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    Economie

    Engrais: Des prix injustifiables!

    Par L'Economiste | Edition N°:1990 Le 31/03/2005 | Partager

    . De grosses marges. Pour couvrir les frais d’ensachage et de transport. L’OCP et le ministère de l’Agriculture préparent une carte de fertilitéOù en est la stratégie nationale de fertilisation? Le ministère de l’Agriculture planche actuellement sur le projet. Plus précisément, la direction de la production végétale (DPV) est en pourparlers avec l’OCP pour contribuer au financement d’une carte de fertilité générale. Cette étape est jugée nécessaire pour être en mesure de définir des formules d’engrais adéquates, par région et par type de culture. Il sera ensuite plus aisé d’arrêter un plan d’action visant à orienter et encadrer les agriculteurs dans l’utilisation des fertilisants. Concrètement, l’élaboration de la carte de fertilité générale va se baser sur les données des cartes pédologiques déjà existantes. Ces dernières déterminent la nature des sols et fournissent des informations sur le niveau de fertilité par région. Il faudra aller plus loin dans le détail pour procéder au découpage des zones. «Ce travail vise entre autres à proposer aux petits agriculteurs des formules d’engrais élaborées par type de culture en leur évitant des frais supplémentaires pour l’analyse des sols», explique une source proche du dossier.Ce chantier revêt une importance capitale car, pour l’heure, l’ensemble des régions recourt à des formules classiques similaires pour les engrais de fonds. Ce qui ne manque pas de provoquer des déséquilibres dans la constitution des sols. En attendant donc cette carte de fertilité, l’OCP continue d’approvisionner le marché local en phosphate d’ammonium (ASP) et en NPK essentiellement. En 2004, l’OCP a livré 27.000 t d’ASP et 247.000 t de NPK. Ce dernier est composé d’azote (N), de phosphore (P) et de potasse (K). A noter que l’azote et la potasse, tous deux importés, connaissent une flambée des cours. A cela s’ajoute le renchérissement du fret en particulier entre les seconds semestres 2003 et 2004. Au total, le prix des trois intrants aura plus que doublé entre 2002 et début 2005. En revanche, le phosphate représente à peine 15 à 18% du coût de fabrication de l’engrais, selon la formule. «Malgré la faiblesse de sa marge de manoeuvre, l’Office n’a répercuté que partiellement la hausse des cours des intrants sur le prix de revient du produit final», indique-t-on auprès de l’OCP.En outre, la production du DAP (phosphate di-ammoniac), engrais le plus consommé dans le monde, a atteint 834.000t en 2004 dont plus de 10% destiné au marché local. «Depuis le démarrage de la production du DAP en 1988, l’OCP a consenti des efforts importants sur le prix pour stimuler la consommation interne».Au total, les NPK et DAP, qui représentent 80% des tonnages livrés annuellement, ont vu leur prix de vente départ usine baisser de 189 DH/t et de 326 DH/t entre 1998 et 2000. Sur la même période, le coût des intrants augmentait de 165 DH/t pour le NPK et de 200 DH/t pour le DAP. Ces mêmes prix de vente ont été reconduits entre les premiers semestres 2000 et 2003, tenant compte des écarts pluviométriques d’une campagne à l’autre. «Ce qui n’a pas manqué de booster les livraisons sur le marché local. Les tonnages écoulés ont ainsi augmenté de 58%, passant de 246.000 à 418.000 t».En revanche, la flambée des prix des intrants, observée entre les seconds semestres 2003 et 2004 sera partiellement répercutée sur le prix de revient des engrais. «Mais cela ne justifie pas le niveau de prix actuel pratiqué sur le marché». Pour les responsables de l’OCP, les distributeurs n’hésiteraient pas à majorer le prix de vente départ usine de 50%, pour couvrir les frais d’ensachage et de transport notamment et dégager une marge conséquente. C’est le cas par exemple du DAP dont le prix départ usine en vrac est de 1.712 DH/t et le prix de vente final à Casablanca à 2.500 DH/t. Les distributeurs n’ont pas souhaité réagir franchement à l’accusation. Le poids de l’OCP dans le secteur doit sans doute les effaroucher.


    Le prix, un faux problème?

    Pour les distributeurs interrogés, la question du prix est «un faux problème puisque la moitié des agriculteurs seulement recourt aux engrais». De même, ils estiment que la marge de manoeuvre de l’OCP est restreinte puisque l’essentiel des intrants est importé. Enfin, selon ces opérateurs, les charges d’exploitation sur lesquelles il est possible d’agir pour dégager des économies ne représentent pas plus de 17% du prix de revient des engrais. Donc, concluent-ils, les retombées de ces économies seront de quelques dirhams à peine.


    L’ammonitrate à deux pas de la Centrale électrique!!

    «Si aucune précaution n’est prise pour l’importation du nitrate d’ammonium (ou ammonitrate), nous courons droit à la catastrophe». Tous les opérateurs du secteur tirent la sonnette d’alarme. Il s’agit d’un engrais azoté importé qui stimule la végétation et vient en complément des engrais d’hiver. Il a pour avantage de convenir à tout type de culture. Cependant, l’ammonitrate présente un réel danger: il peut être utilisé comme explosif à l’instar du TNT (trinitrotoluène). Il a été à l’origine de l’explosion de l’usine toulousaine AZF de Grand Paroisse. Ainsi, la manipulation de 68 tonnes de cet engrais a provoqué 29 morts et 2.500 blessés. De même, les terroristes du premier attentat du World Trade Center et d’Oklahoma City l’ont mélangé à des substances sensibilisantes comme le fuel.Depuis, les sociétés de distribution d’engrais européennes notamment exigent un certificat de non-détonabilité.Au Maroc, les mesures de sécurité sont toujours ignorées et les bateaux déchargent régulièrement près de 12.000 t d’ammonitrate sur le port de Jorf Lasfar, à deux pas de la Centrale électrique... M. K.

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