×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Emploi & carrière
Chômage ou emplois précaires, lot quotidien d'une majorité d'Irakiens

Par L'Economiste | Edition N°:1676 Le 05/01/2004 | Partager

. Le ministère du Travail multiplie les bureaux de recrutement . Désespérés, des chômeurs ne font plus le déplacement. Des ingénieurs reconvertis en chauffeurs de taxiL'après-midi touche à sa fin, et Hamid a perdu sa journée. Pendant des heures, il a attendu vainement, sur une place de Bagdad, une hypothétique embauche, aux côtés de centaines d'autres Irakiens en quête de travail. Anciens professeurs ou ingénieurs reconvertis en chauffeurs de taxi ou interprètes, ouvriers recyclés en vendeurs ambulants, ou, comme Hamid, maçons employés à la journée pour 4.000 dinars (2,5 dollars), une grande partie de la population irakienne est abonnée aux emplois précaires et aux petits jobs pour assurer sa survie. Des centaines de milliers de personnes, notamment d'anciens militaires ou fonctionnaires du ministère de l'Information, sont en outre venues grossir la cohorte des chômeurs, en raison de la politique de débaassification décidée par l'administration américaine. Au bureau du “Syndicat des chômeurs irakiens”, créé en mai dernier, quelques dizaines de personnes viennent chaque jour remplir des formulaires dans l'espoir d'obtenir un emploi. Mais elles sont de moins en moins nombreuses au fur et à mesure que le temps passe. “Ils ont perdu espoir et ne se déplacent plus”, soupire un responsable, Aoufi Mazi. “On leur a parfois trouvé du travail dans la sécurité, c'est sans doute le dernier secteur porteur”, ironise-t-il. “La création d'emplois est difficile dans une telle période, mais les autorités doivent prendre des mesures sociales”, insiste Qassim Hadi, président du syndicat, qui avait organisé à l'automne plusieurs manifestations pour réclamer notamment une assurance-chômage de 100 dollars par mois. “Nous avons tant de problèmes à traiter, les handicapés, les veuves, les orphelins, les chômeurs...”, dit en levant les mains au ciel Sami Azara al-Maajoun, le ministre irakien du Travail et des Affaires sociales. Ses propres statistiques situent le nombre de chômeurs autour de 20%. “L'héritage du régime baassiste”, insiste-t-il, tout en se disant confiant que le chômage “va baisser dans les trois à cinq ans, grâce à l'investissement étranger et la reconstruction du pays”. Le ministère a ouvert six bureaux de recrutement à Bagdad, Najaf, Erbil et Kirkouk notamment, où les chômeurs viennent se faire recenser et remplir des formulaires de demande d'emploi. “Notre objectif est d'ouvrir 28 centres dans tout le pays d'ici fin juin prochain”, indique la responsable de ce programme, Sawsan Mahdi. “Nous essayons de placer ces gens dans les ministères irakiens, les compagnies étrangères ou arabes présentes dans le pays. Mais le problème est que beaucoup sont illettrés et ne peuvent prétendre à de tels emplois”, explique-t-elle. Dans leur rapport, la Banque Mondiale et l'ONU insistaient sur la nécessité de créer rapidement des emplois, même si ceux-ci sont à court terme. Rappelant que 72% de la population irakienne a moins de 25 ans, le rapport soulignait que cette importante catégorie peut devenir une source d'instabilité si le chômage persiste, ou au contraire dynamiser la croissance de l'économie irakienne.


Chômage: Des niveaux alarmants

Déjà très élevé sous le régime de Saddam Hussein, le chômage atteint des taux alarmants en Irak, selon diverses estimations. D'après un rapport conjoint de la Banque Mondiale et des Nations unies publié en octobre dernier, chômage et sous-emploi touchent quelque 50% de la population active. Mais certaines sources irakiennes les évaluent jusqu'à 70%, même si “les estimations sont très difficiles à faire”, comme le reconnaît Sobhi al-Joumaily, un responsable du Parti communiste irakien. “La situation de l'emploi était déjà très difficile avant, en raison de la politique de Saddam qui privilégiait certains secteurs comme l'armée, et de l'embargo international. Mais avec la chute du régime, c'est tout l'Etat qui s'est effondré”, explique-t-il. (avec AFP)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc