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Culture

Festival du film de Marrakech
«Nous n’offrons pas que des paillettes»
Entretien avec Jalil Laguili, secrétaire général de la fondation du FIFM

Par L'Economiste | Edition N°:3417 Le 03/12/2010 | Partager

Jalil Laguili est la cheville ouvrière du festival du film de Marrakech (FIFM). Très pragmatique, le secrétaire général de la fondation du FIFM, qui fête ses 10 ans, revient sur les retombées positives de l’évènement tant sur le plan économique que social. A ses yeux, il faut surtout se débarrasser des préjugés. Entretien  - L’Economiste: Le Festival international du film de Marrakech joue de nouveau la carte des strass et des paillettes, alors que le Maroc a besoin d’une industrie du film? - Jalil Laguili: Jouer la carte des paillettes est universel et le FIFM ne peut déroger à cette règle. C’est un atout  déterminant certes, mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg.  La réussite d’un festival se situe à d’autres niveaux.  L’instant ponctuel magnifié de l’événement n’est pas forcément une finalité, ou du moins pas la seule.    - Pourtant, ce sont bien les invités et les people du festival qui font sa renommée? - Oui, mais avec un objectif sous- jacent. A l’instar des autres festivals cinématographiques, Marrakech, durant une dizaine de jours, se transforme en une plateforme internationale de l’industrie du film. Les plus grands professionnels prennent leur quartier dans la ville ocre. Et croyez-moi, de nombreuses transactions et négociations s’y déroulent.   - Justement, quelles sont concrètement les retombées sur l’industrie du film au Maroc? - A titre d’exemple, je peux citer le film «Prince of Persia», réalisé et tourné à Marrakech et sa région. Ce tournage s’est négocié lors d’un festival. Le budget de ce long métrage était de 200 millions de dollars. L’équipe de tournage aura  dépensé plus de 80 millions de dollars injectés directement dans l’économie locale.    - Oui, mais l’industrie cinématographique en attend davantage...- On en est conscient, bien que ce ne soit pas notre rôle. Selon la volonté de SAR le Prince Moulay Rachid, président de la fondation du FIFM, 14 étudiants marocains verront leurs courts métrages en compétition. Le prix décerné d’une valeur de 300.000 DH sera réinjecté dans la réalisation d’un nouveau court métrage. Ce prix est important pour la carrière de ces étudiants, mais n’oubliez pas aussi qu’à travers ce concours, le Maroc démontre qu’il possède des atouts aussi bien au niveau des sites naturels que du personnel compétent. Autres retombées économiques directes, la confection des décors de la manifestation et de son déroulement. Près de 65% sont réalisés dans la ville et la région, à Sidi Ghanem. Une cinquantaine d’ouvriers marrakchis y travaillent, pérennisant ainsi des emplois et offrant une compétence acquise sollicitée également à d’autres occasions, comme le trophée Hassan II de golf. De plus, les retombées sont directes sur l’industrie du film ou encore l’enseignement cinématographique, l’industrie de la déco, les hôtels… sans oublier les actions menées directement  par le festival au niveau social et santé pour le financement des opérations ophtalmologiques et la diffusion des films en audio-description.     - Mais faites-vous toujours autant appel aux intervenants européens?- Je sais que certains qualifient grossièrement la manifestation de «festival français», et c’est un faux procès. Notre équipe est composée de près de 70% de Marocains. Les 30% restants sont des équipes qui travaillent en binôme avec des Français dans un objectif de transfert des compétences. Bien sûr, légitimement, le lien avec la France existe. Mélita Toscan du Plantier occupe un premier ordre dans ce festival. Elle s’y est investie depuis plusieurs années et joue de tout son poids en termes de relations. Même chose pour le directeur artistique, Bruno Bardes. Il ne faut pas oublier que l’événement est international. Qu’il y ait des compétences étrangères est tout à fait logique. - Et les stars sont-elles payées pour monter sur le podium du FIFM?  - Justement non! Le festival est hautement prisé par la profession, pour ses opportunités dans l’industrie cinématographie et pour son rôle de découvreur de talent. L’ensemble de la profession et des stars invitées ne reçoivent de l’organisation que la garantie d’une hospitalité marocaine qui fait sa renommée. Aucune transaction financière n’est réalisée pour la participation de ces stars. Ce qui donne au FIFM toute sa légitimité.   - En termes de budget, on parle d’une enveloppe de 60 millions de dirhams, n’est-ce pas beaucoup pour un festival… - C’est un peu plus que 60 millions de DH. Il sert à mettre en place une énorme logistique: 538 personnes engagées par l’évènement et encadrées par une équipe quasi permanente, toutes nationalités confondues, en plus de 300 prestataires. Tout ce monde y met du cœur pour la réussite du festival et je tiens à les en remercier. Ce sont eux les véritables stars du festival. Ce qui peut sembler énorme pour certains est en réalité un investissement. Les retombées médiatiques internationales sont énormes. Il suffit de savoir que Marrakech et le Maroc sont présents pendant 10 jours sur toutes les TV du monde. C’est une belle campagne de communication. Ce festival réussit une promotion du pays qui n’a pas de prix. Pour générer un impact direct aussi conséquent, il faudra multiplier par 100 ce budget. Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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