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    Surmenage, dépression, suicide...Les dirigeants nippons voient les choses en face

    Par L'Economiste | Edition N°:1223 Le 11/03/2002 | Partager

    . Le cas de Toshiba a fait école. La dépression n'était pas reconnue comme un motif valable d'arrêt maladie.... ...jusqu'au jour où plusieurs suicides ont eu lieu, dont un sur le site d'une usineLongtemps, les dirigeants de Toshiba ont refusé de voir les choses en face. Comme les autres géants de l'industrie nipponne, la Direction des Ressources Humaines de la firme électronique ne reconnaissait pas la dépression comme un motif valable d'arrêt maladie. Jusqu'à ce qu'en 1999, l'horreur fasse irruption avec plusieurs cas de suicides au sein de ses employés, dont un sur le site d'une usine: “Il m'a fallu convaincre nos hauts dirigeants que ces troubles psychologiques étaient directement liés à la fatigue, expliquait en août 2001 au magazine Newsweek le docteur Katsutoshi Tanaka, coordinateur d'une cellule d'aide psychiatrique créée par l'entreprise. Ils ont commencé à me prendre au sérieux quand je leur ai expliqué les raisons de ces traumatismes”.. Déposer plainteL'exemple de Toshiba a fait école. La plupart des grandes firmes nipponnes recourent désormais aux services de consultants spécialisés alors que les vagues de licenciements déferlent sur l'archipel. 120.000 suppressions d'emplois ont été annoncées l'an dernier dans le seul secteur électronique, dont 17.000 chez Toshiba et 11.000 chez Hitachi. Mais les structures d'accueil, au niveau national, restent très en deçà de ce qu'elles devraient être pour la seconde économie mondiale. Dans certaines provinces, comme dans l'île d'Hokkaido au nord, beaucoup de patients, en proie à des troubles psychologiques, ne peuvent pas consulter sur place. Une conséquence du peu d'attrait des étudiants en médecine pour la psychiatrie: “Les maladies mentales ne sont pas considérées comme nobles”, juge le docteur Toru Sekiya. L'accès aux médicaments spécifiques pour la dépression est aussi problématique: le Prozac, par exemple, n'est toujours pas vendu dans les pharmacies japonaises. Son autorisation serait pourtant “imminente”, selon le ministère de la Santé. Des progrès très importants, pour les salariés, ont toutefois eu lieu à propos du karoshi, le surmenage. Depuis le milieu des années 80, des employés victimes peuvent déposer plainte contre leurs entreprises. 1.500 procès ont été lancés entre 1996 et 1999. Mais les procédures restent longues et aléatoires: entre neuf mois et deux ans en moyenne. Avec de très faibles chances d'aboutir. A Tokyo l'an dernier, seuls 11% des victimes de surmenage ont obtenu gain de cause.Richard WERLYSyndication L'Economiste-Libération (France)

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