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    Guemassa: Lorsque la mine développe de nouveaux métiers

    Par L'Economiste | Edition N°:2663 Le 30/11/2007 | Partager

    . De la valorisation pour soutenir les mines. Reminex, fer de lance du pôle minier de l’ONA. 8% du CA dans la recherche et développementDANS chaque batterie d’un portable, il y a 6 grammes d’oxyde de cobalt. Actuellement, le marché des mobiles marocains en consomme 90 tonnes. «C’est dire le potentiel du marché qui nous attend», commente Ismaël Akalay, DG de l’hydrométallurgie et de la recherche et développement du site minier de Guemassa, filiale de Managem (pôle minier de l’ONA). Car, dans ce site, on en produit. Dans le domaine de l’hydrométallurgie, Managem s’est spécialisée dans le traitement de matières complexes et dans la production des cathodes de cobalt et de spécialités chimiques à forte valeur ajoutée comme l’oxyde de zinc, le sulfate de cuivre, le sulfate de nickel et le trioxyde d’arsenic. A 30 km de Marrakech, au beau milieu des montagnes de l’Atlas, on est loin de se douter que quelque 1.800 personnes travaillent sur un site minier de 200 ha. On est loin aussi d’imaginer que le site de Guemassa, filiale de Managem, assure deux principales activités: l’exploitation minière et l’hydrométallurgie. Celle-ci est assurée par CTT Guemassa, société en charge de la gestion de l’ensemble des activités hydrométallurgiques du groupe. Elle gère cinq unités opérationnelles spécialisées dans la production des cathodes de cobalt, du sulfate de cuivre, du sulfate de nickel et de l’oxyde de zinc. Unités qui se chargent de la valorisation des mines. Elle travaille en étroite collaboration avec Reminex, centre de recherche du groupe, racheté en 1986 par le pôle minier de l’ONA. Avec plus de 120 chercheurs, géologues, ingénieurs et techniciens, ce centre est au cœur de tous les projets d’exploration, de valorisation et d’ingénierie de Managem.Surprenant ce qu’on peut faire et produire grâce aux différentes utilisations des produits transformés. Le groupe fait de l’intégration en aval et commence à concurrencer ses propres clients via une nouvelle chaîne de valeur qu’il a créée. «C’est une nouvelle logique de métiers créé en parallèle à la mine et un challenge de taille», explique le DG de l’hydrométallurgie. Une stratégie finement déployée, surtout que Managem avait subi les contrecoups de la fluctuation du dollar et des cours internationaux de matières premières. Le plus important était «de ne pas plier». L’hydrométallurgie a permis au Maroc de faire une percée de taille au niveau mondial pour les cathodes de cobalt. Le Royaume fait partie du «club très restreint» des premiers producteurs mondiaux. Les procédés utilisés sont le fruit de plusieurs années de recherche nationale et d’investissement aussi.C’est ainsi que l’extension de l’unité de transformation de l’oxyde de cobalt, entreprise en 2004 et qui a nécessité plus de 100 millions de DH d’investissement, pèse maintenant sur le marché international. Sa production actuelle est de 685 tonnes, mais «peut aller plus loin». Car les perspectives paraissent bonnes. A titre d’exemple, les voitures hybrides nécessiteront 4 kilos de cobalt par véhicule. Pour rappel, Toyota a déjà annoncé le démarrage de la construction de ces voitures en 2010.Autre produit transformé sur le site, l’hydroxyde du nickel, une matière utilisée dans les chaînes de plastique, le chrome et également pour les batteries des voitures hybrides. Pour ce marché très porteur, l’unité de transformation de Guemassa y produit 400 tonnes par an.«Il existe deux moyens pour faire face à la fin d’un gisement: développer les moyens de production et intégrer de nouveaux métiers. C’est ce que nous faisons à Guemassa. Avec nos installations d’hydrométallurgie, nous arrivons à extraire des métaux par voie hydrique. Le résultat est l’obtention des métaux raffinés. Des métiers qui ne nécessitent pas forcément de disposer d’un gisement», indique Akalay. «En achetant du concentré de cobalt, de n’importe quel pays producteur, nous le transformons en cobalt pur à forte valeur ajoutée. Idem pour le nickel ou encore le zinc», ajoute-t-il.Le plus est que tous les procédés sont faits maison au sein du centre de recherche Reminex. Il aura fallu parfois beaucoup de patience et plusieurs procédés pour que ce centre racheté par l’ONA «comme une coquille vide», devienne centre de richesse. 20 ans plus tard, il devient le fer de lance de l’activité minière, chargé de développer de nouveaux procédés pour le groupe Managem. 8% du CA du pôle y sont injectés annuellement. De fait, le centre dispose des dernières innovations en matière de technologie analytique notamment. En plus de la recherche et du développement, il opère dans les domaines de l’analyse, de la caractérisation minéralogique et de l’environnement. «Aujourd’hui, le centre de recherche génère 150 millions de DH dans les résultats du pôle». Il a mis en place un procédé pour extraire l’or des minerais qui intéresse le bijoutier irlandais Galantas. Un contrat de partenariat est en cours.


    De la calamine à Taza

    Autre produit dérivé transformé dans le site de Guemassa, l’oxyde de zinc, utilisé dans l’industrie de céramique, dans les produits de beauté (crème et écran solaire). Le site de Guemassa est aujourd’hui un des premiers producteurs de l’oxyde de zinc, extrait de la calamine. Trois petites mines (Bouarfa, Rachidia et Azilal) lui fournissent la matière première. Une quatrième va ouvrir ses portes à Taza. «Grâce à la mobilisation totale de Taza, autorités comprises, nous avons pu accélérer l’ouverture de la mine Irhefker à Taza», annonce Akalay. Ce petit site équipé des dernières technologies pour l’extraction va employer 100 personnes. Et pour y accéder, il a fallu aussi désenclaver le village et ouvrir des pistes. La mine démarrera ses activités dans les semaines qui viennent.Badra BERRISSOULE

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