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Economie

Gestion du patrimoine culturel
«Je suis choqué que le classement soit considéré comme une dévalorisation»

Par L'Economiste | Edition N°:1770 Le 18/05/2004 | Partager

. Le ministre de la Culture, Mohamed Al Achaâri, attire l’attention sur l’effondrement organisé des bâtiments classés. Un bâtiment du 19e siècle n’est pas une propriété immobilière ordinaire. Casablanca a besoin d’un legs patrimonial si elle veut avoir une vocation touristiqueL’effondrement d’une partie de l’hôtel Lincoln à Casablanca, provoquant la mort d’un homme qui passait la nuit dans ces décombres a remis sous les projecteurs la question de la protection du patrimoine. Mohamed Sajid, président du Conseil de la ville de Casablanca, a saisi la balle au bond pour qualifier cette affaire de danger public pour les riverains. Cette sortie n’a pas plu au ministre de la Culture. Mohamed Al Achaâri est formel: “Il est dangereux de penser et d’agir ainsi. Ce n’est pas parce qu’il y a un mort dans les décombres de l’hôtel qu’il faut cesser de parler de patrimoine pour brandir le danger public que constituerait cet hôtel pour les riverains et les passagers”. Pour lui, ce danger imminent existe depuis cinq ans. La wilaya ne pouvait pas prendre une décision de démolition à la légère. Il rappelle les faits. Le propriétaire avait demandé une autorisation de démolir. Cet hôtel présente un intérêt architectural évident. La société civile était montée au créneau. L’ordre régional des architectes, l’association Casamémoire… étaient les premiers à s’élever contre cette initiative de démolir. Le ministère est intervenu pour entamer la procédure de classement conformément à la loi et en coordination avec des départements ministériels, la wilaya, la province, la commune, l’agence urbaine.... Tout le monde était unanime pour dire que la façade de l’hôtel Lincoln présentait un intérêt patrimonial réel qu’il s’agit de préserver.Le bâtiment n’est pas classé en entier, seules les façades le sont. En d’autres termes, le propriétaire peut réaliser son projet à l’intérieur. “On nous a demandé de participer financièrement à la sauvegarde des façades, chose que nous avons acceptée. Nous avons alloué un budget, lancé le marché et l’entreprise choisie avait entamé les travaux”, raconte Al Achaâri. Cette initiative a été empêchée par le propriétaire qui n’avait pas permis à l’entreprise de restaurer la façade. Le ministère avait avisé la wilaya de cette obstruction. “Nous avons essayé de trouver des solutions, malheureusement, nous sommes arrivés à une situation de blocage. Ce qui a laissé l’hôtel à l’abandon”, ajoute le ministre qui rappelle une logique rôdée à Casablanca et ailleurs. Tous les bâtiments présentant un intérêt patrimonial seront laissés à l’abandon. Un effondrement viendra précipiter une décision de démolition légale. La promotion immobilière y est pour quelque chose. “C’est un assassinat d’une partie du patrimoine. C’est ce que j’appelle l’effondrement organisé”, tonne le ministre. Celui-ci revient sur un problème réel, indépendamment de cette histoire de l’hôtel Lincoln. “Si nous voulons faire de Casablanca une véritable destination touristique, il est impératif de lui conserver un cachet architectural et un legs patrimonial des plus intéressants du Maroc moderne”. Pour lui, il s’agit de respecter la loi qui sauvegarde le patrimoine et cesser d’affirmer que classer signifie bloquer. “Je suis choqué de constater que le classement est considéré comme une dévalorisation du patrimoine alors que partout dans le monde, il est un plus pour le bâtiment”. En d’autres termes, le classement ne peut être considéré comme une atteinte à la propriété privée. L’approche d’investissement dans le secteur du patrimoine doit évoluer. Un bâtiment du 19e siècle n’est pas une propriété immobilière ordinaire. Le poids de l’histoire fait que ce bâtiment devient un peu la propriété de tout le monde. Le propriétaire est le dépositaire d’une part de la mémoire commune et doit la gérer en tant que telle. Cela diffère d’un terrain acheté il y a quelques années dans un lotissement. “Dorénavant, ceux qui achètent des bâtiments anciens doivent être conscients qu’ils acquièrent une mémoire commune. Ce n’est pas une affaire immobilière pure”, précise le ministre.


Bâtiments classés à Casablanca en 2003

- Jardin Murdokh: bd Victor Hugo, rue de Rome, date de 1907- Abattoirs municipaux: rue Jaâfar Al Barmaki, date de 1922- Villa violetta: angle My Youssef, rue Moussa Bnou Noussair, date de 1929- Villa les Tourelles: bd Rachidi & bd d’Alger :- Villa Suissa: angle A. Khattabi, bd My Rachid, date de 1947-49Ville dite Rouge: bd de la Résistance- Villa dite Ronde: bd du Lido, date de 1962- L’Eglise Sacré coeur: bd Rachidi & bd d’Alger, date de 1930-52 - Bâtiment de la poste: place Mohammed V, date de 1918- Siège de la wilaya de Casablanca: place Mohammed V, date 1928-36- Siège du palais de justice: place Mohammed V, date de 1923- Siège de la B.C.M: rue Driss Lahrizi place d’Akhoul, date de 1930- Siège de la Banque du Maroc: place Mohammed V, date de 1937- Bâtiment de la préfecture du Méchouar- Marché central: bd Bd Mohammed V, date de 1917- L’Immeuble Maret, Bd Mohammed V, date de 1932- L’Immeuble El Glaoui, bd Mohammed V rue Molly, date de 1922- L’Immeuble Maroc Soir: Bd Mohammed V, date de 1924- L’Hôtel Volubilis: Rue A. Diouri, date de 1920- L’Hôtel Excelsior: Place des Nations Unies, date de 1917- Bâtiment de la trésorerie générale- Palais de la foire- L’Aquarium


Procédure de classement

LA décision de classement d’un bâtiment est prise dans le cadre d’une réunion interministérielle qui prépare le dossier. Tous les bâtiments classés sont considérés comme un patrimoine à conserver et valoriser par les associations actives dans ce domaine, rappelle le ministre. L’initiative de classement doit provenir des associations, de la commune ou de la wilaya. Ce n’est pas le ministère qui enclenche la procédure. Mohamed CHAOUI

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