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    Emploi: Une mentalité pour réussir l'insertion

    Par L'Economiste | Edition N°:9 Le 29/12/1991 | Partager

    LE "verdict" C.N.J.A est sans appel pour les deux parties en présence, les jeunes diplômés et le patronat: l'insertion est promulguée! Pour de multiples raisons, quelques unes avouées, d'autres encore occultes, plus du domaine de la para-gestion que relevant d'un management scientifique.
    Examinons un peu plus attentivement ce mot qui a acquis ses lettres de créance après avoir été décrété par toute une élite impliquée dans une "recherche opérationnelle" de débouchés socio-économiques. Insérer, c'est introduire pour trouver une certaine attache, en vue d'une intégration à l'image de l'insertion des feuilles sur la tige, nous dit "Le Petit Larousse". Ce serait donc une greffe savante dont on a mis en évidence les causes du rejet classique éventuel et agit pour neutraliser ses manifestations. L'insertion peut revêtir également le sens d'une exploration notamment face aux entités inconnues d'une entreprise ou d'une administration, de quelque nature qu'elle soit. L'insertion suscite forcément des interactions positives ou négatives mais en tout cas, génératrices de dialogues. Le jeune diplômé voit dans l'entreprise un champ d'application de tout ce qu'il a chaudement acquis comme théories de développement à la lumière de techniques et méthodes enrichies par le vécu de ses pairs.

    Il se rend vite à l'évidence qu'on ne lui demande pas de "révolutionner les habitudes" mais de grignoter sa place dans la structure. S'il récidive, on le met à l'épreuve du "Tapis Vert" et le voilà pour un moment "désinséré"! Il apprend à ses dépens à composer alors avec toutes les formes du pouvoir au détriment parfois d'une certaine efficacité. L'entreprise ou l'administration qui accueille le jeune diplômé voit en lui d'abord un risque calculé que, l'épreuve du temps mettra en évidence ou pas. Il advient parfois même, un "post-investissement à haut risque" avant d'être un "hight potential man", on n'est pas toujours prêt à reconnaître ses mérites mais on guette avidement ses "défauts de jeunesse" et puis les dispositions n'étant pas toujours claires, dans un milieu mouvant, les promesses suscitées s'estompent pour faire place à l'indéniable routine, même dans le cadre de la dynamique synergétique. S'agit-il de faire de l'insertion un nouveau système d'absorption d'une plus value chèrement acquise ou profiter de l'arrivée en masse de nos lauréats, pour reformer valable-ment l'entreprise et l'administration? La docilité dans un monde agressif (dans le bon sens) est devenue une aberration. Il est peut-être temps de commencer à se remettre en cause et de cesser de contourner les "universitaires" sous prétexte qu'ils n'ont pas le sens du "Real politic" de l'entreprise, le directoire n'en sera que plus enrichi s'il admet les compétences sans les flétrir. Et l'insertion de l'entreprise dans le système socio-culturel rajeuni marquera peut-être le début d'une auto-suffisance récréative. Partant de cette base, le jeune diplômé doit aussi intégrer à sa propre culture académique, quelques données fondamentales, fonctionnelles et technologiques qui lui permettront à coup sûr, de mieux servir sa fonction. Il doit en particulier se pénétrer de la valeur du produit ou du service auquel il participe avec en premier lieu, le souci de la satisfaction du client/consommateur, même s'il est loin des décisions du marketing, quand il existe réellement.

    Pour ce faire, il fait activer l'élaboration d'un code déontologique nouveau, le principe étant d'être avant tout au service de la fonction, et ne pas se servir de celle-ci pour asseoir son autorité, même si elle fait réellement autorité. S'il grimpe dans la hiérarchie, ce n'est pas pour écraser les autres, mais pour mieux les aider et les écouter; ... Il doit donner le meilleur et s'attendre parfois au pire, il est le premier arrivé et le dernier à partir ... sur une colère patronale!
    Il n'a le dernier mot qu'en mettant à l'aise celui qui en sera victime et il ne brandit aucune victoire sans mention de l'équipe dans laquelle il vit, et qui constitue son noyau pur, dur et sûr. Enfin, il est appelé à tendre la perche à ceux qui viendront après, qu'ils soient du même vivier ou pas, car il doit continuer l'oeuvre d'insertion en promulguant peut-être des structures d'accueil plus propices à l'enrichissement mutuel grâce à un système pédagogique interne. Ainsi, il aura fait école même si sa formation sur le tas n'a pas toujours été faite dans les règles de l'art. Mais au delà de tout, il saura que son diplôme n'est pas une fin en soi, mais un début de qualification pour une oeuvre toujours renouvelée. L'insertion apparaît, finalement comme une sorte d'ingénierie de la comptabilité psycho-sociologique. Pour la réussir, l'entreprise ou l'administration est appelée parfois à faire appel à une expertise externe dont le rôle se limiterait à un pilotage des énergies en présence avec l'atout majeur de l'Oeil Neuf et le vécu des inter actions portables ou insupportables!

    Mostafa RHAZI
    Formateur Consultant à Iman-Institut

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