs.L’un des motifs les plus fréquents de refus du dossier de financement a trait au non-respect des conditions d’éligibilité. Derrière cette mention générale, l’insuffisance de la solvabilité est citée en premier lieu (par 54% des institutions sondées). Viennent ensuite les dossiers incomplets (38%), l’insuffisance de garantie (23%) et le manque de transparence (23%). «Or ces trois handicaps ne sont pas de nature structurelle et un engagement plus franc des banques peut contribuer à les dépasser», est-il relevé. En attendant, l’absence de garanties suffisantes demeure l’argument déterminant dans la prise de décision des banques. Ainsi, 38% d’entre elles le citent comme condition d’éligibilité qui disqualifie la majorité des entreprises candidates.Pour autant, les banques estiment être suffisamment engagées dans le processus de la mise à niveau. L’argument avancé par les 6 institutions sondées a trait aux actions de sensibilisation initiées à l’échelle régionale. Cependant, si le feed-back est peu palpable, cela tient au manque de transparence des entreprises agro- alimentaires et de visibilité stratégique. Les banquiers dénoncent également la faiblesse du taux d’encadrement. «Par conséquent, les demandes de crédits sont formulées à la hâte et les dossiers présentés sont incomplets». Certains d’entre eux affirment que les PME du secteur sont pour la plupart sur-endettées.Quant aux gestionnaires de fonds de garantie, ils dénoncent 3 maux principaux: le manque de visibilité à moyen et long termes, la mauvaise perception du rôle des caisses de garantie et l’absence d’un accompagnement par des experts qualifiés pour le montage des dossiers.


Le point de vue de Bank Al-Maghrib

De son côté, l’Institut d’émission reconnaît que les PME sont confrontées à de gros problèmes de financement en dépit de la mobilisation des pouvoirs publics.Cela tient tout d’abord à l’hétérogénéité du secteur agroalimentaire. Celui-ci est composé, d’une part, des grandes entreprises qui profitent pleinement des instruments de la mise à niveau. D’autre part, l’on trouve des entités potentiellement viables à condition qu’elles entament leur restructuration. Reste les unités sur-endettées et non-viables pour lesquelles l’on ne peut rien. «En définitive, la mise à niveau est nécessaire, mais elle ne peut s’appliquer qu’à un seul type d’entreprises minoritaires».La frilosité des banques est aussi liée à l’absence de transparence des PME. Elle s’explique par le manque d’ouverture du capital des sociétés et la prédominance des entreprises familiales. «D’où la confusion entre patrimoines des personnes morales et physiques». Ce manque d’ouverture serait d’ailleurs à l’origine du resserrement des garanties et du renchérissement du coût du crédit. Elle rend difficile l’évaluation des besoins réels de l’entreprise et nourrit le cercle vicieux. Mouna KABLY

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