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    France: Les réformes selon les hommes du président Sarkozy
    Par Hubert Coudurier

    Par L'Economiste | Edition N°:2689 Le 09/01/2008 | Partager

    Hubert Coudurier a été journaliste à France 3 puis rédacteur en chef et directeur de l’information au Télégramme de Brest. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage remarqué, «Le monde selon Chirac» (Calmann Levy, 1998), qui décrivait ce que serait la diplomatie chiraquienne et qui s’est révélé prémonitoire en tous points. Coudurier appuie ses analyses sur la connaissance précise des caractères des hommes et des femmes en charge des grands dossiers. C’est le «style Coudurier»(Ph. Télégramme)A l’Elysée, l’une des portes d’accès au bureau du conseiller spécial, Henri Guaino, passe par celui de Catherine Pégard. Ancienne rédactrice en chef à l’hebdomadaire le Point, elle est désormais au service des plans médias de Nicolas Sarkozy. Comme d’autres journalistes qui l’ont rejoint, tel Georges-Marc Benamou en charge de l’audiovisuel, Pégard occupe le boudoir autrefois dévolu à Bernadette Chirac, tandis que Guaino a investi l’ancien bureau de Valéry Giscard d’Estaing. Cet ancien commissaire au Plan qui avait initié le thème de la fracture sociale ayant permis la victoire de Jacques Chirac en 1995, n’a vraiment été reconnu que par l’actuel président. Durant la campagne électorale, il lui fait comprendre que son positionnement libéral et atlantiste ne suffira pas à lui assurer la victoire. Et Guaino de devenir son «parolier». Celui qui écrit les discours en écoutant religieusement le candidat les lire à la tribune des meetings dans la France profonde. Son influence croissante agace les libéraux tel Hervé Novelli devenu Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Gérard Longuet ancien ministre sous Chirac ou Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Le discours sur la «fracture sociale» leur a toujours paru démagogique, keynésien et, pour tout dire, inadapté au monde d’aujourd’hui. Or, la France a besoin, selon les hommes du président, de sérieuses réformes pour s’adapter à la mondialisation. Pas d’une gestion compassionnelle qui creuse les déficits. D’autant que Jacques Chirac a prolongé le cycle d’une social-démocratie essoufflée, sans mesurer le formidable mouvement d’unité de la droite qui s’est cristallisée autour de Nicolas Sarkozy: ce dernier a siphonné les voix du Front National. Bref, les conseillers de l’ombre tentent de réécrire les discours de Guaino. Furieux, il remet alors sa lettre de démission à Cécilia Sarkozy. Nicolas le rattrape par le col et le fait venir à ses côtés à l’Elysée alors que Guaino aurait préféré la présidence d’une grande entreprise publique comme EDF… La plume du président n’aime pas être qualifié de gourou. Il estime avoir toujours travaillé avec des hommes de caractère, à l’exemple de Philippe Seguin, qui n’avaient rien de marionnettes.Aujourd’hui encore, il ne remporte pas, loin de là, tous les arbitrages face à l’omniprésence du Secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui a obtenu comme lui le droit de s’exprimer dans les médias. Et certains de ses discours sont quand même réécrits comme celui du président devant le Congrès largement retouché par le conseiller diplomatique Jean-David Lévitte dans l’avion conduisant la délégation de Paris à Washington.. Bon accueil à l’Union méditerranéenneCaution sociale du régime (qui reconnaît d’emblée que les Français ont un sérieux problème de pouvoir d’achat), Guaino est aussi le porteur du projet d’Union méditerranéenne. Nicolas Sarkozy en a exposé les grandes lignes en octobre dernier à Tanger devant les patrons marocains et français. C’est sans doute l’un des meilleurs discours de Guaino, même si l’architecture générale du projet demeure encore floue. Le bon accueil des pays du Maghreb, Maroc en tête, n’évite pas l’interrogation des autres pays concernés. A commencer par la Turquie qui ne veut pas d’un substitut à l’adhésion à l’Union européenne à laquelle elle croit toujours. En continuant par les Allemands qui ont exprimé leur réticence à l’égard d’une vision dont ils veulent être partie prenante… Et si possible en première ligne, compte tenu du poids acquis depuis la réunification. «Avec Angela Merckel, à titre personnel, ça se passe bien, mais les Allemands veulent être au centre de tout et trouvent que Sarko en fait trop», confie Guaino.Autre point noir sur lequel se penche Hervé Novelli: le déficit du commerce extérieur. Coïncidence: le jour où cet homme qui préside le club des réformateurs (102 parlementaires) nous reçoit à déjeuner, il avait invité à dîner Claude Guéant devant ce que Novelli considère comme le coeur de l’UMP. «Nous sommes ceux qui ont porté les réformes lors du précédent mandat et nous sommes les premiers à soutenir Sarkozy contre l’immobilisme ambiant. Nous avons un président ayant pris conscience de la tâche historique qui est devant nous», poursuit-il. Compte tenu du niveau de l’euro et de la flambée du pétrole, la tâche n’est guère aisée. Novelli a demandé que la facture énergétique soit séparée du solde de la balance commerciale. Mais ce solde n’en est pas moins négatif sur les six premiers mois de 2007… Ce qui renvoie la France à ses faiblesses structurelles, et l’écart se creuse avec l’économie allemande. Or cet impératif de compétitivité demeure la meilleure réponse aux problèmes de pouvoir d’achat. Mais, comme l’explique Novelli, tant qu’il n’y aura pas de baisse de la dépense publique, les réductions d’impôts affichées seront un leurre puisqu’elles seront compensées par des taxes indirectes. La réforme de la France, le développement des investissements et la rationalisation des missions économiques à l’étranger, devraient par ailleurs encourager les petites entreprises à l’export. Une vingtaine de chantiers ont été ouverts pour répondre au défi français.


