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    La formation continue prise en otage par des conflits d’intérêt

    Par L'Economiste | Edition N°:2295 Le 12/06/2006 | Partager

    . Via les CSF, ce sont les petits qui subventionnent les grands. L’idée de l’obligation de formation continue est enterrée L’adéquation entre l’offre et la demande est le nœud gordien de la formation continue alors que chaque entreprise immatriculée à la Sécurité sociale verse 1,6% de la masse salariale au titre de la taxe de formation professionnelle. A la pratique, il apparaît que le système profite d’abord et surtout aux grands. Comme le dispositif fonctionne sur le principe d’une mutualité, les grandes entreprises sont de fait subventionnées par les petites. Seules 3% des entreprises bénéficient du régime des CSF. Pendant que les besoins explosent suite aux investissements dans le tourisme, l’infrastructure et tout ce qui gravite autour du plan Emergence sans compter la montée en puissance de nouvelles activités dans l’entreprise, dont la logistique pour laquelle les besoins en compétences sont énormes, les prestataires de formation continue semblent être pris de court par cette soudaine montée de la demande. Ils n’ont ni adapté leur offre, ni cherché à se redimensionner leurs ressources. A l’exception d’une poignée de grosses PME-et de l’inévitable OFPPT, l’offre est atomisée entre une myriade de petits cabinets dont la majorité fonctionne avec une à deux personnes maximum et donc, dans l’incapacité de répondre à la demande des entreprises et d’assurer une prestation de formation digne de ce nom. Comme au pays des aveugles, les borgnes sont rois…Et comme il n’y a pas de minimum d’exigences professionnelles, tout est permis.C’est cela qui contribue aussi à l’anarchie qui règne dans le secteur où n’importe qui peut s’improviser formateur. Le processus de qualification en cours des cabinets de formation veut mettre un minimum d’ordre du côté des prestataires. Lancée il y a quelques semaines, la phase de recensement des cabinets a été finalisée. L’autorité de tutelle en a identifié 361, bien en deçà des estimations des opérateurs qui parlent d’un millier de cabinets au minimum. Pour décrocher le label (à l’instar de ce qui existe dans le BTP) pour les marchés publics, le cabinet devra remplir une double batterie de critères pédagogiques et financiers. En revanche, le sort de ceux qui n’auront pas franchi cet examen de passage n’a pas encore été fixé. Deux pistes sont à l’étude, mais rien n’est encore arrêté: soit une révision à la baisse du seuil de remboursement des Contrats spéciaux de formation, soit l’octroi d’une période de mise en conformité. Certains pousseraient à l’idée d’une disqualification pure et simple de ces prestataires des programmes subventionnés. Mais il semble que l’on se dirige vers un modèle où tout le monde restera sur le marché, le label servant uniquement de repère pour orienter la décision de l’entreprise, selon une source proche du Secrétariat d’Etat à la Formation professionnelle.Le comble c’est que les financements dédiés à la formation continue en cours d’emploi existent mais restent sous exploités. La pluie de dirhams en provenance de Bruxelles tranche avec le peu d’enthousiasme dont font preuve les entreprises (des secteurs ciblés) pour la mise à niveau de leurs ressources humaines. C’est à peine maintenant que le mouvement se déclenche et la pression vient surtout de centres de relation-clientèle (centres d’appels). Le projet MEDA II, financé par l’Union Européenne, cible trois secteurs: textile, tourisme et NTI. Il est doté d’une ligne de 73 millions d’euros (800 millions de dirhams). Une des difficultés qui fait ralentir le projet MEDA II est l’absence de profils locaux pointus surtout pour certains créneaux en pleine expansion au Maroc comme l’industrie aéronautique ou l’offshoring. La règle aujourd’hui est de recourir à des experts étrangers qui monnayent au prix fort leurs prestations. De leur côté, les pouvoirs publics pèchent par manque de réalisme quand ils prennent des initiatives sans tenir compte des conflits d’intérêt qui opposent les protagonistes du secteur. C’est le cas du projet de loi sur la formation continue qui vient d’être enterré, victime semble-t-il des tensions qui régnaient entre le Secrétariat chargé de la Formation professionnelle et l’OFPPT, mais aussi, des règlements de comptes auxquels certains voulaient succomber au lendemain du scandale des contrats spéciaux de formation. L’idée était de rendre la formation continue en cours d’emploi obligatoire pour les entreprises et instaurait un droit des salariés à la formation. Le salarié aurait eu droit à un volume horaire de formation bien défini dont il peut se prévaloir grâce au principe de la validation des acquis professionnels. Beau sur le papier et dans son esprit, ce projet n’a pas résisté aux déchirements de différents acteurs de la chaîne de la formation professionnelle, de la CGEM en passant par l’Ofppt jusqu’au Secrétariat d’Etat. L’autorité de tutelle, elle, continue à parier (et elle a raison) sur les CSF comme instrument privilégié de formation continue en cours d’emploi. D’ailleurs, elle vient de lever la restriction qui touchait les entreprises ou les cabinets créés avant juillet 2005. A l’origine, ces derniers étaient exclus du droit au remboursement des CSF selon le nouveau manuel des procédures.


    Pusillanimité des GIAC

    Beaucoup de professionnels critiquent le système des GIAC. Ces structures mises en place pour valider les plans d’ingénierie de formation des entreprises peinent à s’acquitter de leur tâche convenablement. Beaucoup d’entreprises et de cabinets de conseil ont été pénalisés par le manque de réactivité des GIAC. Le cas le plus flagrant est celui du GIAC technologie qui, selon des opérateurs, ne fournit pas de validation. La réponse de l’autorité de tutelle est d’augmenter le budget de fonctionnement de ces structures qui s’est limité jusqu’à maintenant à seulement 10% des recettes des GIAC.


    Association des bureaux de conseil en formation

    Après une expérience décevante au sein de la FMCI (Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie), les opérateurs de formation ont finalement décidé de constituer leur propre association: l’ABCF (association des bureaux de conseil en formation). Celle-ci a pour mission de mettre de l’ordre dans le secteur à travers une meilleure concertation entre les membres de la profession. Elle est censée également représenter les opérateurs auprès de l’autorité de tutelle. A la proposition de prendre en charge l’intégralité du processus de qualification des opérateurs, son président Abderrahmane Lahlou qui est également président du groupe Segepec, prêche la modestie. « L’association, encore très jeune, a besoin de faire ses preuves avant de prétendre à des rôles aussi importants». Et d’ajouter: « Nous nous emploierons dans un premier temps à travailler notre labellisation de manière à gagner la confiance des autres acteurs de la formation». Morad EL KHEZZARI

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