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Affaires

Dialogue national, ce qui en assurerait la réussite

Par L'Economiste | Edition N°:1795 Le 22/06/2004 | Partager

. Nécessité d’un dialogue constructif et mobilisant. L’élite est acquise au principe, il lui incombe d’ailleurs de fédérer le peuple . Il faut préciser les concepts, sans transgresser les bases C’est un exercice difficile, mais réussi, auquel s’est livré l’invité de l’association Al Massar, l’universitaire Mohamed Darif, le 11 juin concernant la problématique du dialogue au Maroc. En ouverture, le conférencier a rappelé que l’élite marocaine a déjà exprimé son désir de dialoguer. Cela l’engage d’ailleurs à mettre en valeur les sujets qui unissent les Marocains dans la perspective de préserver et consolider l’unité nationale.Darif parle des préalables devant garantir la réussite d’un dialogue constructif entre les différentes parties du peuple marocain: gouvernants et gouvernés. Pour le besoin, l’universitaire trace un triangle pour le dialogue qui serait la légitimité, le cadre et les objectifs. Le point départ serait d’accepter le dialogue, «ce qui revient à reconnaître la différence», selon Darif. Cette démarche dépend en fait de quatre facteurs. D’abord la prise en compte de la nature de la structure étatique, comme cela se révèle dans les champs politiques, économiques et culturels, notamment l’adoption de deux référentiels évoluant à deux vitesses différentes: l’islam et la modernité. L’Etat marocain a mis en effet en place des structures modernes comme les partis, syndicats et a favorisé le développement d’un tissu associatif sans toutefois renoncer aux structures traditionnelles comme les zaouias et les conseils des oulémas. Ensuite, il s’agit de faire avec les cultures politiques existantes, notamment la culture politique religieuse et moderniste qui prônent respectivement l’unanimité (al ijmae) et la participation. Enfin, le dialogue doit prendre en compte les spécificités de l’étape transitoire que traverse le pays et qui impose le consensus. Dans ce registre, Darif rappelle la problématique du dialogue vertical et horizontal. Selon lui, «il ne peut y avoir de dialogue vertical, dans lequel sont confrontées les organisations politiques et les forces de la société civile au pouvoir, sans passer par le dialogue horizontal dans lequel débattent les organisations politiques avec les forces de la société civile».La légitimité du dialogue doit ensuite s’inscrire dans un «cadre» bien précis, consistant à baliser «le champ de la différence». Pour Darif, le point de départ « d’un dialogue constructif est l’existant, qu’il s’agit d’améliorer ou en fait de corriger». Au Maroc, les parties participant au dialogue national devront admettre trois données fondatrices de l’Etat marocain (inscrites dans la constitution), soit l’islam, la monarchie constitutionnelle et l’unité territoriale. Ils devront aussi avoir comme base et s’inspirer des grands choix annoncés au plus haut niveau, notamment le projet adopté officiellement de la de société démocratique et moderniste. Darif rappelle en outre la nécessité de préciser les concepts, objets du dialogue. Par exemple, la modernité exige la suppression des disparités sociales (dimension sociale) et l’abolition du fondamentalisme qu’il soit religieux, économique, culturel ou autre. Elle suppose également l’octroi à la population du droit de décider de ses choix, c’est-à-dire instaurer la vraie démocratie (dimension politique), et la rupture avec l’absolutisme au profit du relativisme. La modernité c’est aussi l’instauration de la vraie citoyenneté qui repose sur deux fondements, l’un institutionnel (l’Etat moderne) et l’autre juridique (adoption des droits individuels ou naturels).Le différend dans le dialogue devrait dès lors concerner les variantes, sans toutefois délaisser le fonds des données fondatrices, notamment les questions portant sur la nature et les spécificités de l’Islam ou encore celles de la monarchie constitutionnelle, objets du dialogue. Pour réussir l’entente entre les différentes parties prenantes, l’universitaire a reconnu que «plusieurs réformes s’imposent, notamment celle de la Constitution marocaine qui devrait encore évoluer pour être suprême et démocratique».Une fois la légitimité et le cadre du dialogue clairement définis, l’objectif doit principalement «rationaliser la différence». Parmi les principales questions sur lesquelles le Maroc devra se pencher, dans l’urgence, les liens organisant les rapports entre le politique et le religieux, souligne Darif.En conclusion l’universitaire appelle à la prise de conscience de la légitimité du dialogue, qui devrait se dérouler dans un cadre pragmatique afin de rationaliser la différence et dégager les consensus nécessaires dans l’étape actuelle.


Dogmes

Dans une interview accordée à une publication étrangère, Feu Hassan II avait déclaré, en réponse à une question du journaliste concernant l’antagonisme qui pourrait naître entre les choix de la modernité dans lesquels s’est engagé le pays et l’Islam, que « l’important est de ne pas perdre de vue les dogmes». Soit de croire en Dieu et à son prophète Mohammed, le pèlerinage, le jeûne de Ramadan, la Zakat et la prière. Si cette base est respectée, le reste l’est et le sera aussi. C’est cela qui guide depuis le début les choix du Royaume, lui permettant d’avancer vers la modernité tout en préservant les équilibres politiques, culturels et économiques, sans qu’il y ait d’ailleurs antagonisme entre modernité et Islam. Cela se joue également au niveau de la conduite du changement. Par exemple, l’adoption de la Moudawana est une pierre de plus à l’édifice de la modernité, qui respecte parfaitement les préceptes de l’Islam, mais c’est la façon dont elle doit être transposée dans la réalité qui en assurera la réussite sans trop de résistances. Bouchaïb El Yafi

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