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Affaires

Eau en bouteilles: Bensmim, la «source» de la discorde

Par L'Economiste | Edition N°:2623 Le 03/10/2007 | Partager

. Levée de boucliers contre le projet d’exploitation industrielle de la source . La concession accordée à la société euro-africaine des eaux. Le chantier démarre «sous sécurité»La société euro-africaine des eaux, nouvel arrivant sur le marché de l’eau en bouteilles, serait-elle au bout de ses peines ? Son projet d’exploitation industrielle de l’eau de la source de Bensmim, située à 10 km à l’ouest de la ville d’Ifrane, est enfin lancé. Après un arrêt forcé d’une dizaine de jours, le chantier de construction de l’unité de mise en bouteille des eaux de cette source naturelle a finalement pu reprendre. «Sous sécurité», précise le promoteur du projet. En effet, des villageois s’opposent toujours au projet. Le tollé d’indignations qui a secoué cette petite bourgade du moyen-Atlas à l’annonce du projet d’exploitation industrielle, n’est pas encore tombé. Celle-ci a été accordée en concession à la société euro-africaine des eaux (SEAE) créée en 2001 et qui comporte dans son tour de table, des investisseurs marocains et étrangers. . «Mort du village»De sit-in en manifestations, les villageois manifestent leur désapprobation. Ils ont tenté à chaque fois d’entraver le démarrage du chantier de construction de l’usine. «L’exploitation de cette source signifie tout simplement la mort du village», affirme un habitant de la commune. Dans une pétition mise en ligne et dont la liste des signataires s’allonge chaque jour (ONG, juristes, altermondialistes…), les contestataires mettent en garde contre une «privatisation synonyme de paupérisation». Pour un investissement de 80 millions de DH dont 50 immédiatement, Nicolas Antaki, directeur de la SEAE, parle à terme d’une production annuelle de quelque 80 millions de litres d’eau. Ce qui générerait, selon lui, une dizaine de millions de dirhams en taxes versées directement à la commune et auxquelles doivent s’ajouter les autres taxes indirectes comme la taxe professionnelle et la TVA dont une partie sera reversée à la commune. En termes d’emploi, la société promet la création d’une centaine d’emplois directs, le triple en comptant les emplois indirects.Le promoteur, fort de ses autorisations (Agence du bassin hydraulique du Sebou pour l’exploitation de l’eau, la province d’Ifrane pour la concession du terrain, le ministère de la Santé pour le visa d’exploitation…), se dit dans son plein droit. «La concession m’a été accordée conformément aux procédures d’octroi telles qu’explicitées par la loi 10-95 sur l’eau et son décret d’application. Je suis dans la légalité», soutient le directeur de la SEAE. Un courrier émanant du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement explique ainsi que l’autorisation accordée par l’Agence du bassin hydraulique du Sebou s’est faite en conformité avec les lois en vigueur, de même l’avis public ouvert du 4 au 13 n’a donné lieu à aucune opposition. Depuis 1999, son dossier sous le bras, le directeur de la SEAE fera le tour de toutes les administrations concernées avant de se voir accorder la concession d’exploitation de l’eau de la source Ben Smim. Un protocole d’accord sera signé de surcroît avec les différentes parties prenantes (association des usagers de l’eau d’irrigation, membres du conseil de la commune rurale, naïbs des terres collectives, association aghbalou pour l’eau potable, etc.). Mais, des signataires feront volte-face et rejoindront le camp des protestataires. Pour Antaki, une seule explication: «Les villageois ont été montés pour bloquer le projet». Quoi qu’il en soit, les autorités et le promoteur du projet estiment que les craintes de la population sont sans fondement. En effet, dans le cadre de la concession, le promoteur s’est vu autoriser à exploiter 3 litres d’eau par seconde alors que le débit moyen annuel de la source est de 79 litres/seconde. De plus, depuis 1972, le débit total de la source varie entre 50 et 116 litres/seconde et n’est jamais descendu en dessous de 40 litres/seconde, précise une note récapitulative du ministère de la Santé (Institut national d’hygiène). D’ailleurs, le débit maximum d’exploitation proposé par le ministère de la Santé s’élève à 10 litres/seconde. Par ailleurs, la population n’a des droits d’eau que sur 40% du volume produit par la source (arrêté ministériel du 25 juin 1947). L’eau exploitée par l’entreprise sera puisée sur les 60% restants qui appartiennent à l’Etat. Et le débit autorisé à l’exploitation, 3 litres/seconde, n’en représente que 6,3%.


Une eau «compétitive»

La mise sur le marché de l’eau de la source de Bensmim est prévue pour le deuxième semestre 2008, affirme son directeur, Nicolas Antaki, qui promet une eau de source à prix compétitif sur l’ensemble du territoire. Pour lui, «la situation quasi monopolistique du marché dominé par deux opérateurs explique le niveau actuel des prix». Le marché est dominé par deux opérateurs, Holmarcom et Sotherma. Mais le marché recèle un fort potentiel de développement. Aujourd’hui, la consommation totale s’élève à quelque 220 millions de litres toutes catégories confondues. Par habitant, la consommation annuelle reste encore faible: elle oscille autour de 7 litres selon des estimations d’opérateurs. Un niveau encore faible en comparaison avec des pays comme la France où la consommation par habitant et par an est de l’ordre de 130 litres ou encore l’Italie où elle est de plus de 140 l/habitant/an. Khadija EL HASSANI

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