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    Economie

    Flambée des prix du pétrole
    La répercussion inévitable?

    Par L'Economiste | Edition N°:1784 Le 07/06/2004 | Partager

    . Un baril à 40 dollars équivaut à une perte de PIB de 0,7%. Si ce niveau perdure, l’Etat répercutera le différentiel à la pompe Avec la flambée continuelle du cours de l’or noir, l’économie marocaine risque dans peu de temps de sentir le vent tourner. Une étude de BMCE Capital analyse l’impact d’une telle envolée sur les équilibres macroéconomiques du pays, dont 97% des approvisionnements en énergie dépendent des marchés internationaux. Ce qui l’expose à la fois aux fluctuations des cours du pétrole et du dollar. Pour l’instant, cet impact négatif n’est pas encore visible. Même les prix à la pompe sont inchangés. Et pour cause, la Caisse de compensation et la fiscalité sur les produits pétroliers jouent les amortisseurs de choc. Pour combien de temps encore? La question est sur toutes les lèvres. D’autant plus que la hausse devient davantage structurelle. Nombre d’analystes financiers, dont ceux de BMCE Capital, estiment qu’un baril à 40 dollars pourrait bien finir par peser dès cette année sur la croissance interne. Les scénarii avancés dans la dernière livraison de BMCE Capital, intitulée «Pétrole: les grands enjeux économiques», qui empruntent les calculs de la DPEG (direction des Prévisions et Etudes générales), montrent une détérioration aussi bien des comptes extérieurs, des finances publiques que des charges des entreprises. Ce retournement de tendance frappera de plein fouet la consommation des ménages, augurant ainsi un retour du spectre de l’inflation.En chiffres, suivant une hypothèse de flambée des prix du pétrole de 60% de 31,25 à 40 dollars (point de suspension des cours actuels), l’impact sur l’activité économique est visible dans les comptes de l’économie dès cette année. Au niveau macro, «le solde courant et les avoirs extérieurs nets devraient s’étioler respectivement de 1,7 et 11% en 2004 et de 1,9 et 13,3% en 2005, marqués par l’alourdissement de la facture énergétique et par une forte ponction sur les réserves de devises», soulignent les rédacteurs de l’étude. Si le baril de pétrole oscille encore quelques mois autour de 40 dollars, «l’Etat pourrait répercuter cette hausse sur les prix à la consommation, d’où une recrudescence de l’inflation à des niveaux supplémentaires de 0,5% en 2004 et 2,2% en 2005». Son niveau devrait ainsi se stabiliser dans une fourchette de 2,5 à 4,2%. Résultat, la consommation des ménages se replierait de 0,2 et 0,7% en 2004 et 2005. Et «le PIB réel pourrait reculer de 0,1% dès 2004 pour s’amenuiser de 0,7% en 2005», projette BMCE Capital. Côté dépenses publiques, l’augmentation est évaluée sur la période à quelque 0,2 et 1,2%, alors que les recettes ordinaires pourraient augmenter de 1,7 et 2,2%. Mais «l’Etat aura à revoir à la baisse ses taxes et droits de douane pour ne pas pénaliser davantage l’industrie nationale», recommandent les analystes de BMCE Capital.Ce tissu industriel est toutefois moins exposé à la hausse des cours du pétrole, puisque la majorité des entreprises ont opté pour l’utilisation du charbon et le coke de pétrole comme source d’énergie alternative. Par secteurs traditionnellement utilisateurs de cette énergie, le pétrole ne rentre que pour 20% dans la production électrique. Ce qui la met à l’abri des fluctuations de l’or noir. Toutefois, elle dépend fortement du charbon, dont les prix ont quasi doublé depuis juin 2003, passant de 35 à 70 dollars à fin janvier 2004. Pour les cimenteries, la hausse du prix du brut devrait être profitable, puisqu’elles utilisent le coke du pétrole, dont le prix évolue dans le sens contraire. Idem pour les huileries et les sucreries dont la consommation en fuel est récupérée par des centrales thermiques pour la production électrique. Dans le cas des transporteurs, l’impact ne se sentira que si l’Etat répercute la hausse dans les prix à la pompe.


    Double impact

    L’annonce faite par les membres de l’OPEP, le 3 juin, à Beyrouth, concernant l’augmentation de sa production de 10%, soit 2,3 millions de barils de plus quotidiennement, conjuguée à une hausse des stocks aux Etats-Unis, a tiré le prix du baril à la baisse; mais à la pompe, en Europe et même aux Etats-Unis, les prix se sont envolés. C’est que l’effet d’annonce n’a pas eu l’impact souhaité sur les hedge funds, dont les spéculations amplifient davantage la hausse du brut. A New York, le prix a légèrement reculé de 40 dollars à 38,78 et de 36,86 dollars à Londres à 36,09. Mais le regain des tensions au P.-O. et le retour des attentats terroristes, notamment en Irak et en Arabie saoudite, pourraient rapidement enrayer l’effet de cette annonce tant attendue par les marchés. Et pour cause: les investisseurs estiment qu’il s’agit là d’une opération blanche, puisque les pays membres produisent déjà 2 millions de barils de plus que ce qu’ils avouent officiellement. La production mondiale n’est donc pas près d’augmenter pour répondre à une demande de plus en plus galopante, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Résultat, le pétrole devrait continuer sa folle progression. Bouchaïb EL YAFI

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