    Administration et secteur public

    Pour sa part, le Secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a lancé la réforme du secteur public, lequel occupe une place trop importante dans l’économie, pesant du même coup sur sa compétitivité au détriment de la croissance. «Toutes nos fonctions collectives (éducation, santé...) coûtent plus cher que la moyenne européenne. Il nous faut donc trouver des marges de manoeuvres pour notre appareil économique», explique l’homme qui anime le comité de suivi avec Jean-Paul Faugère, le directeur de cabinet du Premier ministre. Après les audits réalisés selon l’exemple canadien par l’ancien ministre du Budget Jean-François Copé (aujourd’hui président du groupe UMP à l’Assemblée), un programme de travail a été fixé par ministères et par fonctions. Comme l’ont fait les Canadiens, les Suédois ou les Anglais, l’objectif est de remettre à plat les procédures. Quelque 20% des dépenses de l’Etat ont déjà été passées en revue, l’engagement étant de ne pas renouveler plus d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite et de diviser par deux le nombre des administrations centrales. Une réorganisation territoriale a aussi été lancée afin de mieux répartir les compétences entre régions et départements dont les préfets seront désormais sous l’autorité du préfet de région. «Le fait d’avoir un ministère du Budget (confié à Eric Woerth) qui gère les comptes de l’Etat et les comptes sociaux permet de tenir les deux bouts de la chaîne», précise Claude Guéant. Ainsi, la fusion de la direction générale des Impôts et de la Comptabilité publique concerne-t-elle 130.000 agents. Certains services dont les activités «doublonnaient», ont été supprimés. Bref, cette réforme de l’Etat, si longtemps différée, est désormais sur les rails.«Henri Guaino est l’un des «hommes forts» du président français Nicolas Sarkozy. Il est le «conseiller spécial» chargé, entre autres, de la rédaction des discours. Guaino était l’auteur de l’idée de «fracture sociale» qui avait porté Chirac au pouvoir, et il est un des rares proche de Sarkozy à avoir le droit de s’exprimer dans les médias. Guaino est aussi l’auteur du discours de Tanger sur l’Union méditerranéenne, une idée qui plaît, mais qui est encore bien fumeuse. Mais Guaino n’est pas aimé des autres «hommes forts» du président comme Guéant ou Novelli. Ces derniers veulent plus de réformes et moins de compassion ««Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée, est un homme très puissant, alors que, par le passé, les Secrétaires généraux de la présidence étaient effacés, jusqu’à ce qu’ils fassent éventuellement carrière politique par eux-mêmes, comme de Villepin. Guéant a aussi le droit de s’exprimer directement dans les médias, mais il est surtout l’homme des réformes pures et dures, comme celle de l’Etat, laquelle concerne aussi bien l’administration que les secteurs publics. Gageons que, dans quelques mois, les idées de Guéant vont «percoler» au Maroc, qui lui aussi a bien besoin d’une réforme de son administration«

